| Une jeune irano-canadienne |
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Gagnante de l’une des huit bourses de la fondation Tony Blair La confrérie de l’acte de foi (Faiths Act Fellowship) est une initiative de la Fondation pour la foi Tony Blair et de Interfaith Youth Core. Il s’agit d’une équipe internationale de 30 jeunes leaders de confessions diverses qui s’engagent ensemble dans une aventure : dix mois de service interconfessionnel. Les membres de l’équipe sont dispersés dans des villes aux États-Unis, au Royaume- Uni et au Canada afin de mobiliser et de conscientiser les jeunes croyants ainsi que d’amasser des fonds pour atteindre les objectifs de développement du Millénaire. Ils se concentreront sur la lutte contre les décès causés par le paludisme (malaria). Sara Eftekhar, qui a quitté l’Iran pour immigrer au Canada à l’âge de sept ans, fait partie des huit Canadiens récompensés par la confrérie. Ils travaillent à Ottawa avec des Juifs, des Chrétiens, des Sikhs, des Musulmans et des Unitariens pour mettre en place la Semaine d’action multiconfessionnelle. Durant cette semaine, des jeunes de confessions différentes s’activeront dans un ensemble de projets à travers la ville afin de militer, de sensibiliser et de lever des fonds pour l’éradication du paludisme. « C’est un mouvement international de jeunes leaders de confessions diverses travaillant ensemble pour une cause commune. En s’impliquant localement dans des projets d’aide, vous brisez les barrières et les stéréotypes entre les gens et cela mène souvent à un dialogue et à des relations qui sont réciproquement épanouissantes, » déclare-t-elle. Sara a senti que ce projet lui offrait la chance de suivre l’exemple de sa grand-mère qui a toujours allié compassion et générosité dans chacun de ses actes. Attirée par le mélange de l’interconfessionnel et de l’action, Sara attribue à sa foi musulmane son désir de jouer le rôle d’ambassadrice interconfessionnelle. « Toutes les religions prônent la compassion mais il est important de traduire cette valeur par des gestes. La malaria est un problème majeur qui requiert que les gens de toutes les fois et même ceux qui n’ont pas la foi agissent ensemble pour l’éradiquer, » affirme-t-elle. Sara a été très active dans sa communauté depuis un très jeune âge et elle a reçu de nombreux prix pour son engagement, y compris le Prix de l’amélioration de la communauté des jeunes du maire de Vancouver. Elle est aussi allée en Équateur pour construire des maisons; elle a fait du bénévolat dans un orphelinat en Iran et a eu la chance, cette année, d’aller jusqu’en Tanzanie dans le cadre de sa formation pour l’Association. « Mon habileté à voir l’humanité comme un tout et mon désir d’apporter des changements positifs à notre société m’a été transmise par mes parents qui étaient tous les deux, à leur époque, des activistes pour les droits de l’homme, » explique-t-elle. En grandissant, Sara a eu du mal à définir son identité en tant qu’immigrante de deuxième génération; elle ne s’est jamais complètement identifié à un groupe à l’école, jusqu’à ce qu’elle s’implique dans sa communauté. « L’activisme était une manière pour moi de me définir. J’ai donc continué à m’impliquer dans ma communauté de manière locale, mais j’ai aussi élargi mes perspectives et mes activités pour agir sur des problèmes mondiaux. » Sara admet cependant que toutes les formidables opportunités et perspectives qui lui ont été présentées au Canada viennent à prix fort. Tout laisser derrière en Iran, apprendre une nouvelle langue, s’adapter à une nouvelle culture et se battre pour survivre dans la société canadienne a représenté un défi de taille pour elle et sa famille. Sara se souvient quand les enfants se moquaient d’elle à l’école primaire et combien elle pleurait chaque nuit parce qu’elle voulait retourner en Iran. En grandissant, Sara a réalisé qu’elle n’avait pas à choisir entre son identité canadienne ou iranienne, elle pouvait être les deux. Sara estime que l’Association interconfessionnelle lui a donné une nouvelle fierté d’être canadienne, parce que les communautés religieuses et culturelles avec lesquelles elle a travaillé se sont montrées accueillantes, hospitalières et parce qu’elles acceptent les gens qui sont différents. « Cette expérience m’a mise devant le modèle canadien du multiculturalisme et m’a prouvé que cela existe vraiment. J’ai eu la chance de rapprocher des communautés culturelles et j’ai rencontré un tas de personnes fascinantes que je n’aurai pas rencontrées si on ne m’avait pas offert cette opportunité. J’ai beaucoup voyagé et j’ai toujours été extrêmement fascinée par les gens différents de moi, mais je n’avais jamais pensé à les chercher au sein de ma propre communauté. » La bourse de Sara se termine à la fin du mois de mai. Elle représentera ensuite le Canada en tant que déléguée au Congrès mondial de la jeunesse en Turquie, cet été. Ses plans à long terme sont d’étudier la médecine mais pour l’instant elle dit : « Je ne définis pas ma réussite par le point que j’atteins dans ma carrière; je définis ma réussite par la contribution positive que j’arrive à apporter à la société et par ce que je fais pour l’humanité ». cnm |


