| Le mode de vie canadien |
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par Sioban Costelloe Sioban Costelloe est née sur l’île de Dominique et a grandi à Trinité-et-Tobago avant d’émigrer au Canada en 1997. Elle travaille actuellement en Dominique. Directives pour vivre facilement au CanadaAvez-vous déjà entendu le dicton « À Rome, il faut vivre comme les Romains » ? Ce dicton signifie qu’à chaque endroit que vous visitez, certaines directives sont essentiellement là pour votre sécurité, la sécurité des autres et la protection de l’environnement. Il est facile de s’adapter aux directives canadiennes, mais cela implique qu’il faut renoncer aux vieilles habitudes. Avec un effort constant, vous pouvez rompre une habitude en trois semaines. Il n’y a pas vraiment de directives dans les Antilles sur la manière de se comporter, mais au Canada elles sont partout, particulièrement dans les parcs. La solution est de porter attention aux alentours et de bien lire. Par exemple dans le métro, l’enseigne qui indique de ne pas traverser la ligne jaune ou rouge existe purement pour votre sécurité, pour vous éviter de tomber sur les rails. Dans nos parcs, il y a des enseignes qui indiquent de nettoyer après avoir pique-niqué et où mettre le recyclage et les déchets. Laissez-moi vous donner quelques idées. Aux Antilles, d’où je viens, tout suit le principe du premier arrivé, premier servi. Quand je suis arrivée dans un pays où tout est si organisé j’ai dû déployer des efforts. Règle no1 – Peu importe à quel point les choses peuvent sembler décourageantes, détendez-vous et regardez autour de vous. Regardez ce que les autres font.Quand j’ai eu mon premier emploi à Toronto, le simple fait de travailler dans un édifice de 25 étages était assez pour que je m’ennuie du sol pour une semaine. Je n’avais jamais été si haut et si éloigné de la sécurité que me procure mes pieds bien plantés au sol. À ma première journée de travail, à l ’heure du déjeuner, j’étais excitée de voir une aire de restauration sous terre qui offrait un nombre incroyable d’aliments. J ’ai décidé ce que je voulais manger, j’ai vu le comptoir, je me suis dirigée tout droit vers celui-ci et j’ai commandé. Une voix contrariée derrière moi a dit : «Il y a une file d’attente, vous savez ». Je me suis demandé à qui cette personne parlait. L’idée ne m’a jamais traversé l’esprit qu’elle me parlait avant que je me retourne et que je vois son regard furieux fixé sur moi. Je l’ai regardé d’un air vide et j’ai ensuite regardé où elle se tenait. Et oui il y avait une file d’attente et tout le monde dans cette file me fixait. Une file d’attente ! Bien sûr qu ’il y avait une file d’attente ! Ce n’était pas une question que je me posais mais plutôt une affirmation. J’ai marmonné un « oh » et mes yeux ont suivis les 15 personnes jusqu’à la fin de la file où j’ai pris ma place. Une fois assise avec mon repas, j ’ai ri de ma naïveté. J’étais à l’école la dernière fois que l’on m’a dit de me mettre en ligne. Règle no 2 – Lisez tous les manuels offerts. Ils ont leur raison d’être.Toutes mes années de conduite dans les Antilles ne m’ont jamais préparée à la conduite au Canada. Tout a débuté quand j’ai réalisé que mon permis n ’était pas valide et que je devais refaire tous les examens. Pas de problème. Je conduis depuis des années. Ce ne sera pas difficile. On m’a donné un livre aussi gros qu’un catalogue. J’exagère mais il contenait beaucoup de détails et tout ce que vous devez savoir pour être en sécurité sur les routes s’y trouve. Il y a trois étapes pour obtenir son permis de conduire : le permis d’apprenti, appelé le G1, ensuite le G2 et finalement le permis de conduire complet de classe G. Les routes et les mesures de sécurité sont différentes ici et le système est conçu de manière à ce que tous les conducteurs apprennent les mêmes techniques. Mon premier examen de conduite a été un cauchemar. Aux Antilles, dans les cours de conduite, on apprend à signaler avec la main. On utilise presque toujours la main pour signaler dans quelle direction on tourne. Alors quand ma monitrice de conduite m’a dit de tourner à droite et que j’ai mis ma main par la fenêtre pour signaler, elle s’est mise à écrire dans son cahier. Bien sûr, j’ai interprété cela comme un bon signe et j’ai tourné. À un moment, elle m’a fait arrêter et elle m’a dit : «Vous n’avez pas signalé correctement ». J’ai répondu : « Oui je l’ai fait. ». Cinq minutes plus tard, nous étions garés sur le côté et en pleine conversation. J’ai vite compris que les signaux avec les mains ne seraient pas très utiles en hiver au Canada. Règle no 3 – Les sous-vêtements isolants doivent être à votre taille. Les combinaisons de ski doivent être au moins une taille plus grande que votre taille normale.Il peut être difficile de se préparer pour les différentes saisons, particulièrement si vous avez des enfants. Mon premier hiver a été une expérience de toute une vie à essayer de trouver des vêtements appropriés pour mon fils. Je me souviens quand j’ai acheté la première combinaison de ski de mon fils. Il était si mignon tout emmitouflé pour l’école que, l’idée ne m’a jamais traversé l’esprit que le directeur d’école m’appellerait pour me demander où étaient les vêtements de mon fils. Ses vêtements ? Vous voulez dire qu’il doit enlever la combinaison ? Ce fut le début d’une relation très intéressante et hilarante entre l’école et moi. Tout a été acheté un par un, des bottes jus qu’aux gants imperméables, je ne connaissais vraiment pas cela. Quand nous étions au cœur de l’hiver, mon fils m’a dit qu’il avait encore froid. J’ai été alarmée. J’ai vérifié la liste que j’avais : vêtements , chapeau, gants, foulard, cache-oreilles, bas de laine. Qu’est-ce qu’il manquait ? J’ai demandé à mes parents. Ils m’ont répondu : « Des sous-vêtements isolants ». J’ai demandé avec stupéfaction ce que c’était et on m’a amenée faire des courses. On a besoin de sous-vêtements isolants. C’est le premier vêtement que l’on met. Ces sous-vêtements isolants et l’habit de neige m’ont donné bien des problèmes jusqu’à ce que je comprenne : les sous-vêtements isolants doivent être à votre taille et la combinaison doit être au moins une taille plus grande pour qu’il y ait assez de place pour tous les autres vêtements en dessous. Bien sûr, aussitôt que l’enfant est emmitouflé il y a une petite voix qui dit : «Maman, je dois aller à la toilette.» Que c’est contrariant ! Nous avons passé beaucoup de journées à l ’intérieur. Règle no 4 – Prenez conscience du milieu où vous vivez.Les gens des Caraïbes aiment faire la fête et recevoir des amis à la maison. Quand je me suis établie dans ma première maison au Canada, j’ai tout de suite appelé mes amis et annoncé une pendaison de crémaillère. La fête a commencé vers 23 h 30, ce qui n’avait aucune importance pour moi. Les choses commencent à cette heure-là. Cependant à 2 h du matin, mon voisin m’a téléphoné pour me demander de baisser le son de la musique. J’ai sursauté. Faire quoi ? Baisser la musique ? La fête ne faisait que commencer, des amis arrivaient encore. Faire la fête jus qu’à 5 h du matin et aller tout de suite au petit déjeuner était normal pour moi, mais comme le voisin l’a expliqué à moi et à mes amis (parce qu’il a dû venir nous l’expliquer), c’est que dans la communauté, nous devons tous vivre selon les mêmes règles. Je me suis mise à leur place et pour être honnête, je m ’attendrais à la même chose. Honnêtement, ce n’était pas un manque de considération envers mes voisins, j’agissais juste d ’une manière normale pour moi. Ma recommandation est que lorsque vous déménagez dans un nouvel appartement ou une nouvelle maison, vous devriez vous informer de ce qu’on attend de vous à la personne qui gère le code du bâtiment ou au comité de quartier. Par exemple, si vous habitez près d’un hôpital ou d’une maison de retraite, il va y avoir autant de règlements pour la pollution par le bruit que si vous vivez dans un quartier résidentiel. Cela peut demander une adaptation, mais finalement cela va devenir quelque chose d’habituel et les vielles habitudes seront remplacées par des nouvelles. Au Canada, il faut faire comme les Canadiens. CNM
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