| Acheter ou ne pas acheter |
|
|
|
|
par Innocent Madawo Conseil en matière d’investissement immobilier pour les nouveaux arrivantsLorsque Tendai et Melody Mabaya ont quitté le Zimbabwe, leur pays d’origine, pour le Canada, c’était pour y étudier et y travailler tout en gardant en tête l’idée de retourner à leur pays. Ils avaient en poche 15 000 $ qu’ils avaient réussi à économiser. Ils ont décidé de s’en servir comme versement initial à l’achat d’une maison. Ils sont entrés en contact avec une courtière immobilière de Toronto. Après lui avoir fait part de leur intention, ils ont été surpris lorsque celle-ci leur a plutôt suggéré de louer au lieu d’acheter. « Vous planifiez demeurer au Canada moins de dix ans, ce qui ne vous permettrait pas de faire de l’argent avec la vente de votre maison à votre départ », leur a-t-elle dit. Ne comprenant pas tous les détails du secteur de l’immobilier, ils se sont sentis trahis. Ils m’ont raconté leur histoire et je leur ai promis d’obtenir un deuxième avis. J’ai communiqué avec Frank Modirmassihai, agent immobilier de Century 21 et l’un des meilleurs courtiers immobiliers de la région du Grand Toronto. M. Modirmassihai m’a expliqué que les acheteurs potentiels doivent connaître leurs limites quant au remboursement de leur hypothèque et prendre en considération les fluctuations du taux d’intérêt et de leurs répercussions sur leurs paiements mensuels. Il a mentionné que l’immobilier ne s’adresse pas aux gens qui désirent faire de l’argent rapidement, comme les Mabaya. « Si vous venez d’arriver à Toronto et si vous ne savez pas si vous y resterez de manière permanente, louer peut être une bonne solution jusqu’à ce que vous vous familiarisiez avec les différents secteurs et ce qu’ils ont à offrir. » Il serait préférable pour les Mabaya d’investir leur montant de 15 000 $ dans d’autres secteurs où la croissance est garantie, et de se servir de leur salaire pour louer un endroit où rester. « L’achat d’une maison est naturellement l’une des meilleures options qui s’offrent à nous quand vient le temps d’investir, mais nous devons considérer que le paiement de l’hypothèque par rapport à l’appréciation de la propriété peut ne pas être équilibré, surtout si nous avons de la difficulté à demeurer dans le marché », a répondu M. Modirmassihai au cours d’une entrevue. En fait, louer, particulièrement à Toronto, peut s’avérer être une façon intelligente d’agir. Selon de récentes études effectuées par des observateurs du secteur immobilier, notamment la Société canadienne d’hypothèques et de logement, les taux d’inoccupation et de disponibilité dans la région du Grand Toronto varient respectivement entre 3 et 5 %. Cela signifierait que louer serait l’option la plus abordable, le meilleur choix à faire. Quoi qu’il en soit, acheter une propriété, à des fins commerciales ou résidentielles, demeure l’un des investissements à long terme les plus pratiques. Il est très important de faire affaire avec un courtier immobilier qui non seulement connaît le marché et le secteur, mais qui peut fournir des preuves tangibles en matière d’intégrité et de satisfaction de la clientèle. « Au cours des cinq dernières années, Toronto et la région du Grand Toronto ont connu un taux de croissance stable, qui se situe entre 5 et 14 % par année. Par conséquent, investir s’est avéré payant dans la plupart des cas, mais un investisseur doit faire attention lorsqu’il s’agit de savoir où et comment placer son argent », affirme M. Modirmassihai. Il a ajouté que le rendement est largement subordonné au versement initial, aux critères d’admissibilité à un emprunt hypothécaire et aux facteurs de risques évidents, comme c’est le cas pour tout investissement dans un autre secteur rapportant un rendement comparable. Fort de ces renseignements, les Mabaya ont réalisé qu’il serait préférable pour eux de louer un modeste endroit dans le secteur de North York pour 1 800 $ par mois, électricité et services publics inclus. « C’est déjà difficile de payer le loyer, mais au moins nous n’avons pas à nous inquiéter de l’hypothèque, de l’assurance, des taux d’intérêt et des améliorations à apporter à la propriété; quelqu’un d’autre s’en charge », affirme Melody, qui travaille à temps plein, tandis que Tendai occupe divers emplois à temps partiel tout en étudiant à l’Université de Toronto. Entre-temps, ils ont investi leur montant de 15 000 $ ailleurs, et leur placement leur rapporte déjà des intérêts. « Nous avons été chanceux d’avoir pu compter sur une agente qui ne désirait pas uniquement faire une autre vente. Si nous décidons de rester ici de manière permanente, nous retirerons notre argent et nous communiquerons de nouveau avec elle afin qu’elle nous aide à acheter la meilleure maison en ville », a indiqué Tendai. CNM
|





