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Éditorial

La question qui nous a été le plus souvent posée depuis que nous avons commencé à publier notre magazine est « pourquoi ne le publiez-vous pas dans d’autres langues que le français ou l’anglais ? » Notre réponse habituelle est « parce que l’anglais et le français sont les langues officielles du Canada. Si vous n’apprenez pas au moins l’une de ces langues vous aurez du mal à trouver un emploi décent dans ce pays et vous n’atteindrez probablement jamais tout votre potentiel en tant qu’employé, employeur ou contributeur à la société canadienne. Le Magazine du nouvel arrivant au Canada a été créé pour vous aider à vous installer et à vous intégrer dans votre nouveau pays. Et, apprendre à parler la langue du marché est une étape vitale dans votre processus d’intégration. »

Les gens ont polémiqué avec nous sur ce point. Beaucoup de lecteurs d’origine chinoise affirment connaître des individus dans leur communauté qui se débrouillent très bien sans être capables de parler un mot d’anglais. Ils lisent des journaux en chinois, font leurs courses dans des magasins et supermarchés chinois, mangent dans des restaurants chinois et font affaire avec des clients chinois. Face à ces preuves tangibles, nous devons bien admettre que pour une petite partie de la population, il est possible de se débrouiller comme cela au Canada sans trop de soucis. Bien sûr, vous ne serez jamais en mesure d’aider vos enfants avec leurs devoirs, de remplir votre déclaration d’impôts, de faire affaire avec des entreprises plus larges ou des institutions sans la présence d’un interprète ou encore d’être en phase avec la culture qui vous entoure. Vous manquerez peut être des opportunités de développement personnel, il vous sera impossible de changer de carrière, des tâches de base vous frustreront et vous ne pourrez pas interagir avec des personnes issues d’autres cultures – vous ne serez donc pas en mesure de participer à la vie canadienne. Vos enfants seront peut être canadiens, mais vous serez toujours chinois, ou russe, ou asiatique du sud vivant au Canada, plutôt que canadien. Et si cet état de fait vous convient, nous ne discuterons pas ce point, mais nous n’assumerons ni les problèmes ni les dépenses liés à la rédaction d’un magazine dans votre langue. Si nous commençons à traduire notre magazine dans d’autres langues, où nous arrêterons nous ? Il devrait forcément y avoir une version en chinois, hindi, urdu et espagnol. Et si notre objectif était de le rendre accessible à toutes les communautés majeures, nous devrons aussi faire des versions en russe, farsi, tagalog, portugais… En fait, décider quelle langue exclure serait un sacré dilemme. Enfin, nous ne vous rendrons plus le service de vous aider à vous intégrer au Canada en vous fournissant des informations dans les langues du marché – afin que vous appreniez l’anglais (ou le français) en même temps que vous accumulez l’information qui facilitera votre intégration.

Donc, en gros (une expression canadienne qui veut dire « en résumé »), en publiant le magazine dans les deux seules langues officielles, nous considérons que les classes d’ALS (et de FLS) sont les éléments les plus importants dans votre processus d’intégration. Si vous voulez être canadien, vous devez apprendre à communiquer avec d’autres canadiens.

Dale Sproule
Rédacteur en chef

CNM

 

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