| Modes de vie canadiens: L'art de faire bien - les codes éthiques au travail au Canada |
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par Sabine Ehgoetz Sabine Ehgoetz vit actuellement à Toronto où elle travaille en tant que journaliste pigiste, correspondante à l’étranger et traductrice. En décembre 2005, elle a célébré son deuxième anniversaire en tant que résidente canadienne. « Pendant les premières semaines dans mon travail au Canada, j’avais constamment peur de perdre mon emploi tout de suite et d’être renvoyé » explique Asim, un expert en technologie de l’information en provenance de l’Inde qui a obtenu un emploi dans le domaine du support technique dès son arrivée au Canada. Aujourd’hui, 6 ans plus tard, il sourit en se rappelant ses inquiétudes initiales. « Je n’étais pas vraiment préoccupé par mes compétences ou par le fait de faire des erreurs, je me posais des questions sur ce que l’on attendait de moi du point de vue comportemental dans mon nouvel emploi, et je me suis souvent senti rustre et peu avenant. » Cela peut paraître surprenant pour une personne venant d’une culture réputée chaleureuse et très accueillante. Cependant, il y a de nombreuses différences entre les codes éthiques dans les entreprises canadiennes et indiennes. Tandis qu’Asim trouve le code vestimentaire à son travail actuel beaucoup plus décontracté et déréglementé qu’en Inde, il n’en croit toujours pas ses yeux quand il observe toutes les petites règles que vous devez observer et suivre pour paraître poli et avenant. « Au début, c’était très bizarre pour moi d’entendre les canadiens se dire merci aussi souvent. En Inde, nous nous faisons juste un petit sourire ou un hochement de tête pour remercier un collègue. Au Canada il faut utiliser beaucoup de mots. » Une autre grande différence sur les règles au travail entre les deux pays est la façon dont les réunions sont organisées et tenues. « Je n’étais pas habitué à être précisément à l’heure indiquée pour une réunion » admet Asim. En Inde, les conférences et les réunions d’équipes ne sont généralement pas strictes au niveau des horaires. Le début de la réunion est souvent reporté et il n’y a en général pas d’heure de fin pré-établie, c’est pourquoi le système nord-américain des réunions qui se suivent ne serait pas possible là-bas. Aussi, les indiens de l’est ont tendance à échanger beaucoup de renseignements personnels avant d’entrer dans le vif du sujet. Une personne ne commencerait jamais la réunion directement sans avoir d’abord abordé des sujets qui n’ont rien à voir avec le sujet de la réunion. Les vraies décisions sont principalement prises par l’encadrement, derrière des portes closes, bien longtemps après avoir été discutées par le groupe. Il n’est donc pas étonnant que les travailleurs de l’est de l’Inde aient du mal à s’adapter à la culture canadienne des présentations PowerPoint ou à suivre les procédures définies sur un mémo. Curieusement, Manuela, une représentante des ventes qui est originaire d’Allemagne, a une opinion tout à fait différente sur le sujet. « Dans mon pays, on ne passe jamais autant de temps à discuter de sujets sans importance sans arriver à la moindre conclusion. » Chaque fois qu’elle doit envoyer un email il faut qu’elle se souvienne d’inclure les standards de conversations traditionnels, comme le classique « comment vas tu ? », ajouter une question sur la fin de semaine du destinataire du message ou bien souhaiter une bonne journée avant de finir avec un « sincèrement vôtre », « cordialement » ou au moins de les remercier à l’avance pour tout ce qui a été demandé dans le message. En Allemagne, particulièrement pour les messages électroniques, les communications ont tendance à être beaucoup moins formelles et sans fioritures. Une chose devient vite très claire lorsque l’on demande aux nouveaux arrivants venant d’autres pays comment ils trouvent leur expérience au travail ici, les codes éthiques ne sont jamais propres au pays, mais relatifs au pays d’où vous venez. Quelque chose que tout le monde devrait garder à l’esprit, particulièrement dans l’environnement multiculturel du travail canadien, est qu’il est nécessaire de développer une maîtrise des schémas comportementaux et de la sensibilité de chaque employé avec des origines ethniques différentes. Bien sûr cela veut toujours dire que chacun d’entre nous doit à un moment donné apprendre à suivre les règles de son entreprise et les critères établis par l’équipe d’encadrement. Les travailleurs qualifiés venant du Japon, par exemple, sont souvent habitués à beaucoup plus de règles et procédures au travail, mais ont du mal à atteindre les objectifs qui leur sont donnés. Ce n’est pas parce qu’ils ne sont pas assez qualifiés (c’est souvent le contraire), mais simplement parce qu’ils ne sont pas habitués à prendre l’initiative, à faire des suggestions pour améliorer et certainement pas pour critiquer les structures existantes. Cara, un travailleur canadien dans le cadre du développement de programmes d’aide à l’emploi, et qui a travaillé au Japon en tant que spécialiste de la communication sait pourquoi « au Japon, lorsque je (si je le faisais) présentais mes idées ou suggérait des changements à mes supérieurs, ils étaient souvent ignorés. La seule autonomie que j’avais était établie par la structure des attentes en place dans la société. » La plupart des entreprises canadiennes qui exploitent la compétitivité, l’indépendance ou l’individualité représentent un défi pour les japonais qui croient que la hiérarchie et l’autorité doivent co-exister en permanence. Pour les européens comme Manuela, cela semble presque impossible. Elle se souvient de ce qu’elle considère comme son pire faux-pas jusqu’à présent dans son travail dans une agence de publicité moderne et assez décontractée. Elle était gênée par l’air conditionné glacial et elle a envoyé un courrier électronique groupé à ses collègues en leur demandant si eux aussi étaient gênés par l’air conditionné et se proposant d’aller discuter de ce problème avec le responsable de l’air conditionné. Deux heures plus tard, son superviseur s’approche de son bureau pour lui dire que la personne chargée de l’air conditionné avait senti que son autorité avait été bafouée et que le directeur des finances de la société avait envoyé un courrier électronique indiquant que le système de messagerie de l’entreprise n’était pas un outil en place pour discuter de la température du bureau. Bien que Manuela ait retenu la leçon après cet incident, elle trouve toujours cela difficile de ne pas parler directement à un membre du comité de direction d’un problème urgent à la machine à café lorsqu’elle l’y rencontre, plutôt que de passer par son superviseur, même si cela va prendre des jours au lieu de minutes. Le temps est aussi un problème pour Claudio, éditeur en second du Magazine du nouvel arrivant au Canada qui a déménagé au Canada en provenance du Chili, où les heures de bureau sont très différentes. Il doit se lever beaucoup plus tôt que ce à quoi il est habitué pour aller au travail ici qu’il ne devait le faire au Chili, où les heures de bureau sont en général de 10 heures du matin à 8 heures du soir, ce qui comprend une sieste prolongée avec un bon gros repas. La rapide pause sandwich qu’il fait ici ne doit pas vraiment correspondre à son idée de reprendre des forces pour le reste de la journée. A part cela, il admet qu’il y a des avantages à travailler dans un bureau canadien, comme par exemple de pouvoir écouter son groupe préféré dans son bureau alors qu’il n’aurait pas pu ne serait-ce qu’allumer la radio au Chili. D’où que vous veniez et quelles que soient vos préoccupations à propos de votre nouvelle activité dans une entreprise canadienne, il y a une chose que vous devez garder à l’esprit : les gens vont se rendre compte que vous êtes nouveau et ne s’attendent pas à ce que vous vous comportiez comme quelqu’un qui a vécu ici toute sa vie. Vous finirez bien par vous habituer aux méthodes canadiennes, mais il n’y a pas de raison pour vous stresser au début si vous remarquez que vous n’avez pas tout compris tout de suite. CNM
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