| L’importance de l’intelligence émotionnelle est-elle une évidence ? |
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Styles de vie canadiensPar Sabine Ehgoetz Sabine Ehgoetz vit actuellement à Toronto où elle travaille en tant que journaliste indépendante, correspondante à l’étranger, traductrice et mannequin. En décembre 2007, elle fêtera ses trois ans de résidence au Canada
Grâce aux médias, nous avons appris que Sharon Stone (qui a un QI de154) est presque aussi intelligente que Bill Gates (QI de 160), et que Hillary Clinton (QI de 140) avait bien plus de matière grise que son mari Bill (QI de 137). Et qui aurait cru que George W. Bush n’a pas été particulièrement gâté par la nature en matière d’intelligence et qu’il traîne derrière ses prédécesseurs avec un QI de 98 seulement. On a tendance à croire que le gouvernement américain est à l’origine de la théorie du quotient de l’intelligence émotionnelle (QE) pour faire en sorte de valoriser ses dirigeants; or cette idée a en fait vu le jour en 1990 après avoir été développée par deux professeurs de psychologie des universités de Yale et de New Hampshire. La définition courante du QE est « l’aptitude, la capacité ou les compétences à percevoir, évaluer et gérer ses propres émotions et celles des autres ou des groupes » ce qui n’est pas exactement similaire au QI, car ce type d’intelligence se mesure difficilement. Personnellement, je préfère continuer de croire que l’intelligence émotionnelle, tout en étant proche de l’intelligence pratique, reste différente, car dans mon cas la première est nettement supérieure à la seconde. Après avoir appris, suite à de nombreuses discussions avec hommes et femmes, que je manquais de bon sens, j’ai donc fini par l’admettre. Après tout, le bon sens est probablement moins utile et certainement moins efficace que mes fortes compétences en empathie, qui, lorsque exprimées de manière négative, peuvent aussi être interprétées comme de la pure manipulation. Que cela soit vrai ou non, on dit que les femmes sont en général plus douées que les hommes dans ces domaines. Je n’en ai aucune preuve, mais je pense sincèrement que c’est le cas. Cela ne devrait en aucun cas laisser croire que je pense que nous sommes moins intelligentes que les hommes. Peut-être est-ce juste de dire que nous sommes moins orientées sur la pratique et un peu plus conscientes des sentiments des personnes qui nous entourent. Enfin, l’intelligence émotionnelle, tout comme la conscience spatiale, la sagesse ou le sens pratique, n’est pas une qualité propre aux hommes ou aux femmes. En revanche, c’est une compétence importante à avoir lorsque vous devez gérer des collègues difficiles, un superviseur exigeant ou un conjoint grognon. Le fait de pouvoir lire l’humeur de quelqu’un et donc de savoir ce que cette personne veut vraiment peut être essentiel pour réussir un entretien de recrutement, pour gérer des personnes agressives dans le métro ou pour passer le videur d’une boite de nuit huppée. Est-ce que cela signifie que le QE mesure à quel degré vous pouvez jouer le rôle d’une personne que vous n’êtes pas en réalité ? Pas nécessairement. Il est bien plus question de montrer l’aspect de votre personnalité qui sera le mieux reçu par les personnes avec qui vous êtes en contact à un moment donné. En pratique, voici une situation : imaginez que vous postulez à l’emploi de vos rêves. Quelle que soit la personne qui vous interviewera, elle vous posera beaucoup de questions sur vos qualifications et compétences, et bien entendu vous devrez y répondre correctement. Mais au-delà de cela, il y a un tout autre niveau de communication que vous ne pourrez pas cerner avec l’aide seule de vos méninges. Est-ce que la femme en face de vous manque d’assurance au fond d’elle et recherche-t-elle à être rassurée dans sa prise de décision ? Faites-lui des compliments et semblez savoir exactement ce que vous faites. Est-ce que le type des ressources humaines semble avoir passé une mauvaise journée ? Un sourire chaleureux illuminera sa journée, cela vous aidera plus à décrocher l’emploi que vos réponses correctes aux questions posées. Certaines personnes ont un fort QE naturellement, mais, si ce n’est pas votre cas, vous risquez de ne pas comprendre ce dont je suis en train de parler. Peut-on alors développer une sagesse émotionnelle ou doit-on dépendre seulement de son intelligence pour obtenir ce que l’on veut dans la vie ? Etant donné que ce sujet n’est pas traité dans les livres et que vous ne pouvez pas l’apprendre à l’école, cette question reste sans réponse. Je pense que nous pouvons tous améliorer notre QE en étant très attentifs aux signaux que les autres nous envoient : le ton de leur voix, leur choix des mots, leurs gestes ou même la manière dont ils s’habillent, marchent ou rient. Si l’on tient compte de ces éléments, je ne suis toujours pas sûre comment M. Bush s’est débrouillé pour se faire élire président à deux reprises. Toutefois, je suis presque certaine d’une chose, c’est que l’importance du QI va reculer pour faire place à des facteurs tels que l’intelligence émotionnelle et la sagesse empathique. CNM
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Il y a quelques années, l’évaluation des ressources intellectuelles des personnes en mesurant leur QI par des tests mathématiques compliqués, était une pratique courante.