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Relais vers la réussite

Par Claudio Munoz

Obtenir une « expérience canadienne » est probablement l’obstacle le plus difficile à franchir pour un nouvel arrivant. Et pour travailler au Canada, vous avez besoin de cette expérience canadienne. Mais si vous n’avez jamais travaillé dans ce pays, et bien, vous ne l’avez pas. Alors par où commencer ? Cela rappelle cette ancienne question : « qu’est-ce qui est arrivé en premier : l’oeuf ou la poule ? »

Les établissements d’enseignement, les gouvernements fédéral et provincial et diverses organisations ont tenté de répondre à ce problème en offrant une série de programmes conçus spécialement pour les immigrants : les programmes de formation relais.

Les programmes de formation relais aident les nouveaux arrivants hautement qualifi és à obtenir une licence ou un certifi cat dans leur profession ou leur métier, les guident au niveau culturel et professionnel, et surtout, les aident à trouver rapidement un emploi dans leur domaine de spécialisation.

Il y existe différentes sortes de programmes relais à travers l’Ontario, et ils sont principalement divisés en deux catégories : ceux qui aident les immigrants à obtenir les licences canadiennes pour occuper des professions réglementées en Ontario, et ceux propres aux autres professions. « Ils donnent aux immigrants la formation et l’orientation dont ils ont besoin » explique Suzanne Gordon, gestionnaire de la division de l’intégration au marché du travail, au Ontario Ministère des Affaires Civiques et de l'Immigration. « Ils n’ont pas besoin de retourner aux études pour obtenir un diplôme; ils obtiennent ce dont ils ont besoin pour commencer à travailler. Certains de nos programmes durent 6 semaines, d’autres 18 mois. Tout dépend de la profession, des besoins, et du fait que la profession soit réglementée ou non. »

Les programmes relais commencent par une évaluation de vos qualifi cations. Ils vous presentment ensuite un plan (cours techniques et cours de langue à compléter, compétences à développer). Ils offrent aussi des rencontres avec des conseillers, et, dans bien des cas, un service de placement. « Il s’agit de cerner le marché du travail canadien » dit Denyce Diakun, gestionnaire du Algonquin College Access Program (ACAP). « Vous serez formé pour entrer et réussir dans le marché du travail canadien; il ne s’agit pas seulement de passer la porte, mais aussi de conserver un emploi. »

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Pour élaborer ces programmes, les collèges et les universités ont analysé des données relatives aux nouveaux arrivants (qui sont-ils, quelles competences apportent-ils, de quoi ont-ils besoin) et des données sur le marché du travail (y a-t-il des emplois disponibles dans le secteur, les employeurs embauchent-ils, quelles compétences sont demandées). « Le collège est en mesure de les (les nouveaux arrivants) soutenir, et nous sommes fi ers de garantir aux compagnies que ces personnes répondent aux normes du marché du travail canadien. Cela inspire confi ance aux employeurs » explique M. Diakun.

Les programmes relais sont devenus une sorte de « certifi cation d’aptitude à occuper un emploi au Canada » : les diplômés en sortent familiarisés avec les façons de faire canadiennes. Cela explique le succès des programmes relais, qui se situe autour de 80 pour cent. Le programme de génie civil du collège Algonquin a atteint un taux de réussite de 100 pour cent car toutes les personnes qui ont suivi ce programme ont trouvé un emploi.

« En ce qui concerne les programmes d’accréditation pour les professions réglementées, les taux de réussite aux examens sont très élevés » dit M. Gordon. « Certains programmes ont des taux de réussite de 80 pour cent, d’autres atteignent 90 pour cent. Pour ce qui est de l’emploi, le succès est plus grand dans les domaines où la demande est très forte ». Quant aux professions non réglementées, les fl uctuations sont plus fréquentes et dépendent du marché du travail, du domaine professionnel et de la situation économique.

Rien n’est gratuit

Si les programmes relais donnent des resultants extraordinaires, ils peuvent aussi être très diffi ciles. L’admission est compétitive et, dépendamment de votre évaluation, ils peuvent durer plus d’un an. Il s’agit généralement de programmes à temps plein, qui peuvent rendre ardue la gestion du temps si l’on a un travail ou une famille en plus.

Par ailleurs, tous les programmes ne sont pas disponibles partout dans la province et certains ne sont offerts que dans seule institution. « Nous ne disposons pas d’universités dans chaque ville » explique M. Gordon. « Par exemple, nous n’avons qu’un seul programme relais pour les vétérinaires, car nous n’avons qu’une seule université dotée d’un programme de médecine vétérinaire en Ontario. Donc, si vous vivez à Toronto et que vous voulez suivre ce programme, vous devez faire la navette entre Toronto et Guelph, comme tous ceux qui souhaitent travailler dans ce domaine. »

La plupart de ces programmes relais ne sont pas gratuits, et souvent les frais de scolarité et les fournitures coûtent si cher que votre budget en est affecté. Il existe cependant des mécanismes pour financer vos études. Il est possible de bénéficier du Régime d’aide financière aux étudiantes et étudiants de l’Ontario (RAFEO) pour certains programmes relais. Certaines écoles offrent des bourses d’études. Actuellement, le gouvernement de l’Ontario pilote le Programme ontarien d’aide aux personnes inscrites aux programmes de formation relais (POA-FR), qui octroie des bourses de 5 000 dollars pour couvrir les frais d’études (droits de scolarité, livres, matériel) des participants aux programmes de formation non reconnus par le RAFEO. Ce financement est offert jusqu’en mars 2011, date à laquelle il sera réévalué.

Autres options

Les programmes de formation relais ont été conçus pour faciliter l’accès à l’emploi. « L’objectif de ces programmes n’est pas d’obtenir un diplôme » explique Gordon. « Leur objectif est seulement de vous donner ce dont vous avez besoin pour obtenir une licence ou commencer à travailler dans votre domaine. Il ne s’agit pas de vous aider à devenir avocat au Canada alors que vous êtes journaliste. Il est plutôt question de donner aux personnes qui étaient avocats ailleurs dans le monde ce dont ils ont besoin pour devenir avocats en Ontario. Il ne s’agit pas d’une deuxième formation, d’un deuxième diplôme ou d’un diplôme d’études supérieures. »

Ces programmes ont été conçus pour les personnes qui souhaitent rester dans leur domaine, mais qui sont conscients de la réalité du marché du travail. Dans certains cas, les possibilités de reprendre une carrière au Canada sont particulièrement complexes et une éducation avancée, voire un changement de carrier méritent d’être envisagés. Comment savoir si les programmes de formation relais sont la solution pour vous? « Je pense que cela dépend du plan de carrier de chacun» explique M. Diakun. « Il se peut qu’un programme d’études universitaires supérieures soit une meilleure option pour vous si vous avez une profession où on recrute peu ou pas. »

Mais c’est là une autre histoire. Les programmes relais sont conçus pour les immigrants et ils ont été élaborés après une étude du marché du travail canadien et une évaluation des compétences des nouveaux arrivants. Ils sont rapides (la moyenne est d’un an) et axés sur l’emploi. Souvent, ils permettent de transformer un emploi sans avenir en une nouvelle carrière au Canada.

cnm

 

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