Banner
Accueil Array Numéro 8 Array Modes de vie canadiens
Modes de vie canadiens PDF Print E-mail

par Sabine Ehgoetz

Sabine Ehgoetz habite actuellement à Toronto, où elle travaille à la pige comme journaliste, correspondante à l’étranger et traductrice. En décembre 2005, elle sera résidente canadienne depuis un an.

Comment devenir Canadien

Je dois admettre que le jour où j’ai reçu le statut de résidente permanente, je me suis sentie comme une vraie Canadienne, même si je savais que je devrais attendre trois autres années avant de demander la citoyenneté et de devenir une « vraie Canadienne ».

Ce n’était qu’une question de temps, je suppose, et tout ce que je devais faire, c’était de m’armer d’un peu de patience. Aujourd’hui, presque un an plus tard, je suis très consciente que je suis aussi loin d’être Canadienne que les Leafs le sont de gagner la Coupe Stanley.

(Je suis seulement en mesure de faire ce parallèle parce que j’ai entendu des adeptes du hockey frustrés en parler dans le métro).

Mon problème, cependant, est beaucoup plus profond : il me manque une longue liste d’aptitudes sociales qui me sont nécessaires pour qu’on me prenne pour une native du pays. Toute ma vie, j’ai cru que j’étais polie ou pleine d’égards envers les autres, mais c’est seulement après avoir déménagé au Canada que je me suis rendu compte que j’avais tort. Un peu partout dans le monde, les Canadiens sont reconnus pour leurs manières, et bien que mon mari ait presque tout fait pour prouver que cette réputation était vraie, je n’avais pas réalisé à quel point il fallait être poli pour que les gens ne vous trouvent pas effronté.

En Allemagne, mon pays d’origine, j’étais souvent en retard, car ma douce moitié se sentait naturellement obligée de tenir la porte ouverte pour tous les gens qui le suivaient. J’ai également été témoin d’événements pénibles qui se sont produits dans des aéroports lorsque des touristes canadiens manquaient presque leur vol parce qu’ils étaient les seuls à ne pas avoir poussé les autres voyageurs au comptoir d’enregistrement. Maintenant, je sais que je dois tenir compte de plusieurs autres aspects. Par exemple, chaque phrase qui sort de ma bouche devrait comporter au moins un des trois, mais idéalement les trois termes « s’il vous plaît », « merci » et « désolée ».

Le défi ne s’arrête pas là. Voici une autre étape cruciale qui fait partie du processus pour devenir Canadienne : ne jamais jeter d’ordures dans la rue. Ramassez plutôt derrière ceux qui ont oublié cette règle. J’ai vu des gens transporter les déchets des autres pendant des jours dans un parc national vers la civilisation. Les ordures que je vois dans la rue doivent avoir été jetées par des touristes ou de nouveaux immigrants qui, contrairement à moi, n’ont pas encore reçu de menaces de divorce parce qu’ils crachaient leur gomme dans la rue.

L’utilisation des termes appropriés est un autre sujet délicat et encore plus risqué. Souvenez-vous de toujours demander où est la salle de bains (washroom) et non la toilette (toilet) – même si vous ne cherchez pas un endroit où prendre un bain ! Le tort que cela causerait à votre réputation serait, bien sûr, mineur comparativement à celui qui découlerait de conversations ayant trait à la rectitude politique.

Afin d’éviter de commettre des erreurs terribles, il vaut mieux s’en tenir à de menus propos, ce qui est généralement une tâche facile à accomplir. Vous n’avez qu’à vous plaindre du temps et vous vous trouverez toujours en présence de gens intéressés qui sont d’accord avec vous. J’ai été surprise de constater que même les gens qui vivent ici depuis des années ne s’habituent jamais au froid hivernal. Ils n’aiment pas plus les étés chauds, voire tropicaux. En fait, les nombreuses plaintes qu’ils formulent concernant les changements climatiques semblent être la seule façon dont les Canadiens se défoulent un peu. À part cela, ils sont presque toujours joyeux et optimistes, ils ne s’en font habituellement pas trop avec les choses. Puisque je suis l’une de ces Allemandes typiques qu’un rien angoisse de nature, cela pourrait être ma plus grosse difficulté à surmonter pour devenir Canadienne de cœur. Heureusement, il me reste encore près de deux ans pour améliorer cet aspect précis et ces milliers d'autres petits détails qui me permettront de me fondre dans la masse canadienne, comme devenir une véritable adepte du hockey !

CNM

 

© 2012 Canadian Newcomer Magazine
About Us | Contact Us | Privacy Policy

Designed and developed by Clue Design, Toronto web design company.