| Le mode de vie canadien |
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par Sioban Costelloe Sioban Costelloe est née à l'île de la Dominique. Elle a grandi à Trinidad et à Tobago avant de venir au Canada en 1997. Les joies de l'automobile dans la grande ville.Vivre à Toronto n'est pas toujours une expérience de tout repos pour une insulaire comme moi. C'est même tout un défi pour quelqu'un qui vient d'une île où les chemins vous mènent partout et où il vous suffit en général de monter ou de descendre, d'aller à gauche ou à droite pour vous rendre où vous voulez. J'ai de la difficulté à me rendre d'une place à l'autre même quand je suis à pied. Il devrait être facile de prendre le métro « Que vous alliez à l'est, à l'ouest, au nord ou au sud, pourquoi cela devrait-il être difficile ? » En route pour une entrevue à Toronto, je suis descendue du wagon de métro à l'arrêt indiqué et j'ai monté l'escalier jusqu'à la rue, mais je ne savais pas dans quelle direction aller. À droite ou à gauche ? J'ai décidé de tirer à pile ou face. Je suis allée à gauche, j'ai marché un bout de temps, j'ai revu l'entrée de la bouche de métro, je me suis sentie désorientée et, ne voulant pas perdre de vue l'entrée du métro parce que c'était par là que je retournerais chez moi, je suis redescendue par le même chemin par lequel j'étais montée. M'étant alors rendue compte de ce que j'avais fait, j'ai décidé de revenir sur mes pas et de demander au gentil préposé du métro de me renseigner. Bien entendu, chaque bouche de métro à Toronto a plus d'une entrée qui mène à la rue, mais je ne le savais pas à cette époque; cette entrée était donc la seule qui existait pour moi et je ne voulais pas la perdre de vue car je la voyais comme un instrument de salut. Le préposé au guichet du métro m'a vu passer trois fois ce matin-là et, à la troisième, il m'a demandé si je lui faisais une blague ou si je n'étais pas en train de devenir folle. Je lui ai expliqué à chaque fois que je n'étais jamais venue dans cette direction, que je n'avais aucune idée de la direction à prendre que j'allais rater une entrevue d'emploi si je ne parvenais pas à me débrouiller. Il est sorti de son bureau, il m'a conduit à la rue et il m'a indiqué la bonne direction. Je suis arrivée à l'entrevue à temps et, à la fin de la journée, toute l'affaire m'a bien fait rire, mais le pauvre homme qui m'a aidé
a dû éprouver bien de la frustration. Même si j'habite au Canada depuis sept ans, je panique encore lorsque je conduis sur l'une des autoroutes provinciales entourant Toronto. Le pays d'où je viens n'a pas de ces énormes autoroutes à six voies dans chaque direction, ni de pancartes provinciales à lire ni de panneaux-réclames au néon qui vous lancent des messages. Tout cela est très bien si vous savez où vous allez, mais il m'arrive parfois de lire des messages importants pour découvrir trop tard que j'aurais déjà dû changer de voie. La première fois où j'ai conduit sur une autoroute provinciale est celle où j'avais une réunion au centre-ville de Toronto. Je n'avais jamais conduit sur ce chemin en auto, mais je l'avais déjà parcouru des douzaines de fois en tant que passagère. Comme d'habitude, je me demandais jusqu'à quel point cela serait difficile. Je suis partie à 9 h 30 pour ma réunion ce matin-là et je ne me suis jamais rendue à destination. Je dois préciser que j'avais 25 kilomètres à faire dans chaque direction, mais, à la fin de la journée, je n'étais pas encore arrivée. Je ne trouve pas facile de changer de voie sur la 401. Je me souviens d'avoir regardé dans mon rétroviseur et d'avoir vu des autos venir rapidement l'une après l'autre derrière moi. Jamais je n'avais vu tant de camions ayant l'air aussi énormes par rapport à ma petite auto. À un moment donné, je me suis retrouvée entre quatre camions, un de chaque côté, un en avant et un autre en arrière. J'étais tellement énervée que je me suis mise à m'imaginer la catastrophe si je ralentissais, mon auto aplatie comme une crêpe. J'ai fini par me décider à emprunter une voie de sortie pour pouvoir me rendre à une halte routière. J'ai baissé ma fenêtre pour indiquer aux camionneurs d'un quelconque signe de la main de me laisser passer. Ils m'ont répondu par de vigoureux coups de klaxon qui m'ont fait sursauter par leur intensité; j'étais de toute façon déjà à bout de nerfs sans parler que je ne savais pas où j'étais. Je cherchais en vain Toronto à l'horizon et j'allais manquer d'essence. Je leur ai répondu en klaxonnant à mon tour et je me suis rendue à une station-service qui avait un Wendy et un Tim Horton. C'était inespéré car j'étais affamée et fatiguée. J'ai fait le plein, j'ai garé ma voiture pour pouvoir aller manger un morceau et découvrir où je me trouvais. Au comptoir de Wendy, j'ai demandé à la serveuse à quelle distance était Toronto. Elle m'a suprise en me demandant si je voulais savoir à quelle distance j'étais de Montréal. Montréal ? J'ai dû avoir l'air vraiment perplexe car elle m'a demandé de me tenir près du comptoir et de l'attendre un moment. Lorsqu'elle a fini de servir les clients, elle m'a demandé où j'allais et j'ai répondu à Toronto. Elle a alors éclaté de rire et elle m'a dit que Toronto était à au moins 3 heures d'auto dans la direction par laquelle j'étais venue. J'étais dans un tel état de choc que je me suis mise à pleurer, mon hamburger et mon café à la main. Cette bonne dame m'a fait asseoir et elle m'a dit qu'elle reviendrait m'aider à rentrer chez moi. J'ai appelé le bureau au cellulaire pour raconter à ma patronne ce qui m'était arrivé; elle a été compréhensive, elle a trouvé cela très drôle et bien entendu mon aventure est devenue la blague de la journée. Je riais et j'étais de bien meilleure humeur en mettant fin à mon appel après avoir promis à ma patronne de la rappeler lorsque je serais à nouveau sur la route. Puis j'ai appelé mon associée que j'étais censée rencontrer ce matin-là à Toronto pour lui expliquer ma situation et lui faire reporter notre rencontre à un autre jour. La serveuse est revenue avec une carte et elle m'a montré où tourner pour reprendre la 401 vers Toronto. Avant de partir de chez Wendy, j'ai serré cette femme gentille contre moi et je l'ai remerciée. J'ai démarré mon auto et j'ai suivi ses indications. Une fois revenue sur la 401, j'ai rappelé le bureau pour vérifier si j'étais sur le bon chemin. Une fois rassurée sur ce point, j'ai poursuivi ma route et, après un bout de temps, j'ai poussé un soupir de soulagement en apercevant la Tour du CN. Étant curieuse de nature, j'ai décidé d'essayer de rentrer à Toronto en prenant la sortie menant à la rue Bathurst car ce nom de rue m'est familier. Eh bien, j'ai refait la même erreur. La Tour du CN dont je me servais comme repère s'est mise à s'éloigner de moi et je n'aurais pas pu vous dire où j'étais. J'ai pris toutes les voies ramenant à Toronto, même la rue Collège à un moment donné. Je ne sais pas ce que j'aurais fait pour être le passager et non pas le chauffeur ce jour-là. Je ne referai jamais une visite si poussée de Toronto. Lorsque je suis enfin tombée sur Burnamthorpe Road, j'ai poussé un soupir de soulagement car cela voulait dire que j'étais quelque part à Mississauga, près de mon travail et de mon chez moi. Je suis finalement arrivée saine et sauve au stationnement de mon bureau à 17 h et je suis entrée en courant. Tous étaient heureux de me revoir et soulagés. Aujourd'hui, lorsque j'ai un rendez-vous d'affaires à Toronto, je me fais venir un taxi qui me mène à destination. C'est un peu cher mais je n'ai pas à paniquer, à supplier les camionneurs de me laisser sortir de la route et, ce qui est le plus important, j'arrive à mes rendez-vous à l'heure. J'ai toujours un plan à jour de la ville de Toronto dans mon auto. Les gens vous aident habituellement, mais si vous êtes sur l'une des principales artères, vous devez faire attention à toutes les pancartes. Le meilleur endroit où se placer est la voie médiane de l'autoroute car, de cette façon, vous pouvez vous fondre dans le trafic ou en sortir plus facilement. Pour avoir des indications exactes, je me sers toujours d' AOL Driving Directions dans l'Internet. Vous n'avez qu'à taper votre point de départ et votre destination et vous pouvez avoir les directions sous forme de texte ou de plan. Pour ma part, je me sers toujours du texte. Bonne conduite et bonne chance ! CNM
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