| Apprendre à penser comme un canadien |
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Par Claudio Munoz Depuis l’an 2000, plus de 100 000 travailleurs qualifiés sont arrivés au Canada chaque année. Si l’on en croit plusieurs organisations gouvernementales et agences pour l’emploi, cela pourrait prendre plus d’un an à un professionnel formé à l’étranger pour trouver un emploi qui soit en rapport avec ses qualifications. Nava Israel est une diététicienne qui a immigré au Canada il y a environ six ans. Après avoir eu des difficultés avec la langue, le processus d’accréditation, et plus ou moins recommencé sa carrière à zéro, elle a fini par devenir directrice du programme de transition pour diététiciens de l’université Ryerson. « J’ai rencontré d’autres personnes, issues du même type de programmes, avec la fonction de travailleur social ou infirmière. Nous avons beaucoup appris les uns des autres et avons réalisé que la plupart des professionnels formés à l’étranger sont confrontés à des obstacles similaires dans le contexte canadien, et ce quelle que soit leur profession. » Que signifie contexte canadien ?
Les réponses à ces questions n’ont rien à voir avec vos compétences professionnelles ; elles sont juste culturelles. Si vous êtes un ingénieur en provenance d’Inde, vous savez probablement comment construire un pont. La chose que vous ne savez peut être pas faire c’est gérer un projet similaire au Canada. Cette observation est à l’origine de la création d’un tout nouveau programme à l’école Chang de l’université Ryerson. Financé par le gouvernement du Canada et le gouvernement de l’Ontario, il est appelé Communication professionnelle pour l’emploi (PCE) et a été conçu exclusivement pour les professionnels formés à l’étranger. Ne vous méprenez pas, il ne s’agit pas seulement d’un cours d’anglais langue seconde pour le travail, mais aussi d’un apprentissage des aptitudes à la vie quotidienne. Israel, désormais directrice du programme PCE, nous donne plus d’explications. « Quand on parle d’aptitudes à la vie quotidienne on entend la pensée critique, les compétences en communication avec les autres, le langage approprié dans un lieu de travail canadien et en public. » Un programme sur mesureLe programme débute avec une journée d’évaluation appelée « Etes-vous prêt professionnellement pour trouver un emploi. » Pendant ces sessions, vous serez en contact avec d’autres professionnels et avec certains intervenants pour créer un environnement qui ressemble tout à fait à un lieu de travail au Canada. On attendra de vous que vous lisiez quelque chose, que vous compreniez le lieu du travail, que vous participiez à des discussions, que vous fassiez des présentations et que vous vous comportiez comme si vous occupiez un véritable travail. Depuis février, l’équipe du PCE travaille avec de nombreux employeurs, pour créer des profils à jour, qui ne sont pas des compétences professionnelles mais plutôt une liste de ces aptitudes qu’un candidat doit être en mesure de maîtriser pour trouver un travail au Canada. Tout le contenu utilisé lors des simulations, des événements et le support de lecture, a été développé avec des employeurs comme Compuwear et la banque TD. Donc, par exemple, si vous souhaitez poursuivre une carrière en tant que directeur d’agence, vous aurez besoin d’un groupe très spécifique d’aptitudes quotidiennes, si l’on en croit les employeurs de ce secteur. « Une fois que la période d’évaluation est terminée, nous établissons le profil du candidat selon ses points forts et en fonction de ce que l’on attend de lui dans ce domaine » explique Israel. « En fonction de l’emploi que vous souhaitez obtenir, et de la description de l’employeur pour ce type de travail, on vous montrera le niveau à atteindre et on définira les domaines dans lesquelles vous devez progresser avant de pouvoir obtenir le poste que vous souhaitez » explique-t-elle. « C’est à vous de choisir quoi faire par la suite. » Le programme PCE est conçu pour vous. Après l’évaluation, vous pourrez créer votre propre emploi du temps. Phil Schalm, directeur du programme de transition pour les travailleurs formés à l’étranger de l’école Chang explique « vous pouvez peut-être dédier votre temps à améliorer un aspect bien précis. Le mois suivant vous pourrez vous concentrer sur d’autres compétences et ainsi améliorer votre niveau. Ou bien vous pouvez juste assister aux cours qui vous permettront d’accéder au niveau suivant. Après avoir travaillé pendant un certain temps dans un travail de niveau moyen, vous pouvez revenir pour améliorer vos compétences de manière à obtenir une promotion. Le programme est non seulement destiné aux immigrants qui n’ont pas encore trouvé un emploi, mais aussi à ceux qui cherchent à évoluer, et cela quelle que soit la durée de votre résidence au Canada. » Le truc en plusDans le futur, la période d’évaluation fera partie intégrante du cours lui même. « Vous ne viendrez pas seulement pour une journée, mais vous viendrez pour une série d’ateliers, appelés planification de développement professionnel, où nous vous aiderons à comprendre ce que sont ces aptitudes quotidiennes et comment vous pouvez vous en servir pour obtenir ce que vous voulez. Ces ateliers nous aideront aussi à vous associer avec un mentor, car le PCE est doté d’un programme de mentorat. Le mentor vous aidera à créer votre réseau dans la profession ou à participer à des événements, entre autres choses bien spécifiques » explique Israel. « Le but est d’aider les immigrants à s’intégrer dans l’économie. Ce n’est pas un programme académique pour obtenir des crédits ou un diplôme. Il est conçu pour être pratique. Il n’y a pas de théorie ou de philosophie ; il s’agit simplement de ce qui va vous permettre d’obtenir votre travail. C’est pour cela qu’il n’a pas été créé par des universitaires mais par des employeurs » explique Schalm. Il y a une raison pour laquelle les employeurs ont été aussi impliqués dans le développement de ce programme. Les dirigeants ne sont pas seulement venus à Ryerson pour aider à construire un « environnement de travail simulé » ou des outils pour la journée d’évaluation. Eux aussi évaluent des candidats, amenant ainsi un goût de ce qu’est une vraie évaluation au travail. Ils tirent aussi avantage de ce programme. A la fin des cours ou après votre évaluation, si l’école détermine que vous n’avez pas besoin de formation additionnelle, vous recevrez un document certifiant que vous avez démontré avoir les compétences requises pour travailler avec succès dans votre domaine. « C’est comme un diplôme d’expérience canadienne » explique Schalm. Il est destiné aux individus qui veulent mettre en avant leurs compétences de la meilleure manière possible, mais il aide aussi les employeurs à mieux évaluer ce qu’ils obtiennent en vous embauchant. Vous pouvez intégrer quelques cours du programme PCE sans la période d’évaluation d’une journée. Dans le cours « expression et prononciation, » l’enseignant évalue personnellement le candidat de manière à créer un processus de travail unique. « Les nombres au travail » concerne toutes les compétences en mathématique et les statistiques pour les professionnels formés à l’étranger qui ont besoin d’une mise à jour. Pour tous les autres cours, à savoir compétences en réflexion, en communication, et le contexte canadien, vous aurez besoin de participer à la journée d’évaluation. Pour plus d’informations, pour se renseigner sur les frais ou les dates, contacter Janice Mah, adjointe au programme au 416-979-500 poste 2772. Vous pouvez aussi visiter leur site Internet en passant par le site de Ryerson sur www.ryerson.ca/ce/gateway. CNM
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