| ALes étudiants adultes : |
Comment les établissements post secondaires répondent à leurs besoinspar Consuelo Solar
Kym Chan Chow est une étudiante en commerce et finance à l’université Ryerson. Trois ans plus tard, avec seulement deux trimestres à terminer, elle sent encore la pression d’être une étudiante adulte. « La plupart de mes amis sont déjà des professionnels, et je suis toujours celle qui doit partir plus tôt parce que j’ai des devoirs ou un projet de groupe le lendemain. Je pense donc que mon plus grand défi est lié à mon estime de moi et au fait de voir mes amis avoir un style de vie différent », admet-elle. Chan Chow est reconnaissante, toutefois, de l’aide qu’elle reçoit de ses pairs et de l’université. Elle travaille présentement pour le programme Tri-mentoring qui aide des étudiants d’origine étrangère à faire la transition vers l’université, et elle participe également à des événements sociaux et ateliers pour les étudiants adultes. « Il y a tant de groupes et d’opportunités; le fait de m’impliquer m’a beaucoup aidé, parce que j’ai trouvé beaucoup de soutien », dit-elle. L’un des nombreux ateliers offerts par son université s’intitule « Le stress et l’étudiant adulte », mené par Joanna Holt, une conseillère du Centre for Student Development and Counselling à l’université Ryerson. Celle-ci a démarré l’atelier il y a sept ans, répondant ainsi à la nécessité d’aborder les défis et problématiques propres aux étudiants adultes, qui diffèrent de ceux des étudiants plus jeunes. Mme Holt précise : « beaucoup d’étudiants adultes ont à jongler avec non seulement leurs travaux universitaires, mais aussi leur famille; certains d’entre eux ont des parents vieillissants ainsi que de jeunes enfants. Il y a des individus qui viennent avec une grande expérience de travail et ils doivent transformer cette connaissance la rendre utile dans leur vie universitaire ». Pendant l’atelier, Mme Holt parle du stress comme étant une réaction normale au changement, et elle enseigne des stratégies pour le gérer. « Ils apprennent à négocier entre l’université, la famille, l’amitié et les demandes d’emploi, car ils peuvent facilement se sentir tirés dans toutes les directions. Nous parlons de l’autogestion, et de comment faire participer la famille et leur faire comprendre que l’école, c’est votre nouvel emploi », explique-t-elle. Selon Mme Holt, les étudiants adultes sont souvent vulnérables au décrochage. « Il y a une question d’estime de soi, et de doute qu’ils vont être capable de gérer leurs travaux académiques ». Elle ajoute: « pour eux, nous avons un excellent soutien, comme le Learning Success Centre, qui se concentre sur le renforcement des compétences académiques et qui offre des ateliers et des séminaires en ligne. » Les services spéciaux comme ceux-ci ne sont pas toujours disponibles dans les établissements postsecondaires en Ontario. Edward Fenner, fondateur de l’organisation University Mature Students (YUMSO) a fait sa mission d’obtenir de tels services et d’aider les étudiants adultes à se sentir intégrés. En 2004, M. Fenner est devenu étudiant de premier cycle, après avoir travaillé 20 ans comme travailleur indépendant. Quand il a réalisé que les étudiants adultes ne bénéficiaient pas de services appropriés, il a lancé le YUMSO pour rencontrer d’autres personnes comme lui et a commencé à demander de l’assistance de la part de l’université York. Bientôt, les étudiants de Ryerson et de l’université de Toronto ont suivi l’exemple, et ont créé leurs propres associations d’étudiants adultes. « Certaines personnes font une analogie entre revenir à l’école et avoir un autre enfant ou un emploi à temps partiel, car cela prend beaucoup de temps », fait-il remarquer. Ce fut l’une des raisons pour lesquelles il a contribué au lancement du Atkinson Centre for Mature and Part–time Students (ACMAPS), qui offre maintenant des programmes qui les aident à gérer leur temps et à régler leurs problèmes d’ordre scolaire. “Rien ne va changer si vous ne demandez rien. Nous avons connu du succès dans l’obtention de ces services d’ACMAPS car nous avons utilisé la logique et la pensée critique pour obtenir des résultats. Nous ne recevons pas tout ce que nous voulons quand nous le voulons, mais nous obtenons leur attention », déclare-t-il. Ryan Guest, agent de liaison du Collège George Brown, souligne que les contraintes financières peuvent constituer une autre difficulté pour de nombreux étudiants d’âge mûr, qui ont souvent d’autres obligations monétaires. « Nous les encourageons à tirer profit des prix et des bourses d’études. Les étudiants ont également accès gratuitement à des conseillers, des orienteurs et conseillers pédagogiques, qui fournissent tous un appui pour garantir leur succès. Notre département des affaires étudiantes offre des ateliers tels que « étudier en présence des enfants », la « gestion du temps » et « réussir en tant qu’étudiant adulte », dit-il. Comme Chan Chow, de nombreux étudiants adultes se sont épanouis en retournant à l’école. Celle-ci considère que ce fut pour elle une excellente décision, et elle se sent pleinement intégrée : « après un moment, l’âge n’est plus un problème. Quand vous vous mettez au travail et que vous commencez à faire ce pour quoi vous êtes venu ici, cela ne fait plus aucune différence ». cnm |



