| Vivre dans une culture mondiale |
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par Dale Sproule « Me manquez-vous de respect ? » est l’une des phrases les plus populaires du début des années 2000. « Pas de façon intentionnelle » serait probablement une réponse commune. Le manque de respect accidentel est l’un des grands dangers de notre temps. Avec l’énorme augmentation de la migration mondiale, toutes les personnes vivant au Canada partagent ce risque. Même si vous passez 95 pour cent de votre temps au sein de votre communauté culturelle, vous aurez à traiter avec des gens d’autres cultures. Vous vous trouvez à des réunions ou dans les magasins avec des personnes d’une culture complètement différente soit de votre première culture ou celle de votre patrie d’adoption. Il y a de fortes chances que vos enfants ou ceux de votre frère épousent quelqu’un d’une autre culture. Notre vie au jour le jour est remplie de gens d’une grande variété de milieux culturels. Cela ne paie pas de rester isolés Une récente étude de Statistique Canada a confirmé que les personnes qui travaillent exclusivement dans leur propre communauté culturelle feront presque certainement moins d’argent que ceux qui développent la capacité de travailler et de socialiser en dehors de nos milieux ethniques. En d’autres termes, mieux vous pouvez traiter avec des gens d’autres cultures et plus vos chances d’obtenir un travail, une promotion ou de gagner plus d’argent sont grandes. La maîtrise de cette compétence n’est pas aussi simple qu’on peut le penser, principalement en raison du risque de non-respect accidentel. Qu’est-ce que le non-respect accidentel ? Un récent incident s’est produit en mars 2008, lorsque le conseiller municipal de Toronto, Rob Ford, au cours d’un débat sur le fait que les magasins pourraient rester ouverts les jours fériés a fait des commentaires tels que : « ces Orientaux travaillent comme des chiens, ils travaillent de tout coeur, ce sont des travailleurs qui ne s’arrêtent jamais » et « ces Orientaux prennent peu à peu le pas. » Dans son esprit, il montrait l’éthique de travail asiatique comme étant un bon exemple, sans se rendre compte qu’il stéréotypait les Asiatiques dans le processus. Un autre membre du conseil a répondu en citant la phrase de la comédienne coréenne Margaret Cho, « les tapis sont orientaux, les gens sont d’Asie. » Et la controverse a commencé. L’histoire fait les nouvelles nationales. Beaucoup d’excuses ont été publiées. Une lettre du Chinese Canadian National Council Toronto Chapter contient la phrase suivante, « [les commentaires de Rob Ford] ont été offensants car le terme “oriental” est dépassé et méprisant. » La lettre précise ensuite : « toute généralisation essentialiste sur un groupe racial est raciste. Ceci indépendamment du fait que celle-ci se veuille un compliment ou non. » Mais puisque les médias aiment leurs histoires courtes et pointues, et que la plupart d’entre nous lisons rarement passé le gros titre, l’histoire est devenue entièrement axée sur l’emploi du mot « oriental », et la question plus vaste des stéréotypes raciaux s’est perdue au long du parcours. Beaucoup de Canadiens ont entendu l’histoire quand elle a éclaté. Il y eu donc un niveau de sensibilisation du public sur le fait que le mot « oriental » n’est pas acceptable. À quel point est-il inacceptable ? Vous êtes un Canadien partageant un bureau avec une personne originaire de la Chine. Vous avez entendu l’histoire de Rob Ford. « Oriental » est le mot que vous avez toujours utilisé, pensant que ce c’était non seulement poli, mais exotique. Vous n’avez jamais pensé à l’usage du mot « orientaux » jusqu’à il y a quelques instants, lorsque vous avez planifié d’aller déjeuner avec vos collègues de travail et avez suggéré un restaurant « oriental ». Elle ne semble pas relever, hoche la tête et vous parle d’un bon restaurant vietnamien juste en bas de la rue. Est-ce que cela veut dire qu’il est correct de continuer à utiliser le mot « oriental » ? Votre usage du mot est un usage minime du terme « oriental ». Peut-il être utilisé comme un adjectif pour référer une partie du sous-continent d’où provient un certain type de nourriture, ou d’où un mouvement d’art est venu ... comme dans « restaurant oriental » ou « tapis d’orient » ? N’allez pas sur ce terrain La sensibilité culturelle peut être difficile à délimiter, jusqu’à ce que quelque chose vous choque. Au Nouvel arrivant au Canada, notre conscience a été renforcée par un cri collectif d’indignation de lecteurs afrocanadiens qui ont trouvé le montage sur la couverture de notre Guide d’établissement 2008 offensif. Pour mettre les choses en perspective, cette couverture a été vue par un bon nombre de membres du personnel, les fournisseurs et les amis de la revue provenant de plus d’une demi-douzaine de cultures différentes, y compris le modèle et d’autres personnes provenant d’Afrique. Nul ne soupçonnait qu’il y avait même ici un potentiel de controverse avec cette couverture. Pourtant, bien plus d’une douzaine de lecteurs ont téléphoné et envoyé de courriels nous disant à quel point ils ont été offensés : « (…) Vous devriez être davantage au courant que la majorité des immigrants qui viennent dans ce pays sont bien éduqués, sont des médecins, des ingénieurs ou des gens d’affaires. » Narmin Mahdavi « Quand quelqu’un qui n’a jamais été en Afrique voit cette image cela envoie un message indiquant que les gens en Afrique marchent pieds nus, sont sans profession, sont en train de mourir de faim et qu’ils survivent de la chasse. L’Afrique est pleine de professionnel, de ressources naturelles et bien d’autres choses que quiconque qui n’a jamais été en Afrique ne peut pas imaginer. » Mohamed Nur Puisque les réactions continuent, j’ai dû reconnaître que mon « brillant » concept pour la couverture du magazine n’était peut-être pas si brillant après tout – et en fait, il a plutôt insulté le public que j’avais pour but d’aider. Je prends l’entière responsabilité de ce concept. Je voulais montrer une transition de quelqu’un de sa vieille patrie à sa nouvelle. Pour ce faire - il devait y avoir certaines différences entre les modes de vie représentés sur les deux côtés de la page, si nous voulions une image de quelqu’un dans une mise en culture identifiable. Si nous avions eu une photo d’un Russe devant le Kremlin, nous aurions très bien pu l’utiliser, mais ... notre photographe préféré venait de rentrer d’Afrique plutôt que de Russie. J’avais déjà le concept avant de voir les photos, c’était donc simplement une question d’en choisir une. J’ai vu quelqu’un habillé avec des vêtements non nord-américain et marchant sur une terre africaine et je l’ai sélectionnée, elle, ne pensant jamais que sa situation financière pourrait devenir un problème. Nous avons ensuite recruté un modèle (volontaire) et nous sommes sortis pour prendre l’image « canadienne ». Plus d’une douzaine de personnes (à partir de sept pays et de cultures différents) ont vu la couverture et tout le monde a adoré. Nul ne s’attend à une réaction négative et quand cela s’est passé, nous avons tous été assez étonnés dans un premier temps. Je pense que si les photographies avaient illustré le périple d’une personne en particulier, nous aurions peut-être évité cette réaction... car il n’aurait pas été interprété comme une généralisation. Mais puisqu’il n’y avait pas d’histoire correspondante, la réaction naturelle est de le voir comme une illustration du chemin pris par les « femmes africaines » en général - et dans ce contexte, l’image sur le côté gauche de la page fait effectivement dans le stéréotype. Ce fut culturellement insensible. Nous sommes vraiment désolés d’avoir offensé une grande partie de notre public. Mais l’expérience nous a enseigné une leçon précieuse et la controverse qui a commencé ouvre certaines questions importantes pour la discussion. Ce magazine est entièrement axé sur la sensibilité culturelle. C’est la façon dont nous gagnons notre vie et également notre façon de vivre. Et si nous pouvons faire une erreur qui peut susciter la colère de tout un ensemble Apprendre de ses erreurs et corriger le cours des choses La migration mondiale va se poursuivre, et ceux d’entre nous avec les meilleures chances de succès sont ceux qui comprennent l’importance de bien s’entendre et de travailler avec des personnes d’autres cultures. Au lieu de montrer du doigt, nous devrions nous parler et construire une compréhension et une appréciation des autres cultures. La meilleure façon de commencer est de prêter attention à ce que vous pensez, dites ou faites et essayer de reconnaître quand vous êtes coupable de penser en stéréotypes. Corrigez-vous, pardonnez-vous et allez de l’avant. Le monde en plein changement dans lequel vous vivez en deviendra meilleur. Nous tenons à remercier les lecteurs concernés qui ont fait preuve d’ouverture sur un dialogue d’un sujet important. Cnm
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