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par Doris Bercarich

Doris Bercarich occupe le poste de coordonnatrice de la cuisine et des repas pour Field to Table, un organisme à but non lucratif de Toronto qui travaille avec les communautés dans le but de faciliter l’accès aux aliments sains et abordables. Elle travaille en tant que chef, dirige le Toronto Kitchen Incubator et donne des cours sur la préparation de repas sains et de saison sur le démarrage d’une cuisine collective.

Même si vous aimez cuisiner,vous n’aurez probablement pas envie de prendre l’autobus pour aller ailleurs préparer un repas. Alors, pourquoi tant de femmes originaires d’Amérique latine lefont ? « En tant que nouvelles arrivantes au Canada, beaucoup de femmes se sentent seules et isolées, répond Sandra Godoy. Dans leur pays, elles avaient des familles nombreuses et un grand cercle d’amis. Puis, elles sont venues s’établir au Canada où elles ne peuvent s’exprimer dans leur langue maternelle, elles n’ont plus d’amis ni de travail. Dans la cuisine, nous rions, nous nous concentrons sur un ealimentation saine et nous écoutons, tout simplement. »

Sandra est une éducatrice en matière de santé au Centrede santé communautaire de Parkdale. Elle a créé la cuisine collective latino-américaine et, même après dix ans, elle aime toujours autant le fait de retrouver les femmes et leurs jeunes enfants une ou deux fois par mois pour préparer des repas santé vite faits. Puisque beaucoup de recettes familiales ont une forte teneur en gras, Sandra montre aux femmes comment de petits changements peuvent faire une grande différence. Elle leur enseigne aussi de nouvelles recettes qui utilisent des aliments nutritifs et à faibles coûts pour qu’elles puissent bien manger à peu de frais. Le thon est ainsi devenu fort populaire dans de nombreux foyers.

Les cuisines collectives, ou les comedores populares comme on les appelle en espagnol, sont de plus en plus courantes dans les diverses régions du Canada. Une cuisine collective peut être mise sur pied dans n’importe quelle cuisine où un groupe a choisi de se rencontrer pour préparer un repas. La plupart de ces réunions accueillent de cinq à dix femmes qui possèdent un patrimoine commun et le désir de bien s’adapter à leur nouvelle vie. Elles y ont l’occasion de pratiquer l’anglais, d’acquérir de nouvelles connaissances en cuisine et, le plus important, de se faire de nouvelles amies avec lesquelles elles pourront partager leurs expériences et leurs inquiétudes.

La conversation a tendance à se faire facilement dans une cuisine. « Nous discutons de tellement de choses. Quand les femmes cuisinent, nous ignorons souvent si elles pleurent à cause de leurs problèmes ou à cause des oignons », déclare Sandra. La cuisine lui donne l’occasion de rencontrer les femmes et d’apprendre à les connaître. Elle peut alors aider chacune d’elles individuellement, peu importe les problèmes, qu’elles éprouvent au sujet de l’immigration, du travail ou des connaissances pratiques, pour n’en nommer que quelques-uns. Toutefois, elle les aide surtout à s’intégrer à la communauté. Sandra a obtenu tant de succès auprès de ces femmes dans l’établissement d’une culture communautaire que bon nombre d’entre elles ont choisi de participer à d’autres activités. Par exemple, le groupe a organisé une vente de produits d’artisanat de Noël et a offert des services de préparation de repas. Parfois, les amitiés et l’esprit de communauté qui se sont créés sont liées par autre chose que le patrimoine. Dans le cas de Kate Sigurdson, un diagnostic de cancer du sein et un traitement pour le combattre l’ont amenée à participer à une cuisine collective. « J’ai l’avantage d’être avec d’autres personnes qui vivent une expérience semblable à la mienne. Nous voulons soigner notre santé, nos corps et nos âmes, parce que nous savons que cela nous aidera à vivre plus longtemps et à rester heureuses. » Le groupe se réunit une fois par mois et accueille souvent des chefs invités qui leur montrent comment préparer quelque chose de nouveau avec elles.

Démarrer une nouvelle cuisine n’est pas une mince tâche. Sandra a mis de nombreux mois pour tout mettre au point. Beaucoup de questions nécessitent une réponse. Où trouver une cuisine ? Combien ça coûte ? Qu’allons-nous cuisiner ? La première étape consiste à trouver une cuisine qui répond à vos besoins. Il y a souvent des cuisines dans les sous-sols d’églises et il est possible de les louer à peu de frais. Habituellement, les centres communautaires en ont une également. Ils ont souvent les chaudrons et les casseroles dont vous avez besoin pour ommencer, mais, dans la cas contraire, vous n’aurez qu’à placer des affiches dans votre quartier pour solliciter des dons. Le reste peut être acheté à bas prix dans les ventes de garage, les marchés aux puces et les magasins à un dollar. Une fois que vous aurez la cuisine, vous aurez besoin de chefs. Il serait bien de vous assurer que tous partagent les mêmes idées sur ce que vous avez envie de préparer.

Certaines personnes aimeraient peut-être apprendre à cuisiner des mets canadiens, tandis que d’autres préféreront restées attachées à leurs racines. Certaines pencheront pour des repas végétariens, alors que d’autres préfèrent la viande. Si vous ne réglez pas le tout avant de commencer, vous passerez peut-être plus de temps à discuter qu’à cuisiner. Utilisez votre première séance pour régler toutes ces questions et choisir le plat que vous allez préparer la prochaine fois. N’oubliez pas de désigner une personne pour faire les courses et de choisir la façon dont elle sera payée.

Cette activité exige beaucoup de travail. C’est la raison pour laquelle la plupart des rencontres n’ont lieu qu’une à deux fois par mois. Autrement dit, la tâche devient trop lourde à gérer. Les cuisines ayant obtenu un grand succès, comme celles de Sandra et de Kate, ont habituellement un animateur désigné qui se consacre à l’organisation de tous les détails. Il s’agit, pour Sandra, d’une partie de son travail au Centre de santé communautaire de Parkdale. Dans la cuisine de Kate, ce rôle est tenu par Cynthia Feldman. Le groupe lui verse un petit salaire, mais ce sont les résultats, et non l’argent, qui rend son travail intéressant.
Les paroles de Kate résument probablement le mieux les bénéfices que l’on peut tirer d’une cuisine collective : « être côte à côte et préparer de la nourriture ensemble représentent un ancien rituel auquel les femmes prennent part depuis des siècles et qui permet la formation de liens affectifs. C’est très réconfortant, apaisant et relaxant. C’est une merveilleuse façon de passer une soirée ensemble ».

INFORMATION SUR LES CUISINES COLLECTIVES

CUISINES COLLECTIVES LATINO-AMÉRICAINES

Pour de plus amples informations ou pour
s’inscrire sur leur liste d’attente, contactez :
Sandra Godoy, a/s Centre de santé
communautaire de Parkdale, 1229, rue Queen
Ouest, Toronto (Ontario) M6K 1L2,
(416) 537-2455

CUISINES COLLECTIVES DE TORONTO

Pour trouver une cuisine collective à Toronto
ou pour savoir où se trouvent les jardins
communautaires, les programmes de repas gratuits
ou les banques alimentaires, communiquez avec :
Rene Biberstein au (416) 392-6655
ou écrivez à This e-mail address is being protected from spambots. You need JavaScript enabled to view it

DÉMARREZ VOTRE PROPRE CUISINE COLLECTIVE

Pour obtenir de l’information sur le démarrage d’une
cuisine collective à Toronto, communiquez avec :
Doris Bercarich, a/s Foodshare,
200, avenue Eastern (416) 363-6441, poste 235
ou consultez le site www.foodshare.net/kitchen07.htm

Pour obtenir de l’information sur le démarrage
d’une cuisine collective à Vancouver, consultez le
site www.communitykitchens.ca

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