| Je suis maintenant chez moi au Canada, mais où vais-je habiter ? |
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par Theresa Wojtasiewicz Il y a de cela 57 ans, mon père arrivait dans ce pays comme réfugié, à une époque où il ne pouvait pratiquement pas compter sur les services du gouvernement pour l'aider à se trouver un logement. Au cours de ses six premiers mois au Canada, il a travaillé pour la société CN qui lui a fourni un lit dans un wagon à marchandises. Plus tard, il a déménagé dans une pension tenue par un couple de Polonais. Après avoir épousé ma mère, il a loué un petit deux-pièces au sous-sol de la demeure d'un ami. Lui et ma mère ont dû chercher pendant presque six ans avant de se trouver un appartement meilleur et plus grand. Il y a 16 ans, Kamal, un réfugié du Liban, a d'abord habité pendant un mois chez un ami à Montréal. Lorsqu'il a décidé de déménager à Toronto, son ami lui a trouvé un endroit où il a habité avec un autre Libanais parce qu'il ne connaissait personne ici. Il lui a fallu presque un an après son arrivée au Canada pour se trouver un logement. Bien que ces expériences aient été vécues à des années de distance, il est intéressant de voir que l'expérience de mon père et de Kamal ont une chose en commun : ils ont tous les deux eu recours à l'aide de leurs communautés ethniques respectives pour se trouver un logement. Quelle a été votre expérience ?Après votre arrivée au Canada, il se peut que vous habitiez chez des amis ou des parents pendant une courte période de temps. Si vous êtes un réfugié, Citoyenneté et Immigration vous aidera peut-être à vous loger temporairement dans un hôtel ou un motel, mais cela ne durera qu'un ou deux mois. Si vous vous cherchez un appartement, il vous sera difficile d'en trouver un qui corresponde à vos moyens financiers et vous devrez alors en partager un avec quelqu'un d'autre. Si vous arrivez au Canada avec assez d'argent pour vous acheter une maison, vous ne savez pas où en trouver une ni ce que cela entraînera. Aujourd'hui, vous n'avez pas à compter seulement sur vos amis, votre famille, votre groupe ethnique ou votre collectivité culturelle pour vous aider à trouver un logement. Beaucoup de centres communautaires de la municipalité offrent des services aux immigrants et des programmes d'aide au logement aux immigrants et la plupart tenteront de vous servir dans votre langue, si c'est possible. Que vous cherchiez un abri temporaire ou quelque chose de plus permanent, ces services sont là pour vous aider à vous trouver un logement dont le loyer correspondra à vos moyens et qui sera assez grand pour que vous et votre famille vous sentiez à l'aise et réellement chez vous. Qu'est-ce que vous cherchez ?Voilà quelques questions que vous pourriez vous poser lorsque vous vous cherchez un logement :
Choses auxquelles il est important de penserCertains nouveaux arrivants préfèrent vivre entourés de membres de leur groupe ethnique pour les raisons suivantes : ils se sentent plus à l'aise parmi ceux qui partagent leur langue, leur culture et leur religion; ils pensent qu'il vaut mieux compter sur les membres de leur groupe ethnique pour les aider que de recourir aux services du gouvernement; leurs enfants pourront parler leur langue et ne pas courir le danger de la perdre puisque la plupart des élèves de l'école qu'ils fréquenteront appartiendront à leur groupe ethnique. Cela peut aussi représenter des désavantages : ils mettront plus de temps à s'intégrer parce qu'ils vont se retrouver coupés de la société canadienne; il leur sera plus difficile d'apprendre l'anglais parce qu'ils n'auront pas à le parler très souvent; les enfants seront plus lents à apprendre l'anglais et ils pourraient réussir moins bien que les autres enfants s'ils fréquentent des écoles où l'anglais est parlé autant en classe qu'à l'extérieur. Or, vous voulez bien entendu que vos enfants conservent leur langue et leur culture, mais cela ne rendra-t-il pas plus difficile tant pour vos enfants de devenir Canadiens ? Pensez à concilier votre désir de conserver votre langue et votre culture avec celui de faire partie de la société canadienne lorsque vous déciderez de l'endroit où vous voulez habiter. Quels sont les types de logement ?Les nouveaux arrivants, comme bien des Canadiens, rêvent d' être propriétaire. Vous devrez cependant avoir un certain revenu pour obtenir de la banque qu'elle vous prête l'argent nécessaire à l'achat d'une maison. Tant qu'un nouvel arrivant n'a pas un bon emploi bien rémunéré, il habite en appartement jusqu'à ce qu'il ait les moyens de s'acheter une propriété. Si vous louez un appartement, et c'est parfois aussi vrai dans le cas des chambres, vous devrez verser deux chèques de loyer quand vous emménagerez, l'un pour le premier mois de loyer et l'autre pour le dernier. Vous pouvez louer différents types de logement :
Une chambre au domicile d'une personne ou dans une pension est d'habitude un arrangement temporaire. Il se peut que vous ayez à y loger pendant quelques jours, le temps de vous trouver quelque chose de mieux pour vous et votre famille. Un propriétaire peut transformer une maison en appartements ou en transformer le sous-sol en appartements et habiter le reste. Certains de ces appartements situés dans des maisons privées sont très chers; l'appartement en sous-sol est par ailleurs parfois moins cher que l'appartement faisant partie d'un immeuble de rapport qui est propriété privée. Pour pouvoir habiter un appartement qui appartient à la ville (logement public), vous devrez être un immigrant ayant obtenu le droit d'établissement ou avoir le statut de réfugié. Ce type de logement est « à but non lucratif », c'est-à-dire que le loyer que vous et les autres locataires versez ne couvre que les frais d'entretien de l'immeuble. Le loyer est plus élevé dans certains endroits qu'ailleurs. Certains appartements dont le bas loyer convient mieux à votre situation financière se trouvent malheureusement dans des quartiers plus pauvres et moins invitants où le taux de criminalité peut être plus élevé. Le logement subventionné relève aussi de la municipalité. Le mot « subventionné » signifie ici qu'un fond spécial sert à payer une partie de votre loyer si vous ne pouvez pas le payer en totalité. Comme la demande est forte pour ce type d'appartement et qu'il prend du temps à se libérer, il faut d'habitude attendre entre cinq et dix ans pour en avoir un. La coopérative d'habitation (logement social) ressemble au logement public; elle est aussi « à but non lucratif », mais elle est gérée par ceux qui y habitent. Les gens qui habitent une coopérative d'habitation s'appellent « membres » et non pas « locataires » et ils acquittent un « droit d'occupation » et non pas un loyer. La coopérative s'attend à ce que ses membres acceptent de vivre dans un milieu multiculturel et à ce qu'ils participent à la gestion de l'immeuble en assistant par exemple aux réunions des membres ou en siégeant à divers comités à titre bénévole. L'un des avantages que représente la vie en coopérative pour un nouvel arrivant est que sa participation peut compter au chapitre de l'expérience lorsqu'il postulera pour des emplois. Il se peut que le nouvel arrivant ait à fournir la preuve que son revenu lui permettra d'acquitter le droit d'occupation s'il n'a pas de note de crédit au Canada ou dans son pays d'origine. Certaines coopératives ont des logements subventionnés, mais encore une fois ils prennent du temps à se libérer et il faut attendre cinq ans et plus pour pouvoir en avoir un. Les immeubles de rapport qui sont propriété privée peuvent varier de beaucoup en grosseur : certains peuvent avoir deux appartements seulement alors que d'autres en auront des centaines. Vous devrez habituellement signer un contrat de location et accepter de payer le loyer exigé pendant un an et de ne pas déménager avant la fin du contrat. Au cours des sept dernières années en Ontario, le loyer des appartements a augmenté de plus de 40 pour cent. En raison des nouvelles lois sur les droits du locateur et du locataire, il pourra parfois être difficile pour le nouvel arrivant de se trouver un appartement, surtout s'il vient d'arriver au Canada, qu'il n'a pas une bonne maîtrise de l'anglais, qu'il ne connaît pas ses droits ou qu'il n'a pas un emploi bien payé . Exemple : le locateur a le droit de refuser de vous louer un appartement s'il pense que vous ne faites pas assez d'argent. Certains locateurs ne louent pas à quiconque est à l'assistance sociale étant donné que le montant prévu pour le logement dans ce cas ne suffit pas d'habitude à payer le loyer dans les immeubles de rapport. La discrimination fondée sur la race ou l'ethnicité existe encore malheureusement. Bien de nouveaux arrivants se feront répondre « je regrette, mais c'est déjà loué » lorsqu'ils essaieront de se trouver un appartement. Il est important que vous connaissiez vos droits dans de tels cas. Encore une fois, c'est à ce moment-là que le conseiller des services d'aide aux immigrants ou au logement pourra vous aider. Un locateur qui vous demande de verser plus de deux mois de loyer, qui vous demande d' être payé en liquide et ne vous donne pas de reçu ou qui loue un appartement à quelqu'un d'autre après vous avoir dit qu'il était déjà pris enfreint la loi et vous avez le droit de contester. Les appartements condominiaux sont d'habitude plus chers que les appartements qui sont propriété privée. Les immeubles à condominium sont dirigés collectivement par les propriétaires d'appartement et leurs propriétaires exigent souvent des frais pour rémunérer les gardes de sécurité ou entretenir les installations de culture physique et les piscines. Ces frais s'ajoutent aux frais de condominium, ce qui revient à très cher. L'achat d'une maisonCeux qui sont arrivés au Canada avant 1980 ont mis environ quinze ans à devenir propriétaire alors que la plupart de ceux qui sont arrivés après 1980 ont pu le faire en moins de six ans. Le prix des maisons comme les taux d'intérêt ont baissé de beaucoup depuis la fin des années 80, ce qui vous permet de réaliser votre rêve d'avoir votre propre maison beaucoup plus rapidement que ceux qui sont venus avant vous. Vous êtes peut-être arrivé au Canada prêt à vous acheter une maison. Vous avez apporté avec vous beaucoup d'argent et d'autres valeurs mais vous n'aviez pas encore d'emploi. La Banque Royale du Canada ( BRC ) offre un programme spécial aux nouveaux arrivants au Canada qui veulent s'acheter une maison dès leur arrivée. Selon ce programme de prêts hypothécaires, vous devrez vous-même verser au moins 35 pour cent du prix exigé pour l'achat de la maison et vous devrez également avoir assez d'argent pour pouvoir acquitter vos paiements pendant deux ans. Quant au nouvel arrivant qui est ici depuis quelques années et qui a un emploi stable et un revenu suffisant, il devra répondre aux mêmes exigences que les autres Canadiens pour obtenir une hypothèque. Dans un cas comme dans l'autre, l'achat d'une maison exige la participation de bien des gens et bien des étapes. Pour commencer, vous devrez aller à la banque et obtenir un prêt hypothécaire. La banque vous demandera alors des renseignements personnels, y compris sur vos avoirs et votre note de crédit : payez-vous vos factures à
temps ? Avez-vous des dettes en souffrance (prêt, paiement de carte de crédit,
etc.) ? La banque préautorise un montant calculé en fonction de celui que vous êtes prêt à payer pour une maison et de celui qu'elle pense que vous devriez verser pour cette dernière. Une fois que la banque aura approuvé votre hypothèque, vous devrez alors vous trouver un avocat qui vous aidera à conclure l'achat de la propriété. Le rôle de l'avocat est de voir à ce que celui qui vend la maison en est bien le propriétaire et de découvrir si des revendications (dettes) existent sur la propriété, qui pourraient priver le propriétaire de son droit de vendre. Si tout est en ordre, l'étape finale sera de donner à l'avocat l'argent à remettre au propriétaire, soit votre part et celle de la banque.Encore une fois, il est important que vous connaissiez vos droits. Certains avocats essaient d'exploiter le nouvel arrivant. Si un avocat vous demande de l'argent liquide, ne lui en donnez pas. Il ne faut JAMAIS donner de liquide à l'avocat. Ne lui donnez qu'un chèque « en fiducie » établi à son nom. Vous devrez avoir cette preuve par écrit ou vous pourrez vous faire escroquer. Être propriétaire d'une maison entraîne aussi beaucoup de frais dont vous ignoriez l'existence lorsque vous étiez locataire parce qu'ils sont d'habituellement compris dans le loyer à payer. Par contre, lorsque que vous êtes propriétaire, vous devez payer la taxe foncière à chaque année, payer également pour l'eau et l'électricité et payer pour l'huile ou le gaz naturel qui sert à vous chauffer l'hiver. Comme ces frais sont en sus de votre versement hypothécaire mensuel, vous devrez voir à ce que votre revenu suffise à couvrir tout ce que vous avez à payer. Aujourd'hui, beaucoup plus de services et de programmes sont offerts au nouvel arrivant pour l'aider à se trouver un logement et à le garder. N'ayez pas peur d'y avoir recours. Allez demander à votre centre communautaire local ou à votre centre d'immigration ce qu'il peut faire pour vous. Il est important de vous trouver un logement où vous serez heureux, à l'aise et en sécurité, un endroit que vous pourrez vraiment appeler « chez nous ». Pour en savoir plus long sur tous les aspects de l'établissement en Ontario, voir : http://www.etablissement.org/index.asp Comment se faire aider pour trouver un logement et le garderLes centres d'aide au logement sont là pour vous fournir ce qui suit : liste de logements vacants, aide en cas de problèmes avec votre locateur, prêt sans intérêt pour couvrir vos frais de logement si vous venez à manquer d'argent et bien d'autres services. Voici quelques endroits auxquels vous pourrez vous adresser. OuestEtobicoke Housing Help Centre Etobicoke Sud, LAMP Building Centre-EstWoodgreen Community Services Nord-Nord-OuestCOSTI - North York Housing Help Centre EstScarborough Housing Help Centre Autres possibilitésPour demander un logement public, appeler le service de renseignements généraux de Toronto Community Housing Corporation (TCHC) au (416) 981-5500); pour vous renseigner sur les logements offerts par le marché, appeler au (416) 392-7368. Comme TCHC a beaucoup de bureaux dans la ville, le préposé aux renseignements généraux vous dira lequel appeler dans le quartier où vous voulez un appartement. Pour demander un logement subventionné, communiquer avec Toronto Social Housing Connections, 365, rue Bloor E., Toronto (Ontario) M4W 3L4, tél. : (416) 981-6111. Pour vous renseigner sur les coopératives, communiquer avec Co-operative Housing Federation of Toronto. Service de dépannage 24 heures par jour. Tél. : (416) 465-1309. Ce service de dépannage a la liste des coopératives où des logements sont vacants, ou des listes d'attente dressée par quartiers. Langues parlées : anglais, français, espagnol, polonais, somalien et tamoul. Comment vous trouver vous-même un logementSi vous voulez vous trouver vous-même un logement, consultez les listes à cet effet publiées par tous les journaux (le Toronto Star, le Globe & Mail , le Toronto Sun et le National Post ). Renters News est une liste publiée en format magazine une fois par semaine, où figurent toutes sortes de logements : chambres, appartements et même maisons à louer. Vous pourrez trouver Renters News dans des boîtes qui se trouvent aux principaux coins de rue et dans la plupart des zones résidentielles. Le Toronto Star publie également une fois toutes les quatre semaines une liste des logements à louer sous forme de petit magazine intitulé For Rent. Vous le trouverez dans toutes les boîtes du Toronto Star. CNM
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