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Durant les premiers mois qui suivent leur arrivée, les immigrants sont particulièrement vulnérables car ils doivent prendre des décisions qui pourraient avoir un impact considérable sur leurs capacités à bien s'établir dans le pays.
Ainsi, à chaque fois que l'un de mes clients arrive au Canada, j'essaie toujours de passer quelques minutes pour partager quelques précautions et donner des conseils en matière de finances.
Voici mes principales suggestions :
- Obtenir des conseils juridiques avant de signer la moindre « offre », qu'il s'agisse de l'acquisition ou de la location d'un appartement, d'une maison ou d'une affaire. J'ai vu tellement de nouveaux immigrants qui sont venus me voir pour me demander de l'aide après avoir signé ce qu'on leur a dit être
« juste une offre
». Ils n'étaient pas conscients qu'une fois une offre est acceptée par l'autre partie, elle devient accord contraignant applicable par les tribunaux canadiens. Souvent, après la signature de ce type d'offre, un client se rend compte qu'il a payé plus qu'il n'aurait dû ou qu'on a tout simplement profité de lui d'une manière ou d'une autre. Si le client décide de se désister, il se rend alors compte qu'il est contractuellement lié dans une mauvaise affaire risquant de l'handicaper à long-terme.
- Choisir un avocat réputé et expérimenté spécialisé dans le domaine relatif à l'offre, c'est-à-dire, droit immobilier ou commercial et lui demander de revoir l'offre avant de la signer. De nombreux nouveaux arrivants retiennent principalement les services d'hommes d'affaires, d'agents immobiliers ou d'avocats car ils parlent la même langue et proviennent de la même culture. Mais ces atouts ne suffisent pas. Il se peut que les nouveaux arrivants se sentent en sécurité avec une personne qui parle leur langue, mais le plus important à retenir est d'avoir des conseils de la part d'un avocat qui a une expérience extensive dans la lecture de certains types d'accords et qui est en mesure de dire ce qui doit être stipulé dans ces derniers et ce qui ne doit pas l'être. Une heure de conseil juridique de qualité peut vous éviter des années de troubles
financiers.
- Les nouveaux arrivants doivent se méfier des personnes qui leur disent
« c'est un contrat
standard ». Bien entendu, le formulaire du contrat peut être standard, mais de tels contrats doivent toujours être supplémentés de calendriers, de termes additionnels qui comprendraient les protections essentielles pour l'une des deux parties. Si, par exemple, vous voulez acheter un magasin, le vendeur a besoin du consentement du propriétaire des murs avant de vendre l'affaire en question. Si l'acheteur n'ajoute pas une clause requerrant au vendeur d'obtenir le consentement écrit du propriétaire des murs, comme cela est stipulé dans le contrat de bail, l'acheteur aura versé une bien grosse somme pour une superbe affaire dont il devra rapidement vider les lieux. Sans le consentement écrit, l'acheteur se retrouvera à la merci d'un propriétaire qui essayera probablement
de profiter de sa vulnérabilité en augmentant considérablement le loyer ou en demandant des concessions que l'acheteur n'aurait jamais acceptées. Ces concessions peuvent mener à une affaire bien moins profitable ou viable que l'acheteur n'aurait pensé.
- Les nouveaux arrivants qui prévoient de se lancer dans les affaires, à leur propre compte ou qui souhaitent signer un contrat commercial doivent le faire au nom d'une société qui leur appartient ou qu'ils ont fondé. Cela ne coûte pas cher de créer une société, tout particulièrement si on tient compte de la protection qu'elle peut offrir. En fondant une société, le fondateur créé une nouvelle entité juridique distincte de sa personne. Si la société signe un contrat qu'elle ne peut remplir, seuls ses actifs seront accessibles aux créanciers. Et les actifs personnels de l'actionnaire ne sont pas disponibles pour satisfaire les obligations contractuelles de la société.
- Les nouveaux arrivants ne doivent pas prêter leur argent ou en céder le contrôle à quelqu'un sans avoir au préalable obtenu des conseils juridiques indépendants. Dans plusieurs pays, la méthode de documentation pour un crédit est très basique et les possibilités de collecter les fonds peuvent être très sommaires et efficaces en raison des normes culturelles locales. Dans certains pays, les stigmates sociaux peuvent être forts pour les personnes qui ne remboursent pas leurs dettes. Cela n'est pas le cas au Canada. Ici, le processus légal est compliqué, extrêmement cher, et incroyablement long. Au Canada, une personne ne va pas en prison parce qu'elle n'a pas payé ses dettes. Un emprunteur peut facilement éviter le remboursement de sa dette en s'assurant qu'aucun actif n'est en son nom pour satisfaire la dette ou en déclarant simplement faillite.
- Les nouveaux arrivants doivent prendre le temps nécessaire lorsqu'il est question d'argent. Bien évidemment certaines choses peuvent sembler être de bonnes affaires. Mais d'autres opportunités sont juste au coin de la rue. Une transaction mal exécutée peut rapidement se transformer en une mauvaise affaire. Toute personne que l'on presse de signer un accord sans conseil juridique doit agir avec beaucoup de précaution. Il y a presque toujours un avocat expérimenté disponible pour rencontrer rapidement un nouveau client dans des circonstances appropriées.
Le Canada est un pays qui offre une multitude d'opportunités à qui sait les saisir et une vie de qualité peut effectivement
être au rendez-vous.
CNM
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