| L'identité canadienne |
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Je me demande souvent ce que les nouveaux canadiens pensent de notre éternel débat sur ce qui constitue l'identité canadienne. Tout cela doit les plonger dans la plus grande perplexité car je suis sûr qu'ils voient ce qu'il y a de particulièrement canadien dans presque tout ce qui les entoure. Par ailleurs, comme beaucoup d'entre eux ont l'habitude de se faire affubler d'une nationalité autre que la leur, ils ne peuvent probablement pas voir pourquoi nous faisons toute une histoire lorsque nous sommes pris pour des Américains au cours de nos voyages à l'étranger. Alors que chaque groupe ethnique a sa propre identité bien à lui, certains d'entre eux sont constamment confondus avec les groupes auxquels ils ressemblent et qui sont plus nombreux. Pour ne donner que quelques exemples, les Autrichiens sont souvent pris pour des Allemands, les Portugais pour des Espagnols et les Australiens pour des Anglais. Les Canadiens ressemblent tellement aux Américains en surface qu'il faut un bon moment avant de pouvoir faire la différence. Si les Américains n'avaient pas répandu leur culture partout dans le monde, tous ceux dont l'anglais est la langue maternelle seraient pris pour des Britanniques. Il est habituel de présumer que les gens qui parlent français sont des citoyens de la France, mais ce sont souvent des Belges ou des Suisses. La langue espagnole est par ailleurs répandue à un point tel que ceux qui la parlent ne sont pas automatiquement pris pour des Espagnols. Et pourtant, des gens aussi différents par leur culture que les Mexicains, les Cubains et les Argentins sont tous regroupés sous le nom général d'hispanophones aux États-Unis. Un afro-canadien, dont les ancêtres sont venus ici via le « chemin de fer » clandestin (Underground Railway) dans les années 60 du siècle dernier, me dit se faire souvent demander par des Blancs depuis combien de temps il est au Canada. Bien des gens sont nouvellement arrivés comme le démontre leur accent. Encore plus étonnant, les Indiens, qui représentent la vaste majorité de la population du sous-continent indien, sont communément appelés Pakistanais ici au Canada. L'histoire qui suit contient des canadianismes typiques de l'anglais parlé au Canada. Plus grand sera le nombre de ceux dont vous comprendrez le sens, plus cela démontrera que vous êtes en train de vous canadianiser – en anglais du moins. Après avoir assisté à un press scrum (conférence de presse) à Ottawa, un journaliste a trouvé le temps d'aller patiner sur le Canal Rideau, la plus longue patinoire au monde, avant de se rendre à la remise des prix du GG (le Gouverneur général). Après son patinage, il est allé dans un petit restaurant où il s'est commandé un café et une butter tart (tartelette au beurre), pâtisserie qui ne se retrouve qu'au Canada. Comme il savourait son petit goûter, il a entendu quelqu'un à la table voisine dire à son compagnon qu'il allait enfin cesser de recevoir du pogey (prestations d'emploi) et aller travailler à Hogtown (surnom de Toronto). Il a poursuivi en disant qu'il pouvait maintenant déposer son baby bonus (allocation familiale fédérale) à la banque afin de pouvoir s'acheter un nouveau chesterfield (sofa). Quant à cette bande de hosers (perdants) qui venaient regarder le hockey chez lui le samedi soir mais qui maintenant lui donnent la cold shoulder (l'ignorent) parce qu'il a perdu son travail, ils devront attendre qu'un frosty Friday se présente (attendre à la semaine des quatre jeudis) avant de pouvoir revenir boire un verre de suds (bière) à ses dépens. Il y avait aussi une gentille serveuse Newfie (surnom des natifs de Terre-Neuve) qui lui avait souvent donné bien des peameal on a kaiser (a type of bacon (lardon) et de petit pain qui ne se retrouvent qu'au Canada). Il ne l'oublierait pas elle non plus. Comme le reporter quittait la patinoire, il a soudain été frappé par l'idée qu'un non canadien n'aurait jamais pu voir heads or tails (comprendre le sens) de ce que ce type avait raconté. Alors, comme vous pouvez facilement le voir, le Canada est une société multiculturelle aux assises bien canadiennes. CNM
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