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Bien manger avec votre guide alimentaire canadien PDF Print E-mail

par Aurélie Goudal

Le 25 avril 2008, l’honorable Tony Clement, ministre de la Santé, a annoncé que, pour la première fois de l’histoire, Bien manger avec le Guide alimentaire canadien est offert en 10 langues supplémentaires. Et si vous ne l’avez toujours pas en créole, des programmes sont prévus pour vous l’enseigner, entre autres, dans cette langue. Nous allons vous présenter les raisons pour lesquelles ce guide est à présent traduit dans autant de langues et est enseigné aux nouveaux arrivants dans des ateliers gratuits, en plusieurs langues, subventionnés par le gouvernement.

Le guide alimentaire canadien a 65 ans

Ce guide fut au départ conçu pour prévenir les carences nutritionnelles et améliorer la santé de la population canadienne malgré le rationnement des vivres pendant la seconde guerre mondiale. Depuis, il a subi de nombreuses métamorphoses. La dernière version de février 2007 est fondée sur les connaissances scientifiques actuelles en nutrition. Elle décrit les types et les quantités d’aliments à consommer et aide à prendre des décisions éclairées quant aux choix alimentaires. De plus, la prévention des maladies chroniques a joué un rôle important dans son élaboration. Le guide alimentaire canadien de 2007 recommande, pour une femme adulte de 19-50 ans, sept ou huit portions de fruits et légumes par jour (huit à dix pour les hommes), six ou sept portions de produits céréaliers (huit pour les hommes), deux portions de lait et substituts et deux portions de viande et substituts (trois pour les hommes). Il prescrit de faire entre 30 et 60 minutes d’activité physique modérée par jour; il recommande de consulter les étiquettes avant tout achat et également de limiter la consommation de lipides trans. Enfin, une page entière est consacrée à des conseils donnés en fonction de l’âge et des étapes de la vie et aux façons de calculer les portions pour un repas. Et depuis peu, ce guide s’est vu au centre de toutes les attentions pour les nouveaux arrivants au Canada !

Un guide de plus en plus adapté aux nouveaux arrivants

En effet, le guide de 2007 tient à présent compte de la composition ethnique changeante du Canada en incluant une gamme d’aliments provenant d’une variété de cuisines ethniques (http://www.healthycanadians.gc.ca/index_f.html). En outre, depuis le printemps 2008, il est offert en arabe, en chinois, en farsi (persan), en coréen, en punjabi, en russe, en espagnol, en tagalog, en tamoul et en ourdou. Ainsi, le dernier guide est le résultat d’une recherche éclairée, est flexible et s’adapte de plus en plus aux nouveaux arrivants. C’est important pour plusieurs raisons. Huguette A. Jean-Simon est assistante en nutrition communautaire pour Santé publique Toronto. Elle enseigne le guide alimentaire canadien aux Africains et Antillais de langue française et/ou créole dans le programme Peer Nutrition (pour les parents et enfants). Ainsi, elle nous explique qu’il est crucial pour les nouveaux arrivants d’Haïti, par exemple, de s’adapter aux normes alimentaires canadiennes, sinon des carences et des problèmes de santé de toutes sortes peuvent survenir très vite. Le climat joue pour beaucoup : « Par exemple, les produits laitiers ne sont pas si importants en Haïti car le soleil est présent 12 mois sur 12. Or quand on vit au Canada six ou sept mois d’hiver, on va manquer de vitamine D. ». En outre, « on rencontre des problèmes de diabète, de tension artérielle, qu’on a rarement en Haïti. La communauté doit y faire face ici car les dosages ne sont pas respectés. Il faut également rappeler que faire du sport est important et pousser les enfants à être actifs, ce qui n’est pas le cas à Haïti où cela vient naturellement. »

Une aide dans le domaine alimentaire qui en amène d’autres…

Ces ateliers offerts par Santé publique Toronto et subventionnés par le gouvernement guident les nouveaux arrivants sur bien des aspects. En gardant comme optique de leur faire connaître le guide et d’intégrer des éléments culinaires de leur culture dans ce dernier, les cours informent de plus sur le magasinage, le budget et d’autres aspects de la vie au Canada. Finalement, Huguette nous révèle : « au travers de la nourriture, on essaye d’aider à mieux s’intégrer. » Après les six semaines de cours, les membres de son atelier sont référés à un groupe de support réunissant tous les participants (ces groupes comptent parfois 50 personnes). Les participants sont toujours servis dans leur langue. Huguette enseigne en créole et c’est une aide inestimable pour ceux qui ne parlent ni français ni anglais. Des cours mixtes existent également pour les anglophones.
En conclusion, le guide alimentaire canadien est adapté aux nouveaux arrivants pour deux raisons. D’une part il vise depuis 65 ans à guider le choix des aliments pour favoriser la santé nutritionnelle de tous les Canadiens et il permet ainsi de faire les bons choix dès son arrivée au Canada. D’autre part, il peut être, comme on l’a vu, encore plus que cela : un outil d’adaptation et d’intégration.

CNM

Références :
Bien manger avec le guide alimentaire canadien :
http://www.hc-sc.gc.ca/fn-an/food-guide-aliment/index-fra.php

Guides traduits :
http://www.hc-sc.gc.ca/fn-an/food-guide-aliment/ordercommander/ guide_trans-trad-ra.php

Autre référence :
http://www.santeontario.com/NewsItemDetails.aspx?newsitem_id=13341014
Renseignement sur les ateliers en français et en créole :
Huguette A. Jean-Simon, assistante en nutrition communautaire, 416-338-3579.
Renseignements généraux sur les ateliers (offerts dans une trentaine de langues) :
appeler au 416-338-7600 ou visiter le site Internet
www.toronto.ca/health/pn/

 

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