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Les femmes immigrantes et la violence : PDF Print E-mail

Un regard sur les facteurs de risque et notre rôle dans la prévention de la violence faite aux femmes

par Elise Nyirasuku

Selon les statistiques, les femmes au Canada sont plus souvent victimes de violence qu’elles ne sont victimes de cambriolage, de vol et d’agression, de crimes contre la propriété ou d’autres crimes physiques combinés. Une femme sur quatre au Canada déclare avoir été victime de violence physique de la part de son conjoint actuel ou ancien, d’un partenaire intime ou d’une connaissance, à un moment de sa vie. Chaque année, au Canada, des milliers de femmes se tournent vers des organismes locaux de lutte contre la violence faite aux femmes pour obtenir de l’aide (La violence familiale au Canada : un profil statistique, 2005).

Les femmes immigrantes francophones ou qui appartiennent à une minorité visible présentent quelques particularités, en plus des expériences partagées avec les femmes de « la société d'accueil ».

Plusieurs éprouvent un sentiment d'impuissance, vivent du racisme, de l'isolement, de la perte du cercle de soutien comme la famille ou le réseau des ami-es et de la perte du travail. Tous ces facteurs peuvent être des facteurs de risque ou des facteurs aggravants qui, liés au processus d'immigration, peuvent créer des situations de conflit, si elles n'existent pas déjà (selon une étude publiée par Convergence, 2006). Parmi les autres facteurs aggravants, on retrouve des situations auxquelles les femmes immigrantes peuvent être confrontées, comme par exemple, si elles ne parlent ni le français ni l’anglais, si elles ne sont pas encore résidentes du Canada ou si elles ont été parrainées par leur conjoint, ce qui les met parfois dans des situations de dépendance envers celui-ci, ou encore, si elles vivent dans une région isolée et n'ont pas d’amis ni de famille.

Selon les recherches de l’étude réalisée par Convergence en 2006, certaines immigrantes ont une peur profonde des autorités, y compris de la police et des travailleurs sociaux, car elles craignent la possibilité d’être déportées.

Cette peur peut parfois être fondée sur leurs expériences avec les autorités dans leur pays d’origine. Cette peur peut, d’autre part, les empêcher de signaler la violence d’un conjoint aux autorités ou aux services de leur pays d’accueil.

Tout le monde a donc un rôle à jouer en matière de prévention de la violence faite aux femmes dans nos collectivités. En comprenant les signes avertisseurs et les facteurs de risque de la violence faite aux femmes, vous pouvez aider

La campagne Voisin-es, ami-es et familles (VAF), est une campagne de sensibilisation aux signes avertisseurs de la violence faite aux femmes, afin de permettre aux proches d’une femme à risque ou d’un homme violent, de leur venir en aide. Elle offre aux collectivités des renseignements et des stratégies de prévention de la violence faite aux femmes, y compris des outils et des activités éducatives visant à :

1. reconnaître les signes avertisseurs de la violence faite aux femmes,
2. aider les femmes et les autres membres de la collectivité qui sont touchés par la violence faite aux femmes, et à :
3. localiser et utiliser les services de soutien disponibles dans la collectivité.

Voici les messages clés de la campagne VAF :

• Voisin-es, ami-es et familles ont un rôle essentiel à jouer dans la prévention de la violence faite aux femmes.
• Vous pouvez apprendre à reconnaître les signes avertisseurs de la violence faite aux femmes et les différentes façons d’aider.
• Vous pouvez aider en offrant les brochures et les cartes de sécurité fournies par la Campagne aux voisin-es, ami-es et aux membres de la famille.
• Si tous les membres d’une collectivité/communauté unissent leurs efforts, ils peuvent faire une différence notable dans la vie des femmes et des enfants victimes de violence.
• Les comportements violents ne disparaissent pas tout seuls. Il existe des services d’aide destinés aux hommes violents, mais seulement dans certaines collectivités.

Grâce au soutien financier de la Direction générale de la condition féminine de l’Ontario, Action ontarienne contre la violence faite aux femmes (AOcVF) mène présentement la campagne VAF en français, à l’échelle provinciale. Cette campagne est assurée par une équipe composée d’une coordonnatrice provinciale et de 3 agentes régionales qui sont basées dans 3 régions de l’Ontario, à savoir : la région du Nord, la région de l’Est et la région du Sud.

Pour de plus amples renseignements sur VAF ou pour connaître les autres services disponibles en matière de violence faite aux femmes, n’hésitez pas à communiquer avec nous ou à visiter notre site web : www.voisinsamisetfamilles.on.ca ou appelez Femaide au 1-877-366-2433 ou ATS 1-866-860-7082.

Élise Nyirasuku est Agente de la région Sud – Voisin-es, ami-es et familles.

CNM

Voici certains des signes avertisseurs :

  • Il la rabaisse.
  • Il parle tout le temps et domine la conversation.
  • Il la surveille tout le temps, même au travail.
  • Il essaie de prétendre qu’il est la victime et il agit comme s’il était déprimé.
  • Il essaie de l’empêcher de vous voir.
  • Il agit comme si elle lui appartenait.
  • Il ment pour bien paraître ou exagère ses qualités.
  • Il agit comme s’il était supérieur aux autres membres de sa famille et plus important qu’eux.
  • Elle s’excuse et trouve des excuses à son comportement, ou elle devient agressive et se met en colère.
  • Elle semble mal à l’aise de s’exprimer en sa présence.
  • Elle semble être malade plus souvent et s’absente du travail.
  • Elle essaie de masquer ses blessures.
  • Elle trouve des excuses à la dernière minute pour ne pas vous rencontrer ou elle essaie de vous éviter lorsqu’elle vous rencontre dans la rue.
  • Elle semble triste, seule, repliée sur elle-même et craintive.
  • Elle consomme plus de drogue ou d’alcool pour faire face à la situation.
    (Les signes avertisseurs s’appliquent également aux relations entre gais et lesbiennes).

Signes avertisseurs de risques : le danger risque d’être plus grand dans les cas suivants…

  • Il a accès à elle et à ses enfants.
  • Il a accès à des armes.
  • Il a des antécédents de violence avec elle ou avec d’autres personnes.
  • Il a menacé de la blesser ou de la tuer si elle le quitte : « Si tu n’es pas à moi, tu ne seras à personne. »
  • Il menace de blesser ses enfants ou ses animaux domestiques, ou de détruire ses biens.
  • Il a menacé de se suicider.
  • Il l’a battue ou a essayé de l’étrangler.
  • Il passe par une phase très difficile (p. ex. : emploi, séparation, dépression).
  • Il est convaincu qu’elle fréquente quelqu’un d’autre.
  • Il l’accuse d’avoir gâché sa vie.
  • Il ne cherche pas à obtenir de soutien.
  • Il surveille ses actes, écoute ses conversations téléphoniques, lit ses courriels et la suit.
  • Il a du mal à garder un emploi.
  • Il consomme de la drogue ou boit tous les jours.
  • Il ne respecte pas la loi.
  • Elle vient juste de se séparer ou elle a l’intention de le quitter.
  • Elle craint pour sa vie et pour la sécurité de ses enfants ou elle est incapable de voir les risques.
  • Elle lutte pour la garde des enfants ou elle a des enfants d’une relation précédente.
  • Elle a une autre relation.
  • Elle a des blessures non expliquées.
  • Elle n’a pas accès à un téléphone.
  • Elle est confrontée à d’autres obstacles (p. ex. : elle ne parle pas le français ni l’anglais, elle n’est pas encore résidente du Canada, elle vit dans une région isolée).
  • Elle n’a ni amis ni famille.
 

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