| Un bon biryani épicé inspire le désir de réussir |
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par Teenaz Javat « Si seulement les Tupperware poussaient dans les arbres – alors peut-être aurai-je pu en cueillir quelques-uns à chaque fois que ma fille partait à l’université ». Devoir continuellement refaire sa collection de récipients est peut-être le seul regret que Gulshan Wadiwalla a sur le fait d’avoir laissé sa fille étudier à l’université McGill de Montréal. « J’adore la façon dont maman prépare le biryani à la viande et au poulet rôti. Par conséquent, une visite à la maison signifiait emporter des récipients plein de nourriture dans une glacière pour consommation ultérieure » déclare sa fille, Mehereen, qui travaille maintenant sur son doctorat à l’Hôpital pour les enfants malades (SickKids) de Toronto. Le parcours depuis le lycée Beacon House à Karachi jusqu’au prestigieux hôpital de Toronto pour les enfants malades a été long et difficile pour la famille Wadiwalla, qui est arrivée au Canada en 1997. Installés à Mississauga, leur épreuve semblait double. « C’était dur. Non seulement nous cherchions du travail pour nous-mêmes, mais nous tentions de faire admettre notre enfant unique dans une université canadienne », explique Mme Wadiwalla. « Mais si c’était à recommencer, je le referais sans hésitation, car ce que nous avons offert à notre fille n'a pas de prix – une solide éducation canadienne, une éducation que nous n’aurions pu rêver obtenir au Pakistan. » De nombreux nouveaux arrivants au Canada souhaitent non seulement que leurs enfants réussissent à l’université, mais aussi qu’ils en sortent sans dettes. Quand la fille de Nalibai et Rony Bamboat a été prête pour l’université, ses parents étaient sûrs d’une chose : ils paieraient pour son éducation. « Nous avons réajusté notre budget et notre style de vie. Quand notre fille n’a pas été admise au RAFEO, nous avons vendu notre camionnette familiale pour payer le coût initial de son éducation. Mon mari a opté pour une petite voiture et j’ai commencé à utiliser les transports publics pour me rendre au travail. » Quelques années plus tard, pour aider à financer l’éducation de leur fils, Mme Bamboat a pris un travail la fin de semaine en plus de l’emploi régulier qu’elle occupait, afin de couvrir les dépenses supplémentaires. Comme beaucoup de nouveaux arrivants au Canada, ils sont venus avec des moyens limités. D’après l’enquête longitudinale auprès des immigrants du Canada 2005 de Statistiques Canada, plus de 85 pour cent des réfugiés n’ont pas d’économies à leur arrivée au Canada, alors que 50 pour cent des immigrants dans la catégorie des immigrants économiques qualifiés ont des économies qui dépassent les 15 000 $. Avec leur budget serré, les Bamboats, qui vivent à Brampton en Ontario, auraient préféré que leurs enfants étudient dans la région du Grand Toronto. Mais ça n’a pas été le cas, et les parents ont donc cédé. « Nous sommes venus au Canada alors que nos enfants étaient déjà à l’école intermédiaire. Nous n’avons pas eu l’opportunité de mettre de l’argent de côté dans un REER. La seule option que nous avions était de profiter des financements étudiants des banques et que nous, en tant que parents, remboursions leurs prêts étudiants, étant donné nous ne voulions pas qu’ils terminent leurs études avec une énorme dette. » Les Bamboats (qui viennent du Pakistan) comme les Wadiwallas attribuent beaucoup d’importance au fait que leurs enfants obtiennent une éducation postsecondaire. Par conséquent, leurs enfants sont en train de poursuivre leur doctorat dans leurs domains d’étude respectifs. Le recensement 2006 de Statistiques Canada révèle que les parents jouent un rôle important dans l’éducation supérieure des enfants. Les jeunes qui sentent que leurs parents attendent d’eux qu’ils poursuivent une éducation postsecondaire sont beaucoup plus enclins à le faire que ceux dont les parents n’attendent pas d’eux qu’ils le fassent (67 pour cent comparés à 34 pour cent). De plus en plus de nouveaux arrivants éduqués font du Canada leur chez-eux. Il est plus probable pour 31 pour cent des hommes immigrants d’avoir obtenu un diplôme universitaire, comparativement à 18 pour cent des hommes nés au Canada. De la même façon, 21 pour cent des femmes immigrantes ont un diploma universitaire comparativement à 17 pour cent pour les femmes nées au Canada (Statistiques Canada 2006). Par conséquent, les parents s’attendent à ce que leurs enfants profitent des opportunités auxquelles ils ont accès dans leur pays d’adoption. « Dès le début, nous avons été très clairs avec nos enfants : si vous étudiez et maintenez vos notes, nous paierons pour votre éducation. Mais si vous vous relâchez et faites les idiots, alors vous devrez vous arranger tous seuls », explique Mme Bamboat. Peu de choses semblent avoir changé dans les attitudes des immigrants concernant l’enseignement supérieur. «Il y a 50 ans, quand je suis arrivé en Colombie-Britannique, j’avais un seul objectif: offrir à mes enfants le meilleur que la vie dans ce merveilleux pays avait à leur offrir. Je leur ai donné ce que j’appelle une éducation à un million de dollars. Maintenant, je vois mes enfants faire la même chose avec leurs enfants », explique Framroze Nariman Balsara, un professeur retraité de l’université de York, qui est arrivé au Canada de l’Inde au début des années 60. Ce grand-père de cinq enfants vit dans une maison de retraite à Mississauga et considère qu’à 91 ans, il a accompli la mission de sa vie. Les graines de bonne éducation qu’il a semées chez ses enfants il y a un demi-siècle se transmettent à la prochaine génération. Mme Wadiwalla se souvient affectueusement de sa fille qui ne ramenait jamais ses boîtes Tupperware vides de Montréal, et Mme Bamboat utilise toujours les transports en commun pour se rendre à son travail, mais elles n’ont aucun regret. « Il y a 30 ans, j’ai dit à mes enfants qu’au Canada, ils auraient tout ce dont ils avaient besoin pour réussir. Si vous n’y arrivez pas ici, vous n’y arriverez nulle part, » ajoute M. Balsara avant de se retirer pour sa sieste de l’après-midi. CNM |


