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Comment perdre son accent PDF Print E-mail

par Heather Hudson

Alex Morales et son jeune fils ramassaient des feuilles d'automne lorsque leur voisin d'à-coté est venu les voir pour leur souhaiter la bienvenue dans la collectivité. Après les présentations d'usage, les deux adultes se sont mis à parler de leurs enfants jusqu'à ce que le voisin dise tout-à-coup : « Ah ! Mais vous avez un accent. » M. Morales en est resté figé sur place. Baissant la tête, il est allé reprendre son travail, ayant perdu toute envie de poursuivre la conversation. Le voisin ne savait pas que, pour lui, le fait de lui faire sentir qu'il avait un accent était comme se moquer d'une « infirmité repoussante ».

Des décennies plus tard, M. Morales sourit en rappelant cet incident. « J'étais trop sensible », dit-il.

Si vous pouvez comprendre son anxiété au sujet de son accent, vous n'êtes pas le seul.

M. Morales dit qu'en fait la prononciation est ce qui préoccupe les plus les centaines de nouveaux arrivants qu'il rencontre chaque année en tant que gestionnaire du Centre éducatif Corvetti de COSTI, organisme qui offre des services sociaux et éducatifs et des services d'emploi aux immigrants de la Région du Grand Toronto (RGT).

Les cours d'anglais progressifs offerts par COSTI et d'autres organismes sont le moyen par excellence d'apprendre à communiquer, mais M. Morales souligne qu'il faut beaucoup de temps et de pratique pour parvenir à parler une langue couramment.

Lydia Aiello, professeure d'anglais langue seconde et auteure, est d'accord. Selon elle, perdre son accent et l'une des dernières étapes à franchir pour être pleinement intégré à la société canadienne et l'une des plus difficiles à franchir. La capacité de s'exprimer avec clarté et assurance peut faire toute la différence entre simplement habiter au Canada et s'y sentir chez soi.

« Un grand nombre de nouveaux arrivants ont encore beaucoup de difficulté à parler anglais bien après être devenus capables de le lire et de comprendre ce que les gens disent. Malheureusement, ce n'est pas assez de connaître la langue, dit-elle. Pour vraiment faire partie de la société canadienne, qu'il s'agisse de se trouver un emploi, de s'acheter de la nourriture au marché ou de participer à la vie de la collectivité, il faut que vous puissiez vous faire comprendre des autres. »

Tout nouvel arrivant vous dira qu'il est difficile de prononcer des sons qui vous sont étrangers. Ce n'est pas seulement une question d'apprendre un nouveau vocabulaire. Il faut parfois réapprendre à se servir de sa langue, de ses dents et des muscles de sa mâchoire.

Lydia donne en exemple le vietnamien, dont aucun mot ne se termine par des consonnes, ce qui rend fort difficile l'apprentissage de toutes ces terminaisons anglaises tellement sonores. L'intonation et le rythme varient également beaucoup d'une langue à l'autre. Il faut beaucoup de temps - et encore plus de pratique - pour savoir quelle syllabe accentuer et comment se servir de sa voix pour s'exprimer.

Heureusement qu'il existe un certain nombre de moyens à votre disposition dans votre vie de tous les jours pour vous aider à perdre votre accent et à acquérir de l'assurance lorsque vous parlez anglais.

Rappelez-vous votre enfance.

Remontez dans le temps et rappelez-vous la façon dont vous avez appris votre langue maternelle. Lorsque vous étiez petit, vous écoutiez les gens parler et vous répétiez ce qu'ils disaient. Lydia vous dit de faire la même chose maintenant que vous êtes à l'âge adulte et que vous habitez le Canada. Écoutez comment les gens parlent au centre commercial, dans l'autobus ou à l'épicerie. Observez à quel endroit les gens mettent l'accent et à quel rythme les mots coulent de leur bouche.

Instruisez-vous.

Suivez un cours d'anglais langue seconde. La plupart des programmes exigent que vous subissiez d'abord une évaluation de votre niveau de connaissance puis que vous cerniez vos objectifs, que vous vouliez simplement apprendre à communiquer avec les autres ou vous préparer à entrer au collège ou à l'université.
Il y a même des cours de prononciation offerts par divers organismes dans la RGT, y compris celui de Lydia, le Centre for Education and Training de Brampton. Le conseil scolaire du district de Toronto et COSTI offrent aussi ces cours à bien des endroits dans la RGT.

Lydia a écrit un livre intitulé Word PALS (Pronunciation and Listening Skills) à l'intention des professeurs d'anglais langue seconde et de leurs étudiants. Accompagné de trois CD, ce livre est bourré de leçons autodidactiques sur la prononciation de l'anglais.

Écoutez, écoutez et écoutez.

Regardez les films et les émissions-débats en anglais à la télévision, observez la façon dont les mots sont prononcés puis répétez-les. Empruntez les livres audio de votre bibliothèque locale pour pouvoir savoir ce qu'est une énonciation claire. Vous pourrez arrêter le ruban à n'importe quel moment pour pouvoir répéter les mots difficiles.

M. Morales explique que quand il est arrivé au Canada, il s'enregistrait en train de lire des articles de journaux à haute voix afin de perfectionner sa prononciation. Lorsqu'il faisait jouer la bande, il était horrifié de son baragouinage. C'est seulement avec le temps et la pratique que son anglais s'est amélioré.

Rien de tel que la pratique

Trouvez-vous un voisin ou un ami canadien désireux de parler en anglais avec vous et de corriger gentiment vos fautes de prononciation. Ou encore, inscrivez-vous à un programme comme celui des cercles de conversation anglaise de CultureLink, qui est offert à neuf endroits dans la ville. Chaque rencontre hebdomadaire porte sur un sujet nouveau et vous donne la chance de parler anglais. Vous pourrez non seulement pratiquer votre prononciation mais aussi rencontrer des gens et participer à la vie de la collectivité.

Safia Shire, gestionnaire du programme, dit qu'elle a vu des gens venir la première fois à un réunion du cercle et être intimidé au point de ne même pas pouvoir dire deux mots. Six mois plus tard, ils s'exprimaient avec facilité.

Il est évident que la pratique est le meilleur moyen d'apprendre à parler une langue couramment.

« Plus il vous sera facile de parler, plus vous vous détendrez et plus vous vous sentirez à l'aise en compagnie de nouvelles connaissances. Cette assurance fera remonter l'estime que vous avez de vous-même et votre expérience de vie au Canada en sera enrichie sous tous les aspects », conclut M. Morales.

Heather Hudson, qui est en ce moment rédactrice à la pige d'articles de fond et de nouvelles pour toute une gamme de publications dont Active Woman Canada , Topical , Magazine Management et Government Purchasing Guide, a conçu, adapté, dispensé et évalué des ateliers sur la rédaction pour le Gouvernement de l'Ontario, l'Université Ryerson et bien d'autres clients.

RESSOURCES

COSTI dirige cinq centres de formation et d'emploi dans le Grand Toronto et la région de York, six centres de formation spécialisés dans l'enseignement de l'anglais langue seconde, un centre pour professionnels et gens de métier formés à l'étranger et bien autre chose encore. Pour en savoir plus long, voir www.costi.org ou appeler au (416) 534-7400.

Le Centre for Language Training and Assessment offre des cours progressifs qui montrent à l'étudiant comment bien communiquer en anglais. Pour en savoir davantage sur le programme, voir www.clta.on.ca ou appeler au (905) 949-0049.

CultureLink offre divers programmes servant à aider les nouveaux arrivants à s'installer à Toronto. Pour en savoir davantage sur les cercles de conversation anglaise, voir www.culturelink.net ou appeler au (416) 588-6288.

Pour se renseigner sur le livre de Lydia Aiello intitulé Word PALS (Pronunciation and Listening Skills) et sur ses cours de prononciation, appeler le North Centre for Education and Training de Brampton au (905) 791-6700.

CNM

 

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