| ABC de la pilule contraceptive |
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Par Aurélie Goudal Dans certains pays, la pilule est en vente libre. Ici, elle est prescrite par un médecin ou une infirmière praticienne. La pilule contraceptive au Canada La pilule contraceptive fut créée au début des années 1950 au Mexique et elle fut commercialisée aux États-Unis à partir de 1960. Au départ, elle a suscité un vif débat de société. Le Code criminel canadien interdit la diffusion de toute information concernant la limitation des naissances et certains députés réfractaires à la contraception prédirent l’extinction de la population sur dix années (archives. radio-canada.ca/societe/famille/dossiers/605/). L’Église catholique interdit la contraception sous peine d’excommunication (tout en permettant son utilisation pour le contrôle des difficultés menstruelles) et ces réticences s’étendaient au monde médical. En dépit des restrictions légales et des interdictions de l’Église, l’usage de la pilule s’étendit. Le 10 juin 1960, le gouvernement conservateur de John Diefenbaker autorise la commercialisation de la première pilule contraceptive et son utilisation ne cesse de croître (pour toutes celles ayant, entre autres, une vie sexuelle active). Des statistiques de 1998 montrent que 86 % des Canadiennes ont pris la pilule contraceptive à un moment donné dans leur vie et de ce nombre, 30 % sont des utilisatrices régulières (www.radio-canada.ca/ nouvelles/03/3711.htm). De nos jours, le contrôle des naissances est considéré comme étant un choix personnel. Selon le site de CIC, tous les ministères provinciaux de la Santé, les bureaux de santé publique et les cliniques médicales offrent des renseignements sur la planification familiale (www.cic.gc.ca/francais/ressources/). Efficacité et facilité de la méthode France Dorion, Infirmière praticienne au Centre francophone de Toronto, précise que « c’est la méthode la plus efficace. En clinique nous prescrivons soit la pilule contraceptive soit les stérilets. Ce sont les deux plus pratiques et faciles d’accès; [...] les autres méthodes se ressemblent. » Ainsi, les femmes peuvent se faire prescrire un contraceptif oral par un médecin ou une infirmière praticienne. Facile d’accès, facile d’utilisation, la pilule se présente sous forme de comprimés à prise quotidienne. Pendant 21 jours, la femme prend quotidiennement une pilule qui contient une hormone active. Puis, pendant sept jours, elle ne prend aucune pilule (pour celles qui utilisent l’emballage de 21 jours) ou elle prend sept pilules de sucre (pour celles qui disposent de l’emballage de 28 jours). Au cours de la période de sept jours sans pilules ou avec pilules de sucre, la femme aura ses règles. Elle provoque ainsi une « mise en veille » des ovaires, permettant, entre autres, de planifier les grossesses. D’autres moyens de contrôle des cycles existent également tels que le « patch pour une semaine, l’anneau intra vaginal, pendant trois semaines ou encore l’injection » explique Mme Dorion. Ce dernier est le contraceptif injectable Depo-Provera®. Les pour et les contre L’usage généralisé de la pilule a eu un retentissement social considérable. Elle a contribué à la libération de la femme, lui a donné le pouvoir de contrôler sa reproduction et a ainsi ouvert de nouvelles perspectives, en particulier professionnelles. En outre, le contrôle des naissances n’est pas le seul usage de la pilule contraceptive et dans bien des cas, il s’agit d’un médicament en tant que tel. Par exemple, parfois, la pilule oestroprogestative peut être prescrite en traitement des kystes fonctionnels de l’ovaire. De plus, sa prescription permet chaque année de recevoir, gratuitement, un test qui permet de réduire les risques de cancer du col de l’Utérus (test PAP). Ce dépistage permet par la même occasion de déceler des maladies transmissibles sexuellement telles que la chlamydia ou la gonorrhée qui, souvent, ne donnent pas de symptômes avant que l’infection ne se soit rendue aux trompes (menant alors à une éventuelle stérilité). Également, la pilule peut être prescrite, selon Mme Dorion, « pour des filles qui ont des règles tellement abondantes qu’elles font de l’anémie. Elle permet alors de raccourcir leurs cycles menstruels et Certains points cependant doivent être à présent soulignés. La pilule contraceptive NE PROTÈGE PAS contre les maladies transmissibles sexuellement. Seul le préservatif (ou condom) de latex intact constitue une barrière mécanique permanente contre la contamination par le virus de l’immunodéfi cience humaine (VIH), le VHS, le virus de l’hépatite B (VHB), la chlamydia trachomatis et le gonocoque (voir le site de l’Agence de la santé publique du Canada). Ainsi, les contraceptifs oraux devraient être utilisés en parallèle avec le condom. Une étude effectuée en 1995 montrait que seulement 27 % des femmes qui utilisaient des contraceptifs oraux avaient simultanément recours au condom. Il faut donc rappeler, à nouveau, que la pilule ne protège pas des MTS. Un autre inconvénient pour certaines personnes peut être le coût lié à la contraception. Les prix de la pilule tournent aux environs de 25-30 $ par mois. Les injections coûtent quant à elles environ 35 $ (pour trois mois) et le stérilet 300 $ (pour 5 ans). Parfois, certaines méthodes sont couvertes par des plans d’assurance, ce qui peut aider. Sinon, la meilleure solution consiste à se rendre dans des cliniques spécialisées qui vont vendre des contraceptifs à prix de gros (sans aucun profi t). The Bay Centre for Birth Control (adresse donnée ci-dessous) est un de ces centres. Hier comme aujourd’hui, la pilule contraceptive continue à influencer les moeurs et les pratiques canadiennes. Tant qu’on n’oublie pas l’importance du condom, elle permet d’envisager une contraception heureuse dans votre pays d’adoption.
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