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L’importance de parler anglais PDF Print E-mail

par Adrienne Robertson

Bien que la plupart des nouveaux arrivants pourraient probablement établir une liste d’une centaine de choses qui leur fait peur ou les inquiète en quittant leur pays natal et en s’établissant dans un nouvel endroit non familier, toutes ces inquiétudes – trouver un emploi, choisir un docteur, se faire des amis – sont influencées par leur aptitude à communiquer dans nos communautés.

Il est vrai que beaucoup de gens s’installent dans des endroits facilitant leur communication, en étant proches de familles ou d’autres immigrants qui viennent du même endroit dans le monde. Cependant, vient un moment où tout nouvel arrivant a besoin de sortir de sa zone de confort. Apprendre et parler l’anglais est un pas important dans le processus d’établissement car cela aide les nouveaux arrivants à obtenir de meilleurs emplois, à s’impliquer dans leurs communautés, à participer à des évènements, à voter avec confiance et à s’exprimer.

Selon Statistiques Canada, le recensement de 2006 a montré que 98 pour cent de la population pouvait parler une ou même, les deux langues officielles. En outre l’anglais ou le français est parlé au moins régulièrement à la maison par 94 pour cent des Canadiens. L’anglais ou le français est parlé plus souvent à la maison par 89 pour cent de la population, parfois en combinaison avec une langue non officielle.

D’un autre côté, seulement 80 pour cent de la population rapporte que l’anglais ou le français sont leur langue maternelle (respectivement 58 pour cent et 22 pour cent). Les 20 pour cent restant ont une langue maternelle autre que l’anglais et le français (ce qui inclue des langues aborigènes).

Une lacune en anglais peut rendre difficile le fait de devenir un membre actif et heureux de la société canadienne. Bien qu’il y ait beaucoup de petits groupes restreints dans des villes telles que Toronto, Montréal ou Vancouver, et que beaucoup de nouveaux arrivants s’épanouissent dans leurs propres communautés, ces personnes n’auront peut-être pas les mêmes opportunités que les autres Canadiens.

Selon Ibrahim Absiye, Directeur exécutif de Culture Link, une agence d’établissement pour les nouveaux arrivants installée à Toronto, la communication « ouvre la porte de l’emploi, de l’intégration et de l’éducation ».

A Toronto, parler l’anglais peut être un premier pas pour une communication claire et efficace. Ibrahim identifie « 5 C’s » pour les nouveaux arrivants ; ce sont les cinq principaux défis, tous commençant par la lettre C (en anglais).

  1. Couleur : barrières qui ont trait à la race et à l’apparence ;
  2. Confusion culturelle : les nouveaux arrivants peuvent avoir des attentes précises de Toronto et finalement expérimenter quelque chose de totalement différent ;
  3. Climat : il est souvent choquant pour les nouveaux arrivants de voir que, parfois, l’on peut passer sept mois par à l’intérieur, à Toronto ;
  4. Computers (ordinateurs) : beaucoup de nouveaux immigrants ne sont pas aussi expérimentés en technologie que nous l’espérions et cela peut les empêcher d’avoir accès à certaines informations ;
  5. Communication : ne pas être capable de parler avec les gens qui nous entourent peut mener à de la frustration, de l’isolement et des opportunités manquées.

Mr. Absiye dit de la communication que c’est un pas essentiel pour l’établissement et considère les barrières langagières comme étant un des plus gros problèmes que les nouveaux arrivants auront en s’installant à Toronto.

Selon une étude de Statistiques Canada datant de 2005, un nouvel arrivant sur quatre trouve qu’apprendre l’anglais ou le français est une des plus grandes difficultés dans le processus d’établissement. Ils la classent deuxième juste après celle de trouver un emploi adéquat, ce qui peut être également freiné par les habilités à parler anglais.

Statistique Canada montre dans des analyses de données du recensement sur l’immigration et la citoyenneté de 2006 que 70 pour cent des gens nés à l’étranger ne parlent pas anglais ou français comme première langue. Ce groupe est formé en majorité d’immigrants qui sont arrivés au Canada entre 2001 et 2006 (près de 1 110 000 nouveaux arrivants).

Ticket pour l’emploi
Le taux d’employabilité des immigrants augmente avec leur capacité à parler l’anglais. Les nouveaux arrivants possédant un meilleur niveau d’anglais sont également plus susceptibles de trouver un emploi dans leur champ de prédilection.

C’est la raison pour laquelle il peut être si bénéfique de suivre des cours d’Anglais langue seconde (ALS), de se joindre à un cercle de discussion ou de chercher de l’aide concernant l’anglais auprès d’une agence d’établissement, surtout quand ces services sont à la fois excellents et gratuits.

Les compétences que les nouveaux arrivants développent dans ces cours vont également leur permettre de rendre leur vie de tous les jours plus facile, comme quand il faut communiquer avec un docteur.

Bien que le gouvernement canadien garantit beaucoup de liberté à tout le monde – comme le droit à un procès juste et une égale accessibilité au système de santé – il n’est pas toujours possible de trouver un interprète, surtout à la dernière minute. C’est la raison pour laquelle les nouveaux arrivants peuvent se doter d’armes importantes en apprenant l’anglais.

« Il y a des praticiens qui essaient d’accommoder leurs patients du mieux qu’ils peuvent, mais ces cas sont plus l’exception que la règle », selon Dr. Marco A. Fiola, professeure associée aux études supérieures à l’Université de Ryerson.

Dans ces cas-ci, l’importance d’être indépendant est évidente. C’est une bénédiction de ne pas avoir à rechercher un interprète chaque fois qu’on doit acheter de nouveaux vêtements ou effectuer des transactions à la banque.

Beaucoup de nouveaux arrivants font un effort pour apprendre l’anglais peu après être arrivés au Canada.  Selon le recensement de 2006, six mois après être au Canada 58 pour cent des immigrants ont dit être capables de parler anglais bien ou très bien. Après avoir vécu ici plus de quatre ans, 69 pour cent ont dit qu’ils pouvaient parler anglais bien ou très bien. Cela peut être dû au fait que 45 pour cent des nouveaux arrivants ont suivi des formations en anglais.

Cela ne veut pas dire que ces nouveaux arrivants sont aussi à l’aise en anglais que ceux qui l’ont parlé toute leur vie – pour certains immigrants, l’anglais vient facilement dans certaines situations mais pas dans d’autres.

« Par exemple, ils seront complètement à l’aise en anglais pour tout ce qui a trait au travail, mais une fois à la maison, ils reviennent à leur langage d’origine, ou bien une fois qu’ils sont chez le docteur, ils ont besoin des services d’un interprète car ils ne connaissent pas les mots pour des choses ou des concepts qui vont au-delà d’une certaine sphère de leur existence », selon Dr. Fiola.

Bien que plus de recherche soit nécessaire dans ce domaine, il est clair que les nouveaux arrivants qui recherchent à accroître leurs compétences en anglais vont avoir une meilleure qualité de vie à Toronto, en particulier s’ils veulent être libérés des barrières langagières dans leur vie de tous les jours.

Dr. Fiola croit que beaucoup de nouveaux arrivants qui gardent leur langue et leur culture d’origine tout en apprenant l’anglais et en vivant à Toronto peuvent être extrêmement heureux.

Apprendre l’anglais ne veut pas dire renoncer à sa culture, à son passé ou à sa langue d’origine ; il s’agit simplement d’ajouter une compétence nouvelle et précieuse qui facilitera la transition de la vie à Toronto, en la rendant plus douce pour les nouveaux arrivants.

CNM

 

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