| Défier les conventions et accepter le changement |
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Par Teenaz Javat Vous ne pouvez pas prétendre être un professionnel, si l’emploi que vous occupez ne l’est pas. Cette déclaration a changé pour toujours la vie de Salima Syerah Virani, avocate, éditrice en chef et femme d’affaires qui n’a aucun regret. Virani porte de nombreuses casquettes et quelques fois elle les porte toutes en même temps. Avocate dans un cabinet, éditrice en chef de Mybindi.com, fondatrice et PDG de Zentrepreneur Inc., la carrière de Virani s’étend depuis 20 ans sur 3 continents. Elle s’est finalement installée à Burlington en Ontario dans une maison de 740 m2 sur la rive nord du lac Ontario. « Tout a commencé dans un petit appartement, dans un vieux quartier de Bombay en Inde. » Évoque t-elle, en partageant des souvenirs de son passé. Fille unique de parents très modestes, Virani a vécu la moitié de sa vie dans une pièce de 30 m2 avec des toilettes communes au bout du couloir. « Mes parents étaient de tradition musulmane et non orthodoxe. Aucun d’entre eux n’a eu une éducation supérieure au lycée mais, ils savaient que pour sortir du bidonville – terme employé en Inde pour les maisons communales – une bonne éducation était nécessaire. » « De la sorte, ils ont essayé de satisfaire leurs ambitions inassouvies au travers de moi, et j’en suis vraiment reconnaissante, » se rappelle Virani. Envoyées dans des écoles religieuses pendant les premières 15 années de sa vie, Virani, un pur produit du système éducatif anglais, a obtenu un diplôme en gestion hôtelière et restauration à l’Université de Bombay. La marier était pour ses parents la prochaine étape sur leur liste. Un prétendant, de dix ans son aîné s’est présenté. Et, comme la plupart des familles traditionnelles indiennes, Virani à 22 ans, se retrouva mariée et déménagea pour Londres en Angleterre. « C’est à Londres, pendant que je travaillais comme réceptionniste dans un restaurant, que j’ai été rejetée par deux avocats qui disaient que ce que je faisais pour vivre ne comptait pas comme une profession. » Cela l’a énervée mais lui a aussi lancé un sacré défi. Celui de devenir comme eux. « Je savais que je ne pouvais pas quitter mon emploi. Alors, j’ai décidé de faire ce qui me semblait être la meilleure chose, en m’inscrivant dans une école de droit qui offrait des cours du soir. En quelques années, j’étais armée d’un diplôme de droit que je pensais être le meilleur du monde » ajoute-t-elle. Jusqu’au moment où, bien sùr, son ex-mari a décidé qu’il voulait déménager au Canada. Déjà mère d’une petite fille, Virani l’a pris comme un défi. Toujours optimiste, elle était convaincue qu’avec un diplôme britannique de droit en poche, elle trouverait facilement un emploi dans un cabinet d’avocats en arrivant au Canada. Après tout, le Canada était membre du Commonwealth. Alors comment pouvait-il en être autrement ? La famille a vendu tous ces biens et a déménagé à Toronto en 1998. Ils se sont installés dans une maison confortable prés de High Park, en louant une partie de leur maison pour payer leur crédit. Tout semblait bien se passer jusqu’à ce que Virani se mette en quête d’un emploi. Assez tôt, il est apparu clair pour Virani que son diplôme de droit obtenu en Angleterre, n’était pas reconnu au Canada et qu’elle devrait retourner à l’école si elle comptait s’en servir. « J’étais déconcertée. Quand j’avais postulé pour le poste de réceptionniste dans un cabinet d’avocats, ils m’ont dit que j’étais surqualifiée. Mais pour avoir un emploi d’associée en droit, mes qualifications étaient nada, zero, zilch… » Le bureau des équivalences qui a revu son diplôme de droit britannique a suggéré qu’elle aurait besoin de trois trimestres supplémentaires pour se remettre à niveau. Pas du genre à en faire le deuil, Virani s’est inscrite comme étudiante à l’école de droit de Osgoode Hall, à l’Université de York. « Je travaillais temporairement comme dactylographe la nuit pour payer mes cours, pendant que mon ex-mari jonglait avec plusieurs boulots pour s’occuper de notre bébé. » Les défis et les sacrifices ont payé sur le long terme et au cours des années, ils ont pu faire venir leurs familles d’Inde, en les parrainant depuis le Canada. « Nous sommes maintenant, tous ensemble et indépendants. Chose qui n’aurait pas pu arriver si nous étions restés au Royaume-Uni. Venir au Canada était la meilleure décision que nous ayons prise. » Après seulement 12 ans d’immigration au Canada, Virani a un curriculum vitae envieux. Elle a acquis mybindi.com et en a fait le premier site d’Asie du sud en Amérique du Nord. « C’est ici que mes compétences juridiques dans les Fusions et Acquisitions entrent en jeu. Je suis maintenant sur le bon chemin pour offrir des conseils juridiques, je gère un site Internet complètement monétisé et viens juste de commencer ma propre entreprise qui s’appelle Zentrepreneur Inc. » « Je ne me suis jamais sentie marginalisée ou discriminée au Canada. En tant que nouvelle femme immigrante j’ai été confrontée a beaucoup de défis, fais de nombreuses erreurs et suis passée à autre chose » Virani dit. « Je ne suis pas de celles qui regardent dans leur rétroviseur et cette mantra positive m’aide à rester bien placée, autant dans mon entreprise que dans ma vie personnelle. Je crois au pouvoir de l’univers et au fait que chacun construit sa propre destinée. » Son voyage a été incroyable et elle n’a juste pas perdu de vue ses objectifs. Virani n’a pas oublié ses débuts modestes. . « Mon identité n’est pas attachée à la maison où je visou la voiture que je conduis. C’est ce que j’ai fait de ma vie, les choix que j’ai décidé qui en fin de compte, sont les plus importants. Je n’ai pas de regrets…pas le moindre et c’est ce qui je pense me pousse à continuer ! » Les conseils de Syerah aux femmes immigrantes : • Venez avec un plan – S’il ne marche pas, qu’est ce qui marchera ? Cnm Teenaz Javat
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