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Limiter les obstacles pour les nouveaux arrivants médecins PDF Print E-mail

Par Theresa Wojtasiewicz

Environ chaque semaine un article sur le manque de médecins parait au Canada. Pour ceux parmi vous qui ont suivi des études de médecine à l’étranger, vous pensiez que ce manque augmenterait vos chances d’immigrer, et vous donnait plus de points pour vous qualifier. Vous pensiez arriver au Canada et obtenir rapidement votre licence pour pratiquer la médecine. Mais, vous découvrez que le processus d’obtention de cette licence dépend du lieu où vous vous installez. De plus, ce processus peut être long et fastidieux. En fait, cela peut prendre plus longtemps que vous ne pouvez vous le permettre alors que vous devez subvenir rapidement aux besoins de votre famille et que vous n’avez, au final, aucune garantie de réussite.

Bien que l’image d’un médecin polonais conduisant un taxi à Toronto est probablement une exception qui confirme la règle, il est pourtant vrai que de nombreuses personnes formées et ayant pratiqué la médecine dans leur pays d’origine n’exercent pas leur profession au Canada. Plusieurs raisons expliquent cela. L’immigration est gérée par le gouvernement fédéral et c’est à ce niveau que sont prises les décisions relatives aux professions les plus en demande telles que les médecins ou les infirmières.

Cependant, les professions de secteur de la santé au Canada, contrairement à d’autres pays, sont réglementées par des ordres professionnels dans chaque province canadienne, plutôt que de manière centralisée au niveau fédéral. Chaque province canadienne a donc ses propres règles et démarches pour octroyer une licence à un médecin. Ainsi, de nombreuses complications peuvent-elles intervenir dans le système au niveau :

  • des écoles de médecine qui gèrent les programmes de formation en internat,
  • des institutions provinciales de contrôle qui délivrent les licences aux médecins et
  • des organismes de contrôle fédéral.

« Il y a de nombreuses pièces dans le puzzle qu’il faut assembler » explique Lynne Godfroy du service de quartier d’aide à la mise en liaison (sur Danforth), « et si une des pièces n’est pas bien alignée, alors les opportunités d’obtenir sa licence pour exercer la médecine sont nulles. »

Ce ne sont pas là les seules barrières. Les normes relatives à la pratique sont différentes d’un pays à l’autre et chaque province canadienne a ses propres normes et conditions qui doivent être remplies pour pouvoir exercer la médecine. Même si un médecin nouvellement arrivé a pratiqué dans son pays d’origine, il ou elle doit quand même passer des tests pour déterminer s’il ou si elle a besoin d’une formation additionnelle pour pouvoir exercer.

L’Ontario compte plus de 50 % des nouveaux arrivants au Canada, et parmi eux, 90 % s’installent à Toronto ou dans la région du grand Toronto. Il y a 6 écoles de médecine en Ontario et on a tendance à accorder la priorité aux diplômés locaux qu’aux immigrants pour combler les postes d’internes. A la fin des années 1990, par exemple, il n’y avait en Ontario que 24 postes de résidents disponibles pour des médecins formés à l’étranger et s’il y avait plus de diplômés issus des écoles locales que prévus cette année-là, ces postes étaient données aux étudiants locaux en priorité, et c’est une pratique courante à travers le Canada.

Cependant, depuis l’an 2000, la situation a beaucoup changé. Le gouvernement de l’Ontario (qui finance les postes de résidence) a augmenté le nombre de places disponibles pour les diplômés d’origine étrangère (IMG), augmentant ainsi le nombre de postes de 24 à 200. L’ordre des médecins et des chirurgiens de l’Ontario rapporte qu’en 2006, 42 % des licences accordées étaient accordées à des IMG, ce qui représente une augmentation d’environ 25 % par rapport aux années précédentes. De plus, cet ordre, le ministère de la santé et les 6 écoles de médecine de l’Ontario ont travaillé ensemble pour simplifier l’enregistrement et la délivrance de la licence mais aussi pour augmenter les possibilités d’évaluation et de formation pour les médecins étrangers.

Bien que le fait d’avoir augmenté le nombre de postes d’internat ait amélioré les chances d’un médecin étranger d’obtenir sa licence, le nombre des candidatures déposées demeure supérieur à celui des places disponibles. Etant donné que seuls les meilleurs sont acceptés, la compétition est rude et pleine de défis. Les candidats doivent passer des tests d’évaluation et obtenir des notes aussi élevées que possible pour augmenter leurs chances d’obtenir un poste de résident. Les écoles de médecine choisissent leurs candidats parmi ce groupe pour leur faire passer un entretien. Le directeur du programme de l’école proposera ensuite des postes de formation à ceux qu’ils considèrent les plus qualifiés.

Le Centre d'accès pour les professionnels de la santé formés à l'étranger de l’Ontario connaît les mêmes difficultés et obstacles que les IMG rencontrent. Ce centre partie d’une nouvelle agence gouvernementale et est la seule organisation de ce type au Canada. Pour les médecins nouveaux arrivants ou les professionnels de la santé formés à l’étranger, le centre propose des informations, des conseils et de l’aide pour aider les nouveaux arrivants dans le processus d’obtention de la licence.

Ce centre a une approche personnalisée qui est basée sur l’expérience de chaque candidat. Par exemple, une personne qui a récemment obtenu son diplôme dans une école de son pays d’origine aura des besoins différents de ceux d’une personne qui a pratiqué la médecine pendant plusieurs années. Le centre d’accès aidera les nouveaux arrivants à comprendre comment le processus fonctionne, à déterminer combien de temps cela prendra pour obtenir leur licence et aussi à mettre au point un plan d’action pour atteindre leurs objectifs. Si, par exemple, un médecin nouvellement arrivé a une famille à entretenir et que le délai pour obtenir sa licence est trop long, un conseiller pourra lui suggérer d’autres professions que son éducation et sa formation en médecine pourront lui permettre d’obtenir. Cela peut être un poste dans une compagnie d’assurance ou un laboratoire pharmaceutique, un travail comme technicien ou chercheur. Le centre oriente aussi les nouveaux arrivants vers des centres de formation linguistique et des organisations communautaires pour les aider dans leur processus d’intégration.

L’étape suivante dans le processus pour le médecin nouvel arrivant est de passer un test d’évaluation. En Ontario, ceci est géré par le CEHPEA (le centre pour l’évaluation des professionnels de la santé formés à l´étranger). Le CEHPEA est un centre d’évaluation seulement. Les médecins nouveaux arrivants utilisent les résultats de l’évaluation du CEHPEA pour rentrer dans la compétition afin d’obtenir une poste de formation d’interne. Les médecins nouveaux arrivants ont souvent besoin de formation additionnelle car les programmes d’éducation en dehors du Canada ont souvent un contenu différent, une durée différente, ou n’ont pas le même accès à la technologie que les programmes canadiens.

Malgré les améliorations faites au cours des 8 dernières années, le processus d’obtention de la licence pour les médecins nouveaux arrivants et de l’autorisation d’exercer est toujours assez compliqué et peut sembler interminable. Les décisions prises en 1990 par le gouvernement de l’Ontario de l’époque ont eu un effet néfaste sur le secteur de la santé. Cet effet néfaste est juste en train d’être résolu, en partie grâce aux levées des obstacles auxquels les médecins formés à l’étranger doivent faire face. Une suggestion a été faite pour créer un organisme en charge et indépendant qui serait en mesure de travailler en dehors de l’influence des gouvernements provinciaux et fédéral. Cet organisme aurait pour tâche d’analyser les domaines qui affectent les médecins dans l’obtention de leur licence et d’assurer que processus est aussi simple que possible, dans toutes les provinces canadiennes.

Pour plus d’informations en ce qui concerne l’une des organisations susmentionnées et son rôle dans le processus, veuillez visiter les sites Internet suivants.

CNM

 

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