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Des petits boulots vraiment pour survivre … PDF Print E-mail

par Marcela Mayo

Déménager dans un nouveau pays n’est pas une tâche facile. Cela peut prendre des mois, voire des années pour apprendre la langue, s’adapter à la nouvelle culture et trouver un travail dans votre domaine. Il s’agit d’un processus qui demande beaucoup de patience et d’efforts.

Mais sachez toutefois que les factures n’attendront pas ! Le loyer et les dépenses liées au foyer, les frais de transport, de nourriture et l’achat de vêtements d’hiver appropriés s’accumulent très rapidement.

A moins que vous ayez prévu suffisamment d’économies pour survivre jusqu’à ce que vous trouviez un emploi dans votre domaine, il se peut que vous soyez dans l’obligation d’accepter un « emploi au bas de l’échelle » ou un « petit boulot ».

« Les petits boulots sont parfois nécessaires » dit Sharon Magor, directrice de marketing chez JVS Toronto, une agence communautaire à but non lucratif qui aide les nouveaux arrivants en leur offrant une grande variété de programmes. « Selon mon expérience, je conseillerais de commencer à travailler aussitôt que possible pour pouvoir subvenir à vos besoins et, si possible, améliorer votre éducation » explique-t-elle.

La majorité des immigrants recherchent des emplois au bas de l’échelle pour des raisons financières, mais ces derniers offrent d’autres avantages. Ils vous permettront de vous informer sur la culture canadienne, rencontrer de nouvelles personnes et améliorer vos compétences linguistiques en anglais, ou votre français si vous avez immigré au Québec.

Comme la plupart des immigrants, Daniel Blumenfeld a fait de nombreux petits boulots jusqu’à ce qu’il en trouve un dans son domaine, la programmation informatique. Pendant les trois premières années, il a travaillé en tant qu’associé aux ventes, commis à la saisie de données et traducteur. « Selon mon expérience, le meilleur petit boulot est celui qui est dans votre domaine » conseille M. Blumenfeld. Il y a de nombreux petits boulots sur le marché du travail. La meilleure approche est de rechercher les différentes options disponibles et trouver le type de travail que vous aimeriez faire.

« Le meilleur petit boulot est celui qui vous donne la liberté de continuer à rechercher le travail de vos rêves » ajoute Mme Magor.

Mais, dépendamment de l’urgence de trouver du travail, de votre âge, de votre sexe et de votre personnalité, il se peut que vous préfériez un petit boulot à un autre. Le salaire et les heures de travail varient selon le type d’emploi. Selon la loi, les employeurs ne peuvent pas vous payer en dessous du salaire minimum établi par la province dans laquelle vous habitez.

« Nos salaires sont compétitifs dans ce marché » affirme Heather Seabrook, spécialiste en communication chez Best Buy Co., un revendeur nord-américain spécialisé dans l’électronique grand public, les ordinateurs personnels et les logiciels de divertissement.

« Tous nos employés travaillent le soir et les fins de semaine » ajoute-t-elle.

Les magasins de détail à succursales comme Best Buy offrent aussi des opportunités de travail saisonnier, par exemple avant la rentrée scolaire et pendant les vacances. Si vous voulez obtenir un travail saisonnier, Noël est une excellente période.

Associé des ventes, télévendeur (centre d’appels), caissier, préposé de station d’essence, commis de bureau, livreur, nettoyeur, employé d’usine ou d’entrepôt sont des petits boulots très courants. Il est important de faire des recherches et de parler aux personnes qui sont au Canada depuis longtemps. Il se peut qu’on vous donne des conseils et des informations utiles.

La plupart des entreprises vous offriront une formation rémunérée. Les centres d’appels proposent des salaires relativement corrects en comparaison aux autres petits boulots et demandent généralement aux candidats de parler une deuxième langue.

Les emplois dans les usines ou les entrepôts sont généralement rémunérés au salaire minimum et ont des horaires irréguliers. Travailler pour une compagnie de déménagement peut vous sembler correspondre à vos besoins, mais sachez que cela implique du travail physique et n’est pas réputé pour être stable.

Occuper un poste d’associé des ventes peut être amusant et vous permettre de rencontrer beaucoup de gens. N’oubliez pas qu’il existe plusieurs types de magasins. Si vous êtes photographe professionnel par exemple, il peut s’avérer intéressant de travailler dans un magasin de photographie pour commencer.

« Les données démographiques de nos magasins montrent que nous avons une grande diversité culturelle parmi nos employés » explique Mme Seabrook. Les journaux sont également une bonne source pour la recherche d’emploi. Quelques-uns sont distribués gratuitement. Les sites web tels que www.workopolis.com et www.monster.ca sont d’excellentes ressources. Si vous n’avez pas d’ordinateur, vous pouvez aller à votre bibliothèque de quartier, la plupart des branches disposent d’ordinateurs pour usage public.

Vous pouvez parfois déposer votre candidature en ligne. Pour savoir si cela est possible, visitez le site de l’entreprise en question ou téléphonez leur. Si, en vous promenant dans un centre commercial, vous voyez un panneau « poste(s) à pourvoir », ne soyez pas timide. Entrez et demandez à voir le responsable. Il sera en mesure de vous parler du profil recherché et des procédures pour postuler.

Pour postuler à n’importe quel emploi au Canada, vous aurez besoin d’un curriculum vitae et d’une lettre de présentation selon les normes canadiennes. Si vous avez besoin d’assistance pour les préparer, il faut rechercher une organisation financée par le gouvernement et/ou un bureau de Ressources humaines et Développement des compétences Canada proche de chez vous.

Parmi ces organisations à but non lucratif, il y a JVS Toronto, qui offre des ateliers de recherche d’emploi, des services d'emploi aux nouveaux arrivants, des programmes de mentorat et d’expérience professionnelle.

« Notre première étape sera d’évaluer vos compétences, aptitudes et centres d’intérêt afin de vérifier si vous correspondez aux exigences des employeurs locaux » explique Mme Magor. « Je conseille à tout nouvel arrivant de participer à l’une de nos sessions d’orientation, de rencontrer un conseiller et ensuite d’élaborer un plan d’action » ajoute-t-elle. Il y a des ressources disponibles en ligne pour vous aider à réaliser votre curriculum vitae et votre lettre de présentation en vous inspirant de modèles. L’Internet offre une multitude de ressources de ce type.

Mais le réseautage reste probablement le meilleur moyen de trouver du travail. Les gens, au Canada, adorent faire du réseautage ! Ne vous sentez pas gêné et présentez-vous. Faites savoir aux personnes que vous rencontrez que vous êtes nouvellement arrivés dans le pays et que vous êtes à la recherche d’emploi. Vous serez surpris par le nombre de personnes qui seront prêtes à vous aider. C’est également un excellent moyen de se faire des amis.

Il ne faut pas sous-estimer les petits boulots car ce sont des solutions temporaires pour « survivre » jusqu’à ce que vous trouviez du travail dans votre secteur d’expertise. N’oubliez pas que seule une minorité d’immigrants est chanceuse de trouver du travail immédiatement dans son domaine. La majorité, quant à elle, n’a pas autant de chance et doit reprendre des études avant de pouvoir accéder à ces emplois ou attendre que leur diplôme soit localement reconnu. Et cela peut prendre du temps.

En attendant, profitez de votre petit boulot et faites que chaque expérience soit constructive pour vous. Inscrivez-vous à des cours d’anglais langue seconde (ESL) dans votre domaine d’expertise. Améliorez vos compétences linguistiques car cela est essentiel pour trouver un meilleur emploi. Préparez un plan d’action et continuez à travailler dur pour atteindre votre objectif à long terme qui est de trouver un emploi dans votre profession.

CNM

 

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