| Avons-nous tous besoin d'un mentor ? |
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Par Claudio Munoz Lorsque Eric Hoskins, le Ministre de l'Immigration de l'Ontario a décidé de rentrer en politique, il s'est retrouvé perdu. C'était un médecin, un activiste, un humanitaire et j'en passe. Mais lorsqu'il a décidé qu'il voulait être politicien, il n'avait aucune idée de la manière de le devenir. Il a donc choisi de chercher de l'aide auprès de quelqu'un avec plus d'expérience pour discuter politique, stratégies et sur la manière de réussir dans ce nouveau domaine. Cela s'applique aussi à n'importe qui recommençant à zéro ; les nouveaux diplômés, les employés changeant de carrière et bien sûr les immigrants. Tous ceux qui recommencent quelque chose ont besoin d’être conseillés, guidés et encouragés. En d'autres termes, tout le monde a besoin d'un mentor. La plupart des institutions comme les écoles ou les associations professionnelles, offrent une forme de mentorat tels que les réunions d'anciens élèves pour les étudiants ou les réunions de réseautage pour les gens qui travaillent. Si vous êtes un Canadien changeant de carrière, il y a de grandes chances que vous ayez un ami (ou l'ami d'un ami) qui puisse vous aider à cheminer avec succès vers votre nouvelle carrière. Si vous êtes un nouvel arrivant, vous pouvez vous aussi avoir un mentor. Depuis 2004, TRIEC met en relation des immigrants qualifiés avec des professionnels établis, par le biais de leur programme The Mentorship Partnership. Les mentors fournissent aux immigrants un aperçu et un accès aux réseaux professionnels canadiens, ainsi que des conseils et une camaraderie. La plupart du temps, la relation mentor-mentoré se transforme en simple amitié mais le but reste d'aider les nouveaux arrivants à reprendre leurs carrières. D'après Anirudh Vij, un des milliers de mentorés, le programme fonctionne. « (C'est) très, très efficace », dit-il. « Il y a des choses que vous ne connaissez pas, des choses qui ne sont pas appropriées. Il y a des mots que vous pouviez utiliser dans votre pays d'origine, qui ne sont pas appropriés ici. Spécialement dans le domaine du travail, le vocabulaire pourrait être légèrement différent ». Mais ce n'est pas seulement le vocabulaire, Anirudh a vite découvert les petites différences qui font toute la différence. « Quelqu'un qui travaillait en tant que cadre chez lui pourrait venir ici et commencer à rechercher un travail de direction. Cependant son curriculum correspondrait à un poste de cadre supérieur – c'est le même travail, il s'agit juste d'un nom différent. Ce sont les petites différences ». Anirudh a été mis en relation avec Raees Hussain-Aamir, un consultant responsable de mission chez Deloitte, une des entreprises qui a un partenariat avec TRIEC (voir l'encadré pour une liste complète). L'entreprise encourage ses employés à s'impliquer au sein de la communauté et Raees a décidé de prendre part au programme après avoir lu le bulletin d'information de Yezdi Pavri (c'est le Vice Président de Deloitte). « Nous l'avons mis en relation (avec Anuridh) au travers de Job Start. Ils m'ont envoyé son curriculum vitae, je l'ai parcouru et cela correspondait à mon expertise. Je pensais que je pourrais lui apporter de la valeur ajoutée. Il a des expériences de travail techniques et d'analyse similaires à celles que j'ai eues, et proches de mon poste actuel chez Deloitte ». Tout est à propos des réseaux. D'après Elizabeth McIsaac, la directrice en chef de TRIEC, cette année le plan est de consolider le programme de partenariat mentorat. Le programme ne se fixe pas des objectifs trop ambitieux – il n'essaie pas d'aider plus d'immigrants juste pour augmenter les chiffres et pour que cela le rende très populaire. « C'est adapté à chaque personne de manière très précise, c'est très efficace. Cela peut être l’étape charnière pour un immigrant » explique-t-elle. C'est aussi pourquoi le programme est partenaire avec de grosses entreprises. McIssac explique que les grosses entreprises ont plus d'employés (et par conséquent plus de mentors potentiels) ce qui rend plus facile les contacts et l'organisation. Bien que les plus petites entreprises puissent représenter plus d'opportunités dans ce qu'on appelle « le marché caché du travail », les professionnels travaillant dans les grosses entreprises ont des contacts dans tout leur secteur. Ainsi les immigrants peuvent aussi accéder à ces opportunités. Marta Rzeszwska, une responsable de mission chez Deloitte, explique comment le programme fonctionne dans son entreprise. « J'organise des sessions d'information, deux à trois fois par an afin que les gens puissent apprendre de quoi il s'agit, combien de temps cela prend, ce qu'ils peuvent en retirer […]. Notre entreprise encourage le bénévolat ; nos employés sont toujours en train de chercher des moyens significatifs de contribuer et rendre à la communauté. Beaucoup de nos mentors sont eux-mêmes des immigrants. Ils ont eux-mêmes été de nouveaux immigrants à un moment donné. Le programme leur correspond parfaitement parce qu'ils ont l'impression qu'ils peuvent aider quelqu'un – peut-être que quelqu'un les a aidés au long de leur parcours ou peut être qu'ils n'avaient pas d'aide ». Anirudh explique qu'il est au Canada depuis quatre ans. « J'ai récemment obtenu ma résidence permanente ; c'est alors que JVS est intervenu. J'avais juste fini mon MBA à Schulich (École de Commerce de l'Université de York) et je voulais travailler en tant que consultant. J'ai rencontré Raees, un consultant. J'avais des entretiens d'embauche quand je l'ai rencontré donc nous avons commencé à travailler ensemble tout de suite. Son aide a été très précieuse parce je suis également un nouvel arrivant dans le secteur ». D'après McIsaac, avant la crise, le taux de réussite du programme de partenariat mentorat était de 70 pour cent à 80 pour cent. Aujourd'hui, ces chiffres pourraient être un peu diminués mais pas de manière dramatique. C'est encore un outil apprécié des immigrants pour trouver un travail sérieux ou pour les entreprises qui recherchent ces travailleurs qualifiés qui arrivent au Canada. Les entreprises parient sur le programme. ScotiaBank par exemple, a annoncé « un parrainage d'entreprise qui aidera des milliers d'immigrants qualifiés à s'établir et à renforcer leurs réseaux professionnels au travers de la Région du Grand Toronto. » Le parrainage inclut une plateforme en ligne qui met en relation et aide les membres des réseaux professionnels immigrants. Deloitte est en train d'étendre le programme au niveau national, en commençant par Montréal, dans le cadre de leur engagement dans le développement des communautés locales. De plus en plus de mentors rejoignent le programme et de plus en plus d'immigrants sont mis en relation avec eux. Trouver un travail est toujours une lutte mais avec les bons conseils, il s'agit juste d'une question de temps. Pour apprendre comment participer à ce programme, veuillez, s'il-vous plaît, vous rendre sur le site Internet The Mentoring Partnership. cnm
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