| Bienvenue dans la jungle |
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par Sandra Fletcher Traverser les couloirs de leur nouvelle école était, pour Alice et Karishma, bien plus difficile que ce qu’elles auraient pensé. Bien qu’elles soient amies, elles viennent de cultures, de religions, de milieux très différents, et de régions très éloignées du monde. Elles s’habillaient différemment l’une de l’autre et de tous les autres. Karishma compare son premier jour à celui d’un « saumon nageant à contre courant ». Chaque cours était un défi – où s’asseoir, avec qui s’asseoir... Le déjeuner était lui aussi difficile, les élèves les plus anciens ayant tous une place bien attitrée. Karishma et Alice restaient, chaque jour, toutes les deux ensemble et se soutenaient. Dans les tranchées Quand vous débutez dans une nouvelle école, il est souvent difficile de se faire des amis. Pour plus de vingt-cinq mille jeunes nouveaux arrivants au Canada qui commencent l’école secondaire à Toronto chaque année, cela peut être un double problème : ils ne connaissent pas les règles et ne savent pas comment « jouer le jeu ». Les cliques, dans les écoles secondaires, sont des groupes d’amis, mais tous les groupes d’amis ne sont pas nécessairement des cliques. La façon dont les gens font d’un groupe une clique est de refuser à des enfants d’y accéder ou d’y exclure volontairement certains membres. Il n’est pas inhabituel de voir un ou deux enfants populaires essayer de sélectionner qui peut se joindre à leur clique et qui doit la quitter. Tout le monde s’est déjà senti exclu par ses amis à un moment ou à un autre – les enfants, les adolescents et même les adultes. Mais parfois, les enfants appartenant à une clique sont odieux envers des enfants qu’ils pensent différents ou qui ne font pas partie de leur groupe. Par exemple, Alice, qui, a terminé sa 8ᵉ année première et a gagné de nombreuses récompenses scolaires, a émigré de Russie deux ans plus tôt pendant lesquels elle a rapidement bien appris l’anglais. Elle a toujours fait partie de la clique la plus populaire en 8ᵉ année et puis, soudainement, ce n’était plus le cas. « Certains de mes amis étaient populaires (dans l’ancienne école) et ils étaient comme moi – personne ne l’est ici. Quelques-uns ont rejoint des cliques populaires et, maintenant, ils ne nous adressent plus la parole. C’est vraiment étrange la façon dont cela s’est passé, » dit Alice. Les garçons autant que les filles ont des cliques et les professionnels qui étudient le phénomène prétendent que celles des filles peuvent être les pires ! Les cliques des filles sont souvent bien plus méchantes et plus blessantes dans la manière dont elles traitent celles qui ne font pas partie de leur groupe. La cyberintimidation (le harcèlement sur Internet) et l’intimidation sont de vraies préoccupations pour les éducateurs. Quelle est la différence entre une clique et un gang de rue ? La province de l’Ontario définit un gang de rue comme « un regroupement plus ou moins structuré d’adolescents ou de jeunes adultes qui privilégie la force de l’intimidation du groupe et la violence pour accomplir des actes criminels, dans le but d’obtenir pouvoir et reconnaissance et/ou de contrôler des sphères d’activités lucratives. » Il existe de nombreux intervenants au sein des écoles secondaires pour assurer que les jeunes, quand ils cherchent un lieu d’appartenance, ne décident pas de rejoindre un gang de rue. Si vous avez des soucis ou des inquiétudes concernant votre enfant, si vous remarquez des changements de comportement ou d’attitude, contactez le conseiller d’orientation ou le directeur de l’école pour obtenir de l’assistance. Les administrateurs d’école sont des professionnels et sont là pour aider. Si vous êtes une jeune personne qui est tentée de se joindre à un gang de rue, parlez-en avec vos parents ou appelez Jeunesse, j’écoute au 1-800-668-6868, 24 heures sur 24. Sous la pression Les jeunes à l’école secondaire sont soumis à BEAUCOUP de pressions qui proviennent de diverses directions. Un professeur titulaire du Toronto District School Board (TDSB) affirme qu’un des problèmes majeurs que rencontrent les jeunes nouveaux arrivants est la langue, car ils doivent réussir le test de littératie d’Ontario de 10ᵉ année pour recevoir un diplôme d’études secondaires. La plupart recevront une formation continue d’ALS (anglais langue seconde) durant leurs études secondaires (si le conseil scolaire a les fonds et les ressources disponibles). De plus, il explique que les jeunes nouveaux arrivants sont souvent en retard sur le programme scolaire, selon le pays d’où ils viennent. Certains étudiants qui sont réfugiés ont des lacunes importantes dans leur éducation selon leur situation individuelle, ce qui peut entraîner des retards. Un objectif élevé La pression exercée sur ces étudiants pour qu’ils réussissent vient de différentes directions. Leurs professeurs enseignent clairement les objectifs pour atteindre certains résultats. Leurs parents ont des attentes de réussite pour leurs enfants dans leur pays d’adoption. Leurs pairs exercent des pressions sociales et académiques et chaque individu a ses propres attentes pour sa réussite. Dans certains cas, comme le montre les résultats du TDSB en 2009, la détermination à réussir est sans ambiguïté. Les résultats du TDSB 2009 en sont la preuve. Parmi les diplômés de l’école secondaire du mois de juin, les trois meilleurs étudiants provenaient de familles immigrantes. Leurs familles, d’après eux, ont joué un rôle déterminant dans leur façon d’étudier, dans leurs activités sociales et leurs intérêts. Leur haut niveau de réussite les a tous conduits à l’université. Cependant, les jeunes immigrants font aussi face à un taux d’abandon plus élevé que les autres étudiants. Selon le TDSB, le taux d’abandon des étudiants nés à l’étranger est bien plus élevé que celui des jeunes nés au Canada. Il ne faut pas broyer du noir pour autant. Depuis 2006, le TDSB concentre ses énergies et ses programmes sur des plans pour « rester à l’école » pour l’ensemble des étudiants en incluant une intervention précoce pour les étudiants ayant des difficultés d’apprentissage, des handicaps ou des problèmes sociaux. D’après les observateurs, les plans mis en vigueur sont un succès pour tous les étudiants. Parlez-en à fond A tout moment, vous faites face à des changements dans votre vie, vous faites des choix. La vie est pour nous tous, une série de choix ; nous choisissons nos amis, nos cours, notre réussite, même nos mauvais choix. Les jeunes gens agissent avec plus d’intégrité que les adultes mais pas nécessairement avec la même sagesse. C’est le choix courageux et intelligent de demander conseil quand on en a besoin et d’agir indépendamment quand il le faut qui aidera les jeunes à parcourir la jungle qu’est l’école secondaire. cnm |



