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CTIC fait preuve d’initiative dans le secteur des nouvelles technologies

par Alessandra Cayley

Mauricio Pereira de Oliveira est brésilien. Daniel Sun est chinois. Peut-être sont-ils très différents sur le plan culturel, mais pour ce qui est de l’emploi au Canada, ils ont bien des points en commun.

Tous deux ont immigré au Canada en plein milieu de la dernière récession. Tous deux sont des professionnels des TI (technologies de l’information) et ont une famille à charge. Il n’est donc pas étonnant qu’ils aient eu besoin de trouver un emploi aussi vite que possible.

Les agences d’emploi les ont aidés à traduire leur CV – détaillant pour chacun des expériences de plus de 10 ans – afin de satisfaire les standards canadiens. Mais après des mois de recherches, tous deux avaient beaucoup de difficulté à trouver un emploi à la hauteur de leur expertise.

Est-ce la faute de la récession ? Pas dans ce cas. Les prévisions montrent que le secteur des technologies de l’information et de la communication (TIC) au Canada aura besoin de 126 400 à 178 800 employés entre 2008 et 2015, soit une moyenne de 15 795 à 22 345 nouveaux emplois par an.

Ce secteur, qui consiste en près de 31 500 entreprises à travers le pays (82 pour cent étant des petites entreprises de moins de 10 employés) était considéré comme un « catalyseur important de la croissance nationale » selon le gouvernement en 2008, alors qu’il avait permis au produit intérieur brut d’augmenter de 2,7 pour cent.

Le principal problème de Mauricio et Daniel est l’éternelle question du manque « d’intelligence culturelle » ou encore d’absence d’expérience professionnelle canadienne, un élément qui empêche les nouveaux arrivants d’intégrer le marché du travail et qui a un effet de ricochet dans certains secteurs de l’économie comme celui des TIC.

Ce secteur souffre de deux manques distincts : le manque de main d’oeuvre et le manque de compétences (manque de travailleurs avec des qualifications spécifiques qui varient d’une compagnie à l’autre et d’une région à l’autre, notamment : les compétences techniques relatives au système de base, l’expérience avec des applications spécifiques ou des procédés opérationnels, et même des compétences en communications).

Les gens de l’organisme sans but lucratif du CTIC (Conseil des technologies de l’information et des communications) en sont conscients et ont mis en place les mesures nécessaires pour rehausser la qualité de la main d’oeuvre dans l’industrie des TIC.

« Notre mission est de garantir que le Canada possède les talents et les compétences pour être compétitif au niveau mondial. Le Canada a toujours été un chef de file dans le secteur des TI … et nous voulons continuer à mener et à innover. Pour ce faire, nous avons besoin de gens pour développer des programmes, des produits et des services » affirme Norman McDevitt, vice-président du CTIC.

Fondé par les associations professionnelles et de l’industrie et financé par le Programme des conseils sectoriels (PCS) du gouvernement du Canada, le CTIC « joue un rôle de catalyseur pour le changement. »

« Au fil des années, le CTIC a mis au point des stratégies pour étudier le marché du travail et en déterminer les besoins » explique M. McDevitt.

Les études du CTIC ont conclu que la combinaison de la baisse des inscriptions et des diplômes en technologies de l’information et de la communication, la rareté des professionnels formés à l’étranger (PFE) qui viennent au Canada, et la difficulté grandissante d’employer des travailleurs sans niveau postsecondaire sont les principaux facteurs responsables de la pénurie. Pour le Conseil, « un tournant stratégique dans la planification des ressources humaines est nécessaire pour garantir une offre suffisante d’employés qui présentent les compétences requises par les employeurs. »

L’organisation investit dans des outils pour aider les professionnels en TIC de tous niveaux à atteindre le niveau de compétences requis par cette industrie en constante évolution. Grâce à des partenariats avec l’industrie, les établissements d’enseignement et le gouvernement, le CTIC élabore des formations, des ateliers et une vaste gamme de supports de formation disponible en ligne au www.ictc-ctic.ca.

L’outil d’auto-évaluation en est un exemple. Il permet aux professionnels d’évaluer leurs compétences et connaissances en TI par rapport aux exigences de l’industrie.

Mais qu’en est-il des personnes comme Mauricio et Daniel ? Le CTIC comprend que les professionnels formés à l’étranger sont indispensables à la main d’oeuvre canadienne, puisqu’ils représentent 14 pour cent des travailleurs en TIC au pays. En Ontario, où se trouvent 47 pour cent des emplois en TIC au pays, 19 pour cent des employés de ce domaine sont de PFE. D’ici 2015, on estime qu’ils représenteront au moins 30 pour cent du bassin de professionnels des TIC.

Le CTIC a créé un éventail de programmes, de ressources et d’outils, appelé Initiative en matière d’immigration, visant à réduire le fossé entre les immigrants hautement spécialisés et l’industrie. L’outil d’auto-évaluation récemment élaboré en fait partie; il permet de répondre en ligne à un questionnaire bilingue qui a été conçu spécifiquement pour les employés internationaux des TI afin de mieux leur expliquer et de mieux les préparer aux offres d’emploi du marché du travail canadien.

La Stratégie intégrée d’expérience de travail (SIET) est une autre initiative. Financée par le Programme de reconnaissance des titres de compétences étrangers du gouvernement du Canada en partenariat avec S.U.C.C.E.S.S, la SIET est basée sur « la formation et l’expérience propres à la culture du milieu de travail, la communication professionnelle, le réseautage organisationnel et l’établissement de liens avec la collectivité. »

Créé par les membres de l’industrie, le programme de transition vers le marché du travail a été mis à l’essai à Vancouver, entre mars et décembre 2009, en deux sessions. Les 29 candidats sélectionnés ont participé à une formation intensive de six semaines en classe, à des ateliers et ils ont suivi un stage de minimum trois mois.

Mauricio et Daniel faisaient partie du groupe sélectionné. Après avoir achevé cette formation, tous deux se disent satisfaits car ils ont pu obtenir des postes qui correspondent à leurs compétences. Le stage de Mauricio chez Atimi Software s’est transformé en contrat dans la division de soutien aux projets.

« Mauricio gère déjà son propre petit projet, et généralement les personnes qui sont aussi nouvelles dans cette entreprise n’ont pas cette chance » explique Scott Michaels, vice-président des services client chez Atimi Software et membre du comité consultatif de la SIET.

Le stage de Daniel s’est déroulé chez Aquatic Informatics. Il a obtenu un contrat en tant qu’ingénieur en recherche à la fin de sa formation.

« Pour les organisateurs, le succès du programme ne serait confirmé que si chaque participant obtenait un emploi à la fin du programme » déclare Boudewijn Neijens, vice-président, marketing et promotion du commerce extérieur, Aquatic Informatics et membre du comité consultatif de la SIET.

Pour les 29 participants, 26 ont trouvé un emploi, soit un taux de réussite remarquable de 90 pour cent !

Si seulement tous les secteurs avaient un CTIC pour les aider…

cnm

 

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