Banner
Accueil Array Numéro 31 Array CBC, chaîne de langue anglaise de Radio-Canada:
CBC, chaîne de langue anglaise de Radio-Canada:

Mon monde est à Radio-Canada

par Consuelo Solar

Avec un mandat sur la diversité plus proactif, la Corporation Canadienne de la radiodiffusion (CBC) continue d’offrir des émissions télévisées qui reflètent le nouveau visage du Canada et qui permettent aux Canadiens de se reconnaître sur le petit écran.

Lorsque la série La Petite Mosquée dans la Prairie de la CBC a commencé en janvier2007, elle a suscité un intérêt médiatique sans précédent. Toutefois, elle a prêté à la controverse car, en mettant l’accent sur les relations entre des musulmans et des non-musulmans dans une petite ville du Canada, elle opposait des points de vue musulmans conservateurs et libéraux. Cette série a également traité des tensions qui ont suivi le 11 septembre avec beaucoup d’humour. Pour de nombreux critiques et téléspectateurs, cette série qui raconte l’histoire d’un jeune Imam qui déménage de Toronto en Saskatchewan pour diriger une mosquée valait la peine d’être regardée ne serait-ce que pour son caractère radicalement différent des autres comédies. La première a attiré plus de 2 millions de téléspectateurs, ce qui est exceptionnel pour une émission canadienne. Bien que son audience ait baissé après quatre saisons pour atteindre des chiffres plus ordinaires, la série est toujours diffusée en heure de grande écoute sur CBC, ce qui prouve que même si les téléspectateurs ont regardé le premier épisode par curiosité, un bon nombre d’entre eux suivent la série avec intérêt.

Zarqa Nawaz, créatrice, scénariste et réalisatrice de la série, affirme que « l’humour est l’un des meilleurs moyens de faire tomber les barrières entre deux cultures et d’encourager le dialogue et la compréhension mutuelle. » Et pour CBC, cette série est l’exemple parfait de la manière dont la télévision peut remettre en question les idées préconçues des téléspectateurs et créer un sentiment d’appartenance à une nation. En effet, « refléter la culture canadienne sous ses différents visages » est au coeur du mandat de CBC/Radio-Canada.

Dans les années 30, le gouvernement du Canada a fondé un service national de radiodiffusion afin de contrer l’invasion de la radiodiffusion américaine au Canada et de préserver l’identité culturelle du pays. La Corporation canadienne de la radiodiffusion a donc été créée en 1936, et, après un an seulement, la couverture nationale atteignait 76 pour cent de la population, et comprenait une diffusion en langue française. En septembre 1952, CBC/Radio-Canada lançait ses premières émissions télévisées à partir de Montréal et de Toronto. 25 ans plus tard, on établissait une règle obligeant les télédiffuseurs publics et privés au Canada à inclure « un minimum de 60 pour cent » de contenu canadien dans leur programmation – un autre moyen de protéger l’industrie télévisée et de préserver la culture nationale.

Dans les années 90, dans un document intitulé Mission, valeurs, principes et objectifs, la Société publiait sa vision pour l’avenir. Depuis, CBC/Radio-Canada est gérée sous Loi sur la radiodiffusion de 1991 qui stipule que la programmation du diffuseur national doit entre autres « être principalement et typiquement canadienne et refléter le caractère multiculturel et multiracial du Canada. »

Toutefois, ce n’est que récemment que le comité de la SRC chargé de la diversité s’est agrandi pour pouvoir remplir un nouveau mandat plus proactif et direct, où la diversité est définie clairement comme inclusion. Comme l’explique Christine Wilson, directrice de la programmation du réseau CBC et membre de ce comité, « CBC voit la diversité en termes d’inclusion. La diversité souligne la différence alors que l’inclusion renvoie au Canada l’image de sa propre richesse. Dès que vous dites aux gens ‘je veux que cette émission illustre la diversité’, ils pensent immédiatement à trouver des gens qui sont différents. En revanche, si je leur demande de faire en sorte que les émissions soient inclusives, alors ils cherchent à représenter le Canada tel qu’il est. C’est comme ça que l’on sert mieux notre public, et non en cochant une simple case.»

Mon monde est à Radio-Canada est le slogan actuel de ce diffuseur public. Il renvoie à la construction d’une nation et nourrit l’idéal de CBC de refléter la diversité dans toute sa programmation. Car c’est non seulement une obligation pour le diffuseur ; c’est aussi une stratégie commerciale. Mme Wilson déclare : « nous avons mené des études qui nous montrent que les audiences multiculturelles veulent se voir à la télévision, donc nous pensons que cela présente un avantage compétitif énorme d’un point de vue économique, mais qu’il est aussi nécessaire pour CBC d’avoir une stratégie de programmation inclusive.» Elle ajoute : « Si on prenait un groupe démographique, par exemple les femmes de 35 à 50 ans, et qu’on décidait de ne jamais montrer une femme de cette tranche d’âge à la télévision, pourrait-on s’attendre à ce que les femmes de 35 à 50 ans regardent cette chaîne ? C’est la même chose avec la programmation multiculturelle. »

Comme CBC/Radio-Canada pense que les émissions inclusives attireront plus de Canadiens, cela devient un critère important lors de la sélection de nouveau contenu. Toutes les productions indépendantes sont tenues de soumettre un « plan de diversité», une procédure qui garantit que le potentiel multiculturel sera contrôlé et intégré tout au long du développement des émissions et dans la phase de production pilote. Mme Wilson explique qu’ « à travers le monde entier, les gens parlent de programmation multiculturelle, cependant ils ne disposent d’aucun moyen de la mesurer. Si une série comme Dr Grey, leçons d’anatomie, par exemple, a deux personnages sur dix qui illustrent la diversité, est-ce que cela en fait une émission multiculturelle ? Je ne sais pas. Ce que nous essayons de faire est de mettre en place des moyens pour savoir exactement et précisément ce qui est représentatif de la diversité aux yeux du public et ce qui ne l’est pas. À partir de là, nous pourrons mieux cibler les émissions et déterminer ce qu’il faut faire pour être plus représentatif de la diversité. »

Mme Wilson indique que l’importance de cette stratégie varie selon le type d’émission. « Dans une émission comme Battle of the Blades, consacrée à des joueurs de hockey et des patineurs artistiques – deux domaines qui ne sont pas très multiculturels - la stratégie sur la diversité ne serait pas très importante en raison de la nature du contenu. En revanche, pour ce qui est d’autres émissions comme les séries dramatiques ou les émissions de variétés, cela prendrait plus d’importance, car il n’y a aucune raison pour ne pas représenter la diversité dans ces émissions. »

Cela s’applique aussi aux équipes derrière les caméras. Une véritable stratégie sur la diversité implique que les personnes qui créent et produisent une émission (réalisateur, directeur, scénariste) représentent la diversité ; c’est, pour CBC, le meilleur moyen de s’assurer de produire des émissions représentatives de notre société. Pour cette même raison, le diffuseur s’engage à attirer du personnel multiculturel, garantissant ainsi que le processus de recrutement est aussi inclusif que la programmation. Chaque dirigeant est responsable de recruter des professionnels qui sont à l’image de la société canadienne et de satisfaire les objectifs de recrutement annuels pour améliorer la représentation des groupes ethniques.

La petite mosquée est peut-être un symbole de la diversité, mais ce n’est pas une exception. King of Kensington, une comédie diffusée pendant 5 ans dans les années 70, racontait l’histoire d’un propriétaire de dépanneur dans le quartier du marché Kensington à Toronto, réputé pour venir en aide à ses amis aux origines diverses. The Beachcombers a été la série la plus longue jamais réalisée pour la télévision canadienne (1972-1990) ; elle décrivait la vie d’un récupérateur de grumes canado-grec en Colombie-Britannique, et la majorité des épisodes tournait autour de son patrimoine grec. The Newcomers est une série d’émissions spéciales diffusée de 1977 à 1980 qui s’est penchée sur la question du Canada en tant que nation construite par les immigrants. Ce sont quelques exemples qui illustrent la manière dont CBC/Radio-Canada a oeuvré pour prouver à la nation qu’elle a toujours un rôle à jouer en «montrant aux Canadiens ce qu’est le Canada. »

cnm

 

© 2012 Canadian Newcomer Magazine
About Us | Contact Us | Privacy Policy

Designed and developed by Clue Design, Toronto web design company.