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Pourquoi faut-il retourner à l’école PDF Print E-mail

par Claudio Muñoz

En 2006, les nouveaux arrivants étaient presque deux fois plus susceptibles d’avoir un diplôme universitaire que les personnes nées au Canada. Malgré cet avantage manifeste, un rapport de Statistique Canada, Scolarité des immigrants et compétences professionnelles requises, stipule que « Au cours de la période s’étendant de 1991 à 2006, la proportion d’immigrants détenteurs d’un diplôme universitaire qui occupent des postes nécessitants un faible niveau scolaire (tels que commis, routier, vendeur, caissier ou chauffeur de taxi) a augmenté. »

Une éducation étrangère ou une expérience professionnelle à l’étranger ne permet pas d’intégrer le marché du travail canadien aussi facilement que vous le souhaiteriez. Cela peut devenir frustrant au point de vous pousser à quitter le pays.

Les raisons sont nombreuses, et toutes tournent autour du manque d’« expérience canadienne » ou « des qualifications professionnelles canadiennes ».

En général, la langue maternelle et le pays d’origine (lesquels sont liés à la qualité de l’éducation reçue et au manque de reconnaissance accordée à votre expérience à l’étranger) expliquent en bonne partie la situation délicate du marché du travail des immigrants. La qualité de l’immigrant peut aussi être un facteur, selon les données de Statistique Canada.

Le paradoxe canadien de l’expérience de travail est l’une des épreuves les plus déroutantes pour les nouveaux arrivants. Comment pouvez-vous obtenir de l’expérience au Canada si personne ne vous offre une opportunité de travail ? Comment pouvez-vous éviter cette épreuve ou la combattre ?

Si vous n’êtes pas encore au Canada (en particulier pour nos nombreux lecteurs du site Internet), pensez à inclure un certificat, un programme relais ou même un nouveau diplôme d’une institution canadienne dans votre budget. Si vous êtes déjà ici, peut-être est-il temps de vous pencher sur les programmes offerts par Emploi Ontario dans la section Seconde Carrière (lire « Osez le changement ! » de Sandra Fletcher à la page 21) ou de vous renseigner sur les supports financiers que vous pouvez trouver – comme RAFEO – pour retourner à l’école.

Un diplôme au Canada ne vous garantit pas un travail. Mais il pourra certainement vous remettre sur les rails pour une carrière dans votre domaine et vous offrir la vie que vous souhaitez.

Évidemment, tous les programmes de 3ème cycle (tels que des maîtrises, des certificats ou même des doctorats) des institutions d’enseignement canadiennes sont ouverts à tous mais l’objectif de ces programmes n’est pas de vous mener à un emploi le plus vite possible. À quoi bon retourner à l’école pour obtenir un diplôme que vous avez déjà ?

C’est la raison pour laquelle il existe des programmes relais, axés sur un enseignement spécial qui peut aider les nouveaux arrivants à obtenir leur licence ou leur certificat dans leur profession ou leur métier afin de pouvoir travailler en Ontario. De plus, ils peuvent vous aider à obtenir les compétences dont vous avez besoin – pas seulement des aptitudes relatives à un travail technique, mais des compétences comportementales, comme l’attitude à adopter sur un lieu de travail.

Si vous êtes infirmière ou comptable par exemple, ces programmes vous aideront à obtenir la reconnaissance de vos études dans la province. Vous pourrez ainsi travailler dans votre domaine. Les employeurs, les collèges, les universités et les organismes de réglementation professionnelle se sont réunis pour créer et développer différents types de programmes relais.

L’Université de Ryerson, par exemple, a régulièrement des rencontres avec des représentants de banques pour améliorer ses cours d’administration et les adapter à ce dont ils ont besoin.
Un programme relais offre une évaluation des diplômes et des compétences, une expérience dans un lieu de travail (à travers des simulations, par exemple), un perfectionnement des compétences ou une formation universitaire ciblée, une préparation pour une licence ou un examen d’accréditation, une formation linguistique pour votre profession si nécessaire, et l’élaboration de plans individuels pour identifier la formation dont vous avez besoin.

Permettent-ils de faire une différence ? Oui.

Certains programmes se vantent de taux d’embauches avoisinant les 80 pour cent (la récession a pu affecter ces chiffres mais ils sont encore en vigueur).

Les nouveaux arrivants gagnent moins que leurs concurrents canadiens de naissance, et cela prend du temps pour combler ce fossé. Voici quelques informations importantes pour soutenir notre recommandation quant au fait de retourner à l’école.

Selon une étude de Statistique Canada intitulée Littératie et marché du travail : les capacités cognitives et les gains des immigrants publiée en 2008, « les immigrants qui font leurs études à l’étranger obtiennent des gains qui sont presque 65 pour cent inférieurs à ceux des travailleurs similaires originaires du Canada, alors que ceux qui font une partie de leurs études au Canada obtiennent des gains qui sont d’environ 16 pour cent inférieurs à ceux de personnes similaires nées au Canada… » Encore une fois, cela dépend du niveau d’éducation, de votre pays d’origine, du fait que votre langue maternelle soit l’anglais ou le français, et ainsi de suite. Mais ceci illustre une chose : un diplôme canadien peut ouvrir la porte à de meilleurs postes.

L’expérience de travail canadienne peut vous aider à combler ce manque à gagner. La même étude révèle que « les immigrants de sexe masculin n’ayant pas fait d’études au Canada reçoivent de façon significative des gains plus importants avec de l’expérience professionnelle au Canada. » Le problème reste de savoir comment acquérir une première expérience.

CNM

 

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