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Comment survivre à la crise économique PDF Print E-mail

Par Claudio Muñoz

Cet article ne porte pas sur les causes de la crise, mais sur comment y faire face et aller de l’avant. Nous sommes là – comme toujours – pour vous aider à réussir au Canada. Au lieu de nous inquiéter, travaillons ensemble sur des façons de contourner au mieux cette crise.

La lumière brille davantage dans la pénombre

Les analystes et les médias, en général, utilisent les taux de chômage pour illustrer la santé de l’économie. Lorsque l’économie est forte, le taux de chômage tend à être faible et une personne qui veut un emploi devrait avoir peu de mal à en trouver un. Mais lorsque l’économie est mauvaise ou lorsqu’on se trouve en temps de récession, le chômage tend à être plus élevé et l’obtention d’un emploi s’avère être alors plus difficile.

En janvier 2009, le taux de chômage au Canada était de 7,2 %, ce qui est un peu élevé, mais reste encore très loin des niveaux de 1998 lorsque la dernière crise nous a touché. Au pic de la Grande Dépression au Canada (1933), le taux de chômage était de 27 %.

Même au cours des bonnes périodes, les nouveaux arrivants peuvent avoir du mal à trouver un emploi. « Peu importe qu’on soit dans une période mauvaise du point de vue économique ou non, le recrutement et l’embauche sont toujours des processus éprouvants, nous dit Karl Espiritu, directeur de Diversity Careers. « Les emplois disponibles sont moins nombreux et plus compétitifs que jamais et il est important d’être créatif et flexible. Il faut garder l’esprit ouvert sur d’autres possibilités d’emploi, même si elles sont à contrat ou sur une base temporaire, au moins jusqu'à ce qu’on trouve quelque chose de mieux. » Il offre quelques conseils pour la recherche d’emploi :

Souriez : restez optimistes. « Votre personnalité et votre confiance se reflètent dans votre approche lors de votre recherche d’emploi. »

Gardez toujours votre objectif à l’esprit : « assurez-vous de rester éveillé, faites prendre conscience aux gens de vos compétences et recueillez des informations sur les personnes que vous rencontrez. »

Utilisez des professionnels : affichez votre curriculum vitae sur des sites de recherche d’emploi spécialisés tel que Diversity Careers (www.DiversityCareers.ca) et faites en sorte de mettre votre profil à jour. L'avantage des sites de carrière, c'est que les employeurs/recruteurs ciblent les demandeurs d'emploi, comme les nouveaux arrivants, qui appartiennent à des groupes diversifiés aux passés particuliers.

Dépassez vos limites : cela peut sembler difficile, mais si vous acceptez une rémunération qui est inférieure à ce que vous cherchez, vous pouvez trouver une satisfaction en résolvant une partie du problème tout en devenant un membre important de l’équipe.

Crise = opportunité : utilisez l'effondrement économique à votre avantage en faisant un peu de recherche de terrain sur l’entreprise que vous ciblez et pour laquelle vous voulez postuler. Découvrez ce dont ils ont besoin, ce qu’ils vivent, quels emplois doivent être comblés (ou lesquels le seront) et comment vous pensez que vous pouvez devenir un atout pour l’entreprise. Le savoir est la clé lorsque vous essayez de faire de bonnes premières impressions.

Voyez large : il ne suffit pas de focaliser votre recherche dans un seul secteur. Essayez d'autres endroits où vous pourriez acquérir de nouvelles expériences pour vous développer professionnellement.

Tous pour un : lorsque vous assistez à des foires de l’emploi ou à des activités de réseautage, venez avec un ami ou un autre nouvel arrivant. Cela peut vous donner plus de confiance quand vous parlerez avec des gens et pourrait vous permettre ainsi de créer davantage d’occasions d’entamer une conversation. N’oubliez pas de toujours envoyer des remerciements après avoir rencontré quelqu’un lors d’une foire de l’emploi ou durant une activité de réseautage.

Si vous êtes déjà employé… eh bien, soyez le meilleur !

Maintenant, si vous êtes déjà employé, le mieux c’est de le rester. La survie de l’entreprise pour laquelle vous travaillez peut signifier votre propre survie, alors soyez prêt à porter son T-shirt. M. Espiritu explique que « pour conserver votre emploi, vous devez d'abord être prêt à accepter des responsabilités supplémentaires qui pourraient être en dehors de votre zone de confort. Discutez avec votre patron des possibilités de faire des formations ou de prendre des cours supplémentaires. » « Aidez d’autres collègues dans leur travail. Soyez un bon membre d’équipe ! »

Gérez votre argent : gardez un oeil sur votre portefeuille

À présent, parlons finances. Oubliez ces dévaluations d’actions en bourse et ces faillites d’entreprises. Vous avez toujours besoin d’acheter de la nourriture, des vêtements et même, de temps en temps, des billets pour le cinéma. Vous avez besoin de vous faire plaisir sinon vous allez vous retrouver piégé dans l’hiver canadien.

Qu’on le veuille ou non, vous avez besoin de contrôler vos dépenses et vos dettes. Un point c’est tout. C'est la règle numéro un quand il s’agit de dépenser votre argent (même quand il n’y a pas de crise).

Laurel Ostfield, une porte parole de Capital One, explique que vous devez « mettre en place un budget et vous y tenir. Pas seulement ce que vous dépensez, mais aussi combien d’argent vous recevez. Les gens ont besoin de savoir où va l’argent et d’où il vient. Gardez la trace de vos achats quotidiens. En outre, payez davantage que le minimum requis chaque mois pour vos dettes. Et attention à tout retard de paiement, de rappel ou si vous recevez des lettres d’organismes de crédit... ce pourrait être un signe que votre historique de crédit est en danger. »

Le plus important n’est pas d’avoir du crédit, mais de l’utiliser à bon escient. Un historique de crédit est la clé de votre succès financier. « Au Canada, vous pourriez avoir besoin d’un historique de crédit juste pour louer une maison, ou même une voiture », explique Mme Ostfield.

Capital One vient de lancer un site web intitulé « Le chemin pour un meilleur crédit » (www.roadtobettercredit.ca) afin d’aider les gens à construire leur crédit. « C’est pour les gens qui ont endommagé leur crédit ou qui n’en ont pas et qui ne savent pas comment le construire », explique Mme Ostfield. « Il y a une section nommée construire votre crédit (build your credit) sur ce site qui est excellente pour les nouveaux Canadiens. »

Le site utilise une terminologie simple, possède un glossaire des termes et est vraiment interactif. Vous trouverez des informations sur ce que vous devez faire et comment le faire. « Vous pouvez même envoyer une question à Crédit Canada, qui est un organisme à but non lucratif de conseil en crédit d’entreprise », dit-elle.

Capital One offre également aux nouveaux arrivants une « Master Card garantie pour les nouveaux arrivants. » Peu importe votre historique de crédit, vous pouvez en obtenir une, pour un montant à déterminer par l’institution, qui vous permettra de commencer à bâtir votre dossier de crédit, même en temps de crise.

Rania Llewellyn, vice- présidente de la Banque Scotia Multicultural Banking suggère de « magasiner pour la bonne [carte de crédit]. Regardez le taux d’intérêt et comparez. Recherchez les divers types de cartes : programmes de fidélisation, de récompense, de remises d’argent – vous pouvez accumuler des points ou obtenir de l’argent en retour. Portez attention au niveau d’intérêt que vous payez... et assurez-vous de payer dans les temps. »

Il suffit de bien tout contrôler. « Rabaissez vos taux élevés dus à l’endettement », recommande Mme Llewellyn. « Certaines cartes de crédits, celles de grands magasins, devraient être les premières à être payées. » Et si vous avez besoin d’aide, demandez-en. Il y a d’excellents organismes de conseils en crédit partout au Canada où le personnel se fera un plaisir de vous aider.

Sauvez de l’argent : comptes d’épargnes libres d’impôt

Actuellement, ce pourrait être un bon moment pour sauver un peu d'argent, et une bonne façon '64e le faire serait de profiter pleinement de vos économies d’impôt.

« Soyez conscients des possibilités concernant ce crédit d'impôt et demandez-le si votre revenu le permet », suggère Mme Llewellyn (pour plus de renseignements sur les REER et les REEE voir Nouvel Arrivant au Canada, numéro 24, « Investir dans notre futur », par Gilda Spitz). Mme Llewellyn explique que les comptes d’épargne libre d'impôt (CELI) sont maintenant disponibles. « Vos économies fructifieront à l’abri de l’impôt tout au long de votre vie. Il n’y a pas de restrictions pour en obtenir un. Tout nouvel arrivant est invité à le faire, aussi longtemps que vous êtes un résident permanent. »

Un rapport du directeur de la planification fiscale et successorale de CIBC, Jamie Golombek, a décrit la planification fiscale des avantages des CELI. Selon son rapport, ces comptes peuvent être une opportunité intéressante : les individus peuvent nommer des conjoints et des partenaires en tant que « successeurs titulaires de compte » – et s’assurer ainsi que le statut exempt d’impôt d'un CELI continuera après leur décès - et ceux qui quittent le Canada peuvent encore tenir un CELI et continuer de bénéficier, entre autres, de certaines exonérations fiscales en tant que non-résidents.

« Avec davantage de choix vient un besoin accru de solides conseils et de planification; maintenant c’est le temps idéal pour rencontrer un conseiller financier », recommande M. Golombek. Alors, allez à votre banque et parlez avec un conseiller. Ils pourront vous aider à gérer votre argent.

En cas d’urgence, une assurance peut être importante. « Si vous avez une carte de crédit ou un prêt hypothécaire auprès d’une banque, vous devriez envisager de payer un supplément pour les assurances. Ainsi, si quelque chose se produit, vous savez que votre carte de crédit ou votre hypothèque seront pris en charge », nous dit Mme Llewellyn.

La Banque Scotia possède deux autres programmes qui ont retenu notre attention. Right Start est un programme spécial pour les nouveaux immigrants, qui comprend des chèques et des comptes d’épargne, des transferts d’argent avec Western Union, des programmes de prêts hypothécaires, etc. Visitez leur site web www.scotiabank.com/cda/index/0,,LIDfr_ SID3002,00.html et cliquez sur « Programme pour nouveaux Canadiens » dans le menu. Bank the Rest est un compte d’épargne joint à votre compte de chèques. « Chaque fois que vous utilisez votre carte de guichet automatique, et chaque fois que vous achetez quelque chose, un pourcentage de cet achat va à la « Banque du reste ». C'est comme un pot virtuel pour votre monnaie », explique Mme Llewellyn. « C’est de l’épargne alors que vous dépensez. »

La fin du tunnel

Comme toute chose dans la vie, la crise aura une fin. Et peut-être même plus tôt que vous ne le pensez. La clé pour tirer le meilleur parti de la crise est d'être préparé.

« Ne laissez pas le marché déterminer votre avenir », dit M. Espiritu. « Utilisez la situation à votre avantage afin de ne pas laisser votre cerveau au repos. De nouvelles possibilités seront créées prochainement. Recherchez d’autres industries qui voient le jour, cherchez ce qui manque au sein des ressources disponibles... peut-être devriez vous prendre des cours de préparation au changement de carrière. Améliorer vos compétences, prenez des cours qui compléteront votre carrière. »

Soyez prudent avec votre argent, apprenez à le gérer et à tirer le meilleur parti. Dans chaque numéro de Nouvel Arrivant au Canada, l’Agence de la consommation en matière financière du Canada (ACFC) présente des outils et des conseils pour gérer votre argent. Vous pouvez les vérifi er à www.cnmag.ca/fr.

Rappelez-vous que la gestion de votre argent est une activité à vie.

 

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