| Michael Chan : « Tout le monde devrait s’attendre à faire face à des défis ! » |
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Le ministre des Affaires civiques et de l’Immigration de l’Ontario, Michael Chan, vient de célébrer sa 40ème année de vie au Canada. En septembre 1969 il s’envolait pour Seattle – la première ville où il atterrissait après avoir quitté Hong Kong – pour finalement arriver à Vancouver. Le billet d’avion, à cette époque, était de 60 dollars pour un aller simple. Ses premiers souvenirs du Canada ne sont pas du tout réjouissants. Son unique contact était Mr. Lam, un des témoins de mariage de son père. Ils ne se connaissaient pas, donc le seul moyen de le trouver était de montrer une vieille photo aux personnes qu’il rencontrait. Mr. Lam était un agent immobilier prospère, propriétaire de l’agence immobilière Panda, une compagnie très prolifique au coeur de Chinatown à Vancouver. « Je suis entré dans le magasin pour demander à le rencontrer, et l’homme qui était là ne m’a pas pris au sérieux. Je ne pouvais pas bien m’exprimer et il ne me comprenait pas. Il n’a pas eu l’amabilité de dire “oh, tu es un jeune homme de Hong Kong, allons voir ton oncle.” Il a juste… (Chan fait le geste de chasser une personne). Voilà ma première expérience au Canada. » Il a fini par trouver Mr. Lam et a passé la nuit chez lui. Mais ceci n’est que le prologue, une introduction au récit. Le jour suivant, Mr. Lam l’a amené à l’aéroport pour prendre un autre avion, cette fois-ci pour Toronto, sa destination finale. À l’arrivée, l’école attendait Michael Chan. Il trouva un appartement dans un immeuble de trois étages derrière la gare d’autobus sur Dundas Street. « Cette même nuit j’ai pris mon dîner, » se rappelle t-il. « J’ai mangé un bout de melon amer – mais je n’ai pas pu l’avaler, c’était bien trop amer. » Voilà donc sa situation : Michael Chan, 18 ans, seul dans une ville étrange, sans connaissance de la langue, et pour finir, mangeant le légume le plus détestable pour dîner. Un point de non retour « En ce temps, les gens n’aimaient pas les nouveaux arrivants comme aujourd’hui, » raconte Chan. « Il y a 40 ans, la société était différente. Les personnes qui étaient arrivées avant moi n’avaient pas beaucoup de possibilités de rencontrer des personnes d’un autre pays, avec des origines de Hong Kong, de Chine ou d’Inde. » L’aide n’était pas chose courante non plus. « Vous deviez vous débrouillez vous-même, » se rappelle-t-il. « Mais ce qui est important pour nous, les nouveaux arrivants, c’est que nous sommes capables de nous adapter, et assez rapidement. Nous pouvons survivre malgré le fait que ce soit difficile parce que nous avons de la détermination. C’est aussi un point de non-retour, admettons-le. » C’est la raison pour laquelle il est déconcerté quand certains nouveaux arrivants se plaignent des changements qu’implique une nouvelle vie au Canada. « Il est normal d’être confronté à des défis, » dit il. « Soudainement vous venez ici, à des milliers de kilomètres et vous me dites à moi que pour quelque raison vous ne vous attendiez pas là des épreuves ? Évidemment qu’il y en a, tout le monde devrait s’attendre à faire face à des défis ! » Un fois ses études terminées, Michael Chan a travaillé pendant 17 ans avant de lancer sa propre compagnie en 1995, une agence de courtage d’assurance. Il avait 30 employés et des centaines de courtiers, avec des origines très diverses - Polonais, Coréens, Chinois, Sud-Américains, etc. Il a aussi été membre de plusieurs associations, comme le Markham Board of Trade – il y est resté jusqu’en 2006 quand il a décidé d’être candidat pour un siège à Queen’s Park. Il a été élu à l’Assemblée législative de l’Ontario en 2007, où il est rapidement devenu le ministre du revenu de l’Ontario. Il a occupé cette position jusqu'à sa réélection au cours de la même année (avec près de 60 pour cent des votes), avant de devenir le ministre des Affaires civiques et de l’Immigration. Le ministre de la dégustation À Hong Kong, M. Chan avait pour habitude de jouer au soccer pendant des heures après l’école. Il jouait aussi un peu aux échecs chinois, une activité qu’il a abandonnée, de même que le soccer. L’exercice se réduit à des marches avec ses collègues de travail, ou pour rejoindre sa voiture qu’il gare le plus loin possible juste pour marcher un peu plus tous les jours. « Quand la Chambre est en séance, je me lève vers 6h15 et quitte la maison à 7 heures. » Il ne prend pas de petit-déjeuner, seulement un café dans sa tasse de voyage au Tim Horton’s. « Je descends à Queen’s Park, j’assiste à quelques réunions préparatoires dans la matinée, je jette un oeil aux actualités, et vers 10h – 10h30 je me rends à la Chambre pour la séance de discussion. » Après cela ont lieu des réunions avec les membres de son équipe pour travailler sur certaines questions, s’entretenir avec des gens, ou traiter des problèmes gouvernementaux en général. Entre temps, il essaye de trouver un peu de temps pour passer une heure avec sa famille. Tous les soirs, Michael Chan assiste à des évènements communautaires jusqu'à 21h30 – 22h. « Je peux assister à deux ou trois dîners, je ne reste à aucun. Ce qui me vaut le surnom de ministre de la dégustation, » dit il en riant. « Mon vrai repas se situe aux environs de 22h30, parce que je n’ai pas le temps de manger…je rends seulement visite. » Les vendredis sont réservés à sa circonscription. Il y passe toute la journée et écoute les problèmes des gens, une activité difficile et épuisante mentalement. En général, les activités du ministre s’étendent aux fins de semaine aussi, mais elles sont moins intensives. Le ministre Chan croit vivement en ce que fait le Canada pour les nouveaux arrivants. « Je mets à l’épreuve tout nouvel arrivant de comparer ce que l’Ontario ou le Canada offrent avec ce qu’offrent les autres pays. Il est vrai qu’il existe des personnes qui ne sont pas ravies de ce qu’elles font actuellement, pas à 100 pour cent heureuses. Mais je vous garantis que nous faisons de notre mieux pour les satisfaire. Nous y mettons beaucoup ole moyens. » Prendre la passerelle afin de combler le vide
De nombreux programmes sont disponibles en Ontario pour aider les nouveaux arrivants à s’établir plus rapidement. Des formations linguistiques, des nouveaux services d’établissement et des programmes d’évaluation des qualifications. Mais ceux que Michael Chan affectionne vraiment sont les programmes de formation relais. « Ils plongent les gens dans le marché du travail, » explique t-il. « Après avoir suivi un programme relais pendant trois mois, six mois ou un an, les diplômés ont tous le sourire. Beaucoup d’entre eux viennent me voir et me disent “J’aime ce programme.” “Pourquoi l’aimez vous ?” leur demandais-je. “Parce que j’ai un emploi,” me répondent-ils tous. » Pour illustrer son avis il raconte l’histoire du programme en pharmacie de l’Université de Toronto, financé par le gouvernement de l’Ontario depuis deux ans. « 80 pour cent des candidats ont réussi leur examen et obtenu leur licence après avoir suivi le programme. Et les compagnies pharmaceutiques sont venues pendant le programme pour les recruter avant même qu’ils ne soient diplômés, » explique-t-il, enthousiaste. « J’aime les programmes de formation relais parce qu’elles mènent les participants à un emploi, le bon métier L’emploi qu’ils souhaitent. C’est important. » Le ministre Chan croit que quand les gens obtiennent l’emploi qu’ils désirent, ils sont bien plus heureux. Et cela permet vraiment d’aider les nouveaux arrivants à s’établir. Devenir Canadien devient ensuite tout naturel. Il ne se rappelle plus exactement quand il a cessé de se sentir comme un immigrant. Quand on le lui demande, il a dit : « Bien entendu, je ne peux pas vous dire le jour, et l’heure auxquels j’ai commencé à me sentir Canadien. Mais pour répondre à votre question avec un peu plus de précision, c’est quand j’ai commencé à travailler. Mon emploi, la vente d’assurances, nécessitait de traiter avec différents types de personnes. Et pour faire cela vous avez besoin de les comprendre. » « Je suis déjà capable de fréquenter tout le monde, de comprendre leur culture et de la respecter. Vous n’avez pas besoin d’être ministre pour être avec eux. Permettez-leur de vous voir comme l’un d’entre eux. Et quand vous êtes en mesure de le faire, ils commencent à vous comprendre, ils se rendent compte que vous êtes l’un d’eux et alors ils se livrent plus. Ils ont confiance en vous, ce qui vous permet d’en apprendre bien plus. » C’est probablement une assez belle réponse pour tous ceux qui continuent à demander ce que signifie le fait d’être Canadien. cnm |




« Ici, au Canada, nous essayons de comprendre (les nouveaux arrivants), nous tentons de les aider. Et nous le faisons avec beaucoup d’engagement. Nous avons dépensé cette année entre 400 – 550 millions de dollars. Peu de pays déboursent autant pour aider les nouveaux arrivants. »