| La Maison Romero – un véritable chez-soi pour les réfugiés |
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par Gustavo Neme Une histoire personnelleQuand Gustavo et Sandra étaient à la recherche d’un endroit sûr où demeurer avec leurs enfants, ils étaient loin de s’imaginer que c’est au sein d’un organisme dont ils ignoraient alors l’existence, la Maison Romero, qu’ils allaient découvrir cet « endroit ». La Maison Romero leur a offert non seulement la sécurité dont ils avaient besoin, mais aussi de l’amitié et un accompagnement tout au long de leur cheminement. Sandra se souvient très bien du jour où leurs prières ont été exaucées. « Après une attente de quatre semaines, le jour de l’entrevue est finalement arrivé. Le 18 septembre fut le jour le plus sombre que j'ai jamais vu ! Mais la joie qui se lisait sur le visage de mes enfants et de mon mari dès que nous avons franchi la frontière canadienne tranchait sur la grisaille de la journée. Nous étions véritablement illuminés d’espoir. En route vers Toronto, nous avons fait un appel qui nous a remplis de joie. C’est à ce moment que nous avons appris que la Maison Romero allait pouvoir nous accueillir. » D’une voix timide, Gustavo ajoute : « leur accueil à bras ouverts nous a aidés à nous frayer un chemin dans le système social tout en nous convainquant qu’il était possible de fonder notre propre foyer. Grâce à la chance extraordinaire que nous avons eue d’être accueillis par la Maison Romero, notre arrivée en tant que réfugiés a été beaucoup plus facile. » Sandra et Gustavo sont des professionnels originaires de la Colombie. Gustavo est administrateur et il possède une vaste expérience dans le secteur du développement social. Sandra est psychologue. Depuis que la Commission de l’immigration et du statut de réfugié (CISR) de Toronto a accepté leur revendication, Sandra a étudié afin de perfectionner sa maîtrise de l’anglais et elle a fait du bénévolat dans le domaine de la psychologie sociale, tandis que Gustavo – qui se débrouille bien dans plusieurs langues – a trouvé chaussure à son pied en qualité de travailleur des services d’approche pour la Maison Romero. Difficultés courantes que rencontrent les réfugiésLe processus de revendication du statut de réfugié semble simple lorsque vous lisez le site Web de Citoyenneté et Immigration Canada (CIC). Mais pour plusieurs, le processus semble sans fin et stressant. Même sans la barrière linguistique, il est difficile de trouver des renseignements détaillés sur les procédures judiciaires à suivre pour déposer une revendication du statut de réfugié et s’établir dans cette nouvelle société. Pour bon nombre de réfugiés qui vivent dans les refuges, la crainte et le sentiment d’être en danger font partie de leur quotidien. Ces sentiments négatifs sont le fruit d’expériences traumatisantes de leur passé. Toutefois, l’accueil chaleureux qu’ils reçoivent en arrivant à la Maison Romero procure à ses résidents un sentiment de sécurité, celui d’être « chez-soi ». La Maison Romero est un organisme de bienfaisance sans but lucratif fondé en 1991 « pour offrir un logement de transition et un accompagnement personnel aux nouveaux arrivants qui doivent s’adapter à la société canadienne ». Elle vient en aide à des demandeurs du statut de réfugié de partout dans le monde. L’organisme a été nommé à la mémoire d’Oscar Romero, un archevêque de San Salvador qui a été assassiné en 1980 par un voyou à la solde du gouvernement parce qu’il dénonçait vivement les assassinats et l’oppression des pauvres au Salvador. Mary Jo Leddy, directrice de la Maison Romero, est une ardente militante des droits de la personne. Elle a écrit plusieurs livres sur les réfugiés et les enjeux de l’immigration. Elle enseigne la philosophie et la théologie à l’Université de Toronto et est professeure invitée par de nombreuses universités au Canada et aux États-Unis. Elle a été décorée de l’Ordre du Canada pour son travail humanitaire. Logement de transition – Le sentiment d’être chez soi et d’appartenir à une communautéLorsque les résidants arrivent à la Maison Romero, ils sont accueillis par une équipe de stagiaires qui les aident à s’installer dans leur nouvelle demeure, puis leur font faire une « visite du quartier » afin de rencontrer les autres familles qui y vivent. Les quatre maisons de la Maison Romero sont divisées en appartements d’une, deux ou trois pièces, munis d’une salle de bain et d’une chambre à coucher indépendantes, d’une cuisine qui peut être privée ou commune, et d’une salle de lavage et d’un téléphone commun. Une des résidences a une entrée adaptée aux fauteuils roulants. Accompagnement personnelLes stagiaires sont des bénévoles et des universitaires récemment diplômés qui consacrent une année de leur vie aux réfugiés de la Maison Romero. Ceux-ci (de même que la directrice, Mme Leddy) habitent les maisons. Grâce à cette proximité, ils peuvent aider à combler les besoins physiques et apporter un soutien d’ordre moral, social et récréatif à chacune des familles qui en ressent le besoin. « Au début, je me sentais mal à l’aise à la Maison Romero », déclare Tenzin qui est originaire du Tibet. « Mais quand je me suis rendu compte que tous les réfugiés vivaient la même situation, j’ai senti que nous formions un groupe... et par la suite, je me suis senti en sécurité. » La vie à la Maison Romero est une série de fêtes et d’activités qui permettent aux résidents de tisser des liens entre eux en tant que communauté : fêtes, anniversaires de naissance, cérémonies religieuses, célébrations auxquelles participe tout le monde lorsqu’une décision favorable a été rendue à l’égard d’un des résidents, et, probablement le plus grand événement, le camp annuel d’une semaine. Il y a aussi plusieurs activités d’apprentissage, comme le club des devoirs pour les enfants, les services de tutorat individuel pour les adultes qui souhaitent apprendre l’anglais et le groupe des femmes qui se réunit pour se soutenir mutuellement depuis plusieurs années. Assistance judiciaireUn aspect important de la Maison Romero est le fait qu’elle guide les demandeurs du statut de réfugié dans leurs démarches judiciaires. Certains individus ou organismes conseillent mal, voire induisent en erreur, les demandeurs au sujet de la préparation de leur demande du statut de réfugié et du processus qui mène à l’audience. Non seulement, cela peut s’avérer très coûteux sur le plan financier, mais cela peut également nuire à l’ensemble du dossier examiné par la CISR. La Maison Romero peut compter sur l’expertise de juristes de premier plan en matière d’immigration. De plus, les résidents reçoivent des conseils judicieux sur les services d’aide juridique et d’autres services d’aide qu’offre le gouvernement, par exemple, l’aide sociale et l’aide aux études pour leurs enfants. Si la CISR rend une décision négative à l’endroit d’un demandeur du statut de réfugié, la Maison Romero poursuit les démarches par le biais d’autres voies légales. L’accompagnement sur cette route semée d’embûches peut prendre plusieurs formes, notamment, garder le contact, mener des actions sociales de toutes sortes, et réunir un groupe de soutien qui demande un réexamen de la décision. Dons et servicesLa Maison Romero accepte tous les dons en argent ou en nature de particuliers ou de groupes qui souhaitent contribuer à son œuvre. Elle accueille aussi toutes les personnes qui ont besoin de son aide. Vous pouvez communiquer avec le personnel de la Maison Romero par téléphone au (416) 763-1303, par le biais du site Web de l’organisme, www.romerohouse.org. Encore mieux, vous pouvez venir nous visiter au Centre Romero, 1558, rue Bloor Ouest, à quelques pas à l’ouest de la station de métro Dundas West. CNM
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