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Immigrer au Québec. Le secret pour bien réussir son intégration PDF Print E-mail

par Magdaline Boutros

L’an dernier, quelque 45 000 immigrants ont été admis au Québec (les ratios augmenteront dès cette année pour atteindre 55 000 en 2010). Selon les statistiques compilées par le Ministère de l’Immigration et des Communautés Culturelles (MICC), on peut estimer qu’environ 78 % d’entre eux seront toujours au Québec dans dix ans. Cela veut dire que 22 % décideront de repartir. Immigrer dans la Belle Province comporte plusieurs particularités qu’il importe de connaître pour mieux s’intégrer. Explorons quelques-unes d’entre elles.

Caractéristiques de la société d’accueil

Le français est la langue officielle du Québec, la principale langue utilisée sur le marché du travail et la principale langue parlée à la maison (dans 83 % des ménages). Ainsi, choisir d’immigrer au Québec, c’est choisir d’habiter et de travailler dans un environnement majoritairement francophone. Ce qui n’exclue pas de travailler en anglais bien évidemment. Cependant, pour bien connaître la culture et le milieu de travail de sa province d’accueil, une certaine connaissance de la langue de Molière serait préférable. Car bien connaître sa société d’accueil est un des facteurs essentiels pour bien réussir son intégration.

En effet, selon Juan José Fernandez qui accueille depuis 10 ans quelque 1 700 immigrants par année à l’organisme PROMIS dans le quartier Côte-des-Neiges de Montréal, il faut, pour bien réussir son intégration, que « les immigrants apprennent à connaître leur société d’accueil, son histoire, ses institutions, ses valeurs. C’est une condition sine qua non pour réussir le processus d’intégration. » En outre, « il y a une multitude de facteurs qui contribuent à la bonne intégration des immigrants », explique le responsable du secteur accueil et établissement de PROMIS. « L’un des plus importants est bien évidemment le travail. Sans emploi, le nouvel immigrant va accumuler les frustrations. » Afin de connaître sa nouvelle société et trouver un emploi, plusieurs outils sont disponibles. Le guide Apprendre le Québec, remis aux immigrants alors qu’ils sont encore dans leur pays d’origine, fournit de précieux renseignements tout au long du processus d’intégration (il peut également être téléchargé à l’adresse www.apprendrelequebec.gouv.qc.ca). Également, des outils pour réussir son intégration sont également disponibles dès son arrivée au Québec. Ils sont gratuits, efficaces et proposés à l’aéroport même.

Les services disponibles aux nouveaux arrivants

Une multitude de ressources sont disponibles pour aider le nouvel arrivant à s’acclimater le plus rapidement possible. Le Ministère de l’Immigration et des Communautés Culturelles encourage tous les nouveaux arrivants à prendre un rendez-vous avec un agent d’intégration du service d’accueil dès leur arrivée à l’aéroport (un kiosque d’Immigration-Québec s’y trouve) ou encore en contactant un bureau d’Immigration- Québec (la liste des bureaux est disponible sur le site du MICC). Cette rencontre devrait généralement avoir lieu dans les deux jours suivant l’arrivée. Plusieurs séances d’information de groupe sont également organisées par le ministère. Les thèmes abordés sont : les premières démarches d’installation (entre 2 et 4 heures), l’intégration socioéconomique (entre 16 et 20 heures) et la connaissance sur la vie et l’emploi en région (3 heures). Ces renseignements sont disponibles à www.immigration-quebec.gouv.qc.ca/fr/partenaires/ aidefinanciere/
pana/volet1.html.

Conjointement aux ressources mises en place par le gouvernement, plus de 150 organismes communautaires, répartis sur l’ensemble du territoire québécois, viennent soutenir les immigrants dans leurs efforts d’intégration. La liste des organismes est publiée sur le site du Ministère de l’Immigration. « Ce sont les principaux endroits où les nouveaux arrivants peuvent se référer de manière totalement gratuite et confidentielle », explique Juan José Fernandez. À l’organisme PROMIS, des services spécialisés en recherche d’emploi, en aide pour l’hébergement, en francisation, en défense des droits, etc. sont offerts.

Le français pour s’intégrer

Comme on peut s’en douter, la connaissance du français est un atout des plus précieux pour relever avec succès les défis de l’intégration. Non seulement elle permet d’accéder
au marché du travail et d’interagir avec la société d’accueil, mais elle offre également la possibilité de découvrir la culture québécoise.

Le gouvernement consacre d’importantes ressources pour franciser les nouveaux arrivants. Des cours à temps plein, à temps partiel et en milieu de travail sont offerts. Les
détails sur l’offre de cours sont disponibles à l’adresse http://www.immigration-quebec.gouv.qc.ca/fr/languefrancaise. Des formules d’apprentissage intensif sont offertes
à temps plein, à raison d’une trentaine d’heures par semaine, durant 11 semaines (avec la possibilité, par la suite, de passer au prochain niveau). Une aide financière est disponible pour ceux ayant besoin de soutien pendant leur apprentissage. Les cours à temps partiel sont offerts de jour, de soir et de fin de semaine. Le nombre d’heures d’enseignement par semaine varie de 4 à 12 heures. En plus des cours gouvernementaux, plusieurs institutions à travers la province proposent également des cours de français dans le cadre de leurs programmes d’études destinés aux adultes. Il est ainsi possible de suivre des cours dans les universités, les collèges d’enseignement général et professionnel (cégeps) et les commissions scolaires. Certaines écoles de langue privées offrent également des programmes de français.

Pour ceux qui ont déjà déniché un boulot et qui ne sont pas disponibles pour suivre des cours à temps plein ou à temps partiel, deux options mises en place par le gouvernement permettent tout de même de parfaire leurs connaissances du français. Deux centres d’autoapprentissage du français se situent respectivement à Québec et à Montréal. Les nouveaux arrivants peuvent y fréquenter un laboratoire informatique muni de plusieurs logiciels d’apprentissage du français et être épaulés par un professeur qui se trouve sur place pour répondre à leurs questions.

Le succès en chiffres

Fait intéressant : les immigrants qui parlent français demeurent au Québec dans une proportion plus élevée. Le pourcentage de rétention après dix ans oscillerait entre 80 % et 85 %. Outil indispensable pour réussir son intégration professionnelle, sociale et culturelle, les cours de français sont également utiles pour initier les immigrants à plusieurs aspects pratiques de la vie quotidienne au Québec, tout en leur permettant de partager leur expérience d’immigration avec d’autres récents venus.

Ainsi, selon Claude Fradette, responsable des communications au Ministère de l’Immigration et des Communautés Culturelles du Québec, environ 65 % des immigrants qui ne parlent pas français à leur arrivée assistent aux cours proposés par le gouvernement. Depuis 2004, les listes d’attente pour s’inscrire ont presque complètement disparu. Le ministère a même lancé des campagnes de publicité dans plusieurs médias pour encourager davantage d’immigrants à améliorer leurs connaissances du français.

Dans la même lignée, la Ministre de l’Immigration et des Communautés culturelles, Yolande James, a annoncé le 17 mars dernier plusieurs changements dans le programme
de francisation du gouvernement. « Ces mesures additionnelles […] visent trois objectifs : franciser plus tôt, c’est-à-dire avant l’arrivée au Québec des candidats sélectionnés, franciser plus en rejoignant de nouvelles clientèles, notamment au sein des entreprises, et franciser mieux en arrimant le contenu des cours aux besoins de certaines professions », a précisé la ministre James. Douze nouvelles mesures ont été mises en place. Trois principales nouveautés sont à noter pour les immigrants récemment arrivés au Québec. Premièrement, des cours sur mesure seront développés pour certains domaines professionnels pour répondre avec plus de précision à leurs besoins spécifiques. Deuxièmement, les cours de français à temps partiel seront offerts aux personnes ayant immigré au pays depuis plus de cinq ans et aux travailleurs temporaires et étudiants étrangers. Et finalement, davantage de cours de français seront disponibles en ligne.

En conclusion

Tout le monde en convient, immigrer dans un nouveau pays peut-être une expérience éprouvante. « S’adapter, c’est difficile. Et si on n’est pas bien préparé, on a l’impression d’avoir été trompé », conclut Claude Fradette. Ainsi, se renseigner sur sa province avant d’arriver grâce au guide Apprendre le Québec est un premier pas. Bénéficier des aides gouvernementales dès son arrivée en est un deuxième. Enfin, en apprenant le français, les nouveaux immigrants contribuent à accroître leurs chances d’intégration en facilitant leur arrivée sur le marché du travail et en développant un atout de taille pour mieux comprendre le code culturel du pays.

CNM

 

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