| L'hiver et les nouveaux arrivants |
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par Sioban Costelloe Sioban Costelloe est née dans l' île de la Dominique et elle a grandi à Trinidad et à Tobago avant d'immigrer au Canada en 1997. Le Canada est un pays merveilleux mais c'est l'hiver qu'il apparaît dans toute sa splendeur et vous pourrez facilement jouir de cette saison si vous vous y préparez en conséquence. Je suis une fille des îles tropicales et, comme c'est une véritable pénitence pour moi que de penser que je vais passer une heure au froid, je rêve à des choses chaleureuses et plaisantes avant de m'aventurer dehors. Je mets des sous-vêtements épais, des chandails, des jeans au matériel épais, un lourd manteau, des gants, trois paires de bas, un chapeau et des cache-oreilles. Je me transforme littéralement en véritable garde-robe ambulante. Tout pour ne pas avoir froid. On peut se livrer à bien des activités au grand air pour faire passer les mois d'hiver : patinage, toboggan, planche à neige et hockey. Les Canadiens aiment l'été mais l'hiver est un moment extraordinaire qui prend un tout autre sens. Imaginez-vous en train de patiner dans un parc brillamment éclairé la nuit, de descendre une pente en skis lorsque le soleil brille ou d'être en train d'applaudir les Leafs au Centre Air Canada. Les Maple Leafs de Toronto, affectueusement connus sous le nom de Leafs, sont probablement l'équipe de hockey favorite de l'Ontario et on ne peut que se laisser entraîner par la foule lorsqu'elle se met à l'applaudir frénétiquement lors des parties de la Ligue nationale de hockey - sauf lorsqu'il y a grève bien entendu ! La place Nathan Phillips à Toronto est l'endroit où se tient d'habitude Winterfest, qui devrait beaucoup intéresser ceux qui aiment prendre le temps de vivre. C'est un festival de 14 jours qui comprend plus de 30 attractions et un grand nombre d'activités gratuites. Il se déroule du 28 janvier au 10 février. Pour en savoir plus, appelez au 416-338-0038 ou consultez www.city.toronto.ca Si vous en êtes à votre premier hiver, il est fort probable que vous ferez vos premières armes dans le parc près de chez vous. Mon fils préfère bien entendu les sports qui se font à l'extérieur même s'il fait moins de zéro. Il y a trois ans, il voulait une planche à neige à Noël et, cette année-là, son souhait a été exaucé par le père Noël car il en a trouvé un sous l'arbre traditionnel. Il a montré avec fierté sa planche à neige à la famille et aux amis. J'aimais me tenir au balcon et le regarder pratiquer dans le terrain de jeux qui se trouve devant mon appartement; lorsque j'avais trop froid, je pouvais entrer me réchauffer et le regarder faire de ma fenêtre. Mon fils avait cependant d'autres plans car il a vite appris de ses amis que l'endroit où essayer son nouveau jouet était le parc Chinguacousy de Brampton, qui se trouve près de chez nous. Étant l'adoratrice du soleil que je suis, vous n'aurez pas de difficulté à comprendre que me promener dans la neige était bien la dernière chose que je voulais faire, mais j'ai fini par capituler devant l'insistance de mon fils. Le samedi où je lui ai promis de l'amener au parc Chinguacousy, je me suis emmitouflée et j'ai décidé d'emprunter un toboggan à mes parents. Après tout, si je devais y aller, autant me montrer à la hauteur et m'amuser un peu par la même occasion. Ce samedi-là était un jour parfait. Une couche de neige fraîche tombée au cours de la nuit recouvrait le sol et il faisait très doux - juste 15 degrés sous zéro. Je fais de l'ironie ici car, à 15 degrés sous zéro, vous gelez, mais pour l'amateur de sports d'hiver, le temps était splendide. Nous sommes allés au parc et, avant que j'aie fermé à clef les portes de l'auto, mon fils était déjà parti rejoindre les autres familles qui se trouvaient sur la colline. Il m'a bien fait rire avec sa planche à neige deux fois plus grosse que lui, qui le rendait si gentiment comique. Je n'ai pas trouvé facile de monter au sommet de la colline. Mes jambes s'enfonçaient à certains endroits dans de petits trous dans la neige et j'avais de la difficulté à garder mon équilibre tout en tirant le toboggan. Mon fils n'a eu aucun problème à monter sur la colline à la course, se retournant de temps en temps pour me crier « Viens maman ! » À bout de souffle et épuisée, je suis finalement arrivée au sommet de la piste et j'ai jeté un long regard tout autour. C'est là que j'ai aperçu un petit remonte-pente de l'autre côté de la colline que nous aurions pu prendre. Mon fils s'est rapidement fait des amis et, peu après, il descendait la colline à grande vitesse - trop vite à mon goût. C'est alors que je me demande avec frayeur s'il sait comment arrêter. Comme je ne veux pas qu'il se fasse mal ou qu'il entre en collision avec quelqu'un d'autre, je saute dans le toboggan sans réfléchir à mon tour et je me lance à sa poursuite. Une fois rendue au milieu de la colline, je me rends compte que moi non plus je ne sais pas comment arrêter ! Mon fils a déjà beaucoup d'avance sur moi et il s'éloigne de plus en plus. Chanceuse comme d'habitude, je frappe une bosse, monte dans les airs puis retombe tête première dans la neige, mon toboggan s'en allant à la dérive. Endolorie, la figure gelée par la neige, j'essaye de me sortir de là tout en scrutant la colline dans l'espoir de voir mon cher petit casse-cou. J'entends alors un sourd vrombissement derrière moi. Je me retourne et je vois venir mon fils sur sa planche à neige, à la tête d'une douzaine d'autres enfants. Il avait eu le temps de remonter au sommet de la colline pendant que j'essayais de me remettre de ma chute. À cet âge, ils se prennent tous pour des Tony Hawke, mais ils sont loin d'être des professionnels, surtout mon fils leur chef intrépide. J'étais au bord de la panique. Ils allaient tout droit sur la bosse. J'ai compris qu'ils voulaient s'en servir pour faire du saut mais ils venaient aussi droit sur moi ! Ne sachant où me mettre, je laisse échapper un faible « ah », je replonge dans la neige froide et je me recroqueville derrière la bosse recouverte de neige et de glace pressées. Me couvrant le visage de mes mains, mais regardant quand même à travers mes doigts, je vois passer au-dessus de moi le dessous aux couleurs bigarrées des planches à neige. Je vois ensuite un enfant aux oreilles rougies par le froid puis j'entends les commentaires suivants : « Mais madame, sortez donc de là ! » et « C'est la mère de qui ça ? » J'ouvre les yeux, croyant que c'est terminé, mais c'est là que j'entends un « Au revoir maman ! » comme mon fils m'arrache le chapeau de la tête et descend la colline en le tenant à la main. Ç 'avait pris moins d'une minute. Je me suis remise debout et j'ai levé la main pour arrêter les autres planches à neige qui descendaient la colline. Tout en zigzaguant, évitant une planche à neige par ci, un toboggan par là, je me suis rendue au remonte-pente. Quel soulagement. « Je n'ai jamais rien vu d'aussi dangereux, me suis-je dit à haute voix en indiquant par un geste que je voulais prendre le remonte-pente. Quelqu'un m'a répondu : « J'ai bien vu ça. Je suis content que vous vous en soyez sortie mais vous ne pouvez pas aller au bas de la colline de cette façon. » L'expression sur ma figure devait être amusante car tout le monde, à part moi, a pouffé de rire. Sans toboggan, trempée de neige fondante et commençant à avoir froid, j'ai décidé de me rendre sur le côté de la colline et de la descendre lentement. Mon fils m'attendait en bas. Il était parvenu à récupérer mon toboggan et il voulait maintenant aller au stand qui sert du chocolat chaud. Contente de ne plus être sur la pente et de m'être mise à l'abri d'un malheur certain, j'ai payé pour deux délicieuses tasses de chocolat chaud et nous sommes revenus à l'auto. J'ai eu les muscles endoloris pendant plusieurs jours et mon fils m'a consignée à l'appartement. Les choses n'ont été guère mieux lorsque j'ai fait du ski pour la première fois à Muskoka, mais j'ai été étonné de la facilité avec laquelle mon fils a mis sa paire de skis puis est passé à l'action. Mon introduction aux plaisirs du ski s'est limitée à la colline des enfants où, un ski en travers de l'autre, je me suis retrouvée cramponnée à une corde de secours, ce qui m'a aussi valu d'être confinée à l'appartement par mon fils. Aujourd'hui, je me contente de regarder, la plupart du temps de ma voiture. Le ski, c'est très bien mais il faut être prudent. Les centres de ski ont à leur service des équipes d'instructeurs chevronnés spécialement pour les débutants. Inscrivez-vous à un cours. Le YMCA ou la brochure de votre service espaces verts et récréation local vous indiquera quelles sont les activités offertes l'hiver : patinage, planche à neige et ski pour vous et votre famille. Il se peut que vous aimiez mieux faire comme moi : vous tenir à part et regarder les autres s'amuser. CNM
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