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Interview d'Armand La Barge, Chef de la police régionale de York

« Une des principales difficultés que nous rencontrons dans le maintien de la loi au Canada est que beaucoup de personnes ici viennent de pays ou les gens ne font pas confiance en la police » explique le chef de police de la région de York Armand P. La Barge. « La police n'est pas considérée comme une agence vers laquelle vous pouvez vous tourner ou avec laquelle être à l'aise; en fait ce sont souvent les dernières personnes vers qui vous vous tourneriez si vous aviez besoin d'aide. Et nous comprenons et analysons parfaitement pourquoi lorsqu'il y a une barrière ou encore un barrage routier nous empêchant de pénétrer dans ces communautés pour offrir nos services et développer un vrai partenariat. »

« Vous entendez parler de police commettant des abus au Canada » admet M. La Barge, « mais d'un autre côté, c'est vraiment une bonne chose que les médias en parle lorsque cela se produit. Si c'est une nouvelle, cela veut dire que cela ne se produit pas en général. C'est rare et je peux vous assurer qu'il n'y a pas une seule force de police dans cette province dont le but ne soit pas que ses officiers respectent et agissent en accord avec les procédures et réglementations.Elles ne tolèrent pas que quelqu'un enfreigne les droits d'une autre personne tels que décrits dans la charte des droits et libertés. Nous avons une procédure pour les plaintes publiques ou les faits sont analysés avec soin et objectivité. »

« La région de York et la police régionale de York sont extrêmement impliquées et ce que nous essayons de faire ici, est de créer un environnement où les nouveaux arrivants se sentent les bienvenus, créer un environnement où il peuvent avoir accès à tous les services dans leur langue. Nous avons de nombreux officiers qui parlent une autre langue et nous avons des services de traduction. Vous devriez vous sentir comme à la maison ici... et sentir que votre service de police est précisément votre propre service de police. »

Aider au sein de la communauté

M. La Barge devient très enthousiaste lorsqu'il parle des 44 initiatives que la police régionale de York ainsi que le bureau des ressources publiques ont mises en place pour aider au sein des communautés. « Nous avons des sessions d'éducation et de sensibilisation pour nos officiers de police. La formation en diversité n'est pas seulement pour les nouvelles recrues. Tous les officiers doivent passer par une formation annuelle. Et chaque semaine, un membre de notre bureau de la diversité et des ressources publique amène un orateur spécial de la communauté à la session de re-qualification, il peut s'agir d'un membre de la communauté juive ou musulmane, cela peut aussi être un membre de la communauté sud asiatique, ce n'est donc pas juste une question de religion, car cela est aussi basé sur la culture ou la race » explique M. La barge.

Un de nos programmes dont nous sommes les plus fiers est notre programme d'aperçu communautaire. Nos recrues passent la journée dans différentes communautés dans toute la région. C'est un programme très populaire, pas seulement du point de vue de la police, mais aussi du point de vue de la communauté. »

« Dans notre tour des lieux de culte, les recrues passent plusieurs jours à visiter les mosquées, temples, églises et synagogues. Ils reçoivent un enseignement sur la religion, la culture et l'histoire, faisant partie intégrante de la formation des recrues. Ils passent une demi-journée avec un Imam dans une mosquée et ensuite une journée avec un Rabbin, un Pundit ou un prêtre. »

Paul Chiang, un officier du bureau de la diversité et des ressources culturelles ajoute : « Et nous nous rendons dans des classes ESL. Notre objectif y est de présenter aux gens la police d'une manière positive et non menaçante et leur permettre de poser toutes leurs questions. Lorsque je me rends à des présentations ESL, j'ai toujours des informations sur le recrutement, je la présente entièrement de façon à pouvoir leur parler à propos des carrières en tant qu'officier de police. »

Possibilités de carrière

La police régionale de York a fait de gros progrès en terme de recrutement. M. La Barge explique « Nous avons une initiative appelée le programme planter une graine dans lequel nous rendons et travaillons dans les différentes communautés présentes dans la région pour montrer qu'être policier est une carrière viable. Nous les encourageons à rejoindre la police - leur donnons le côté positif - et nous recrutons beaucoup de nos officiers ethniques dans ces communautés. Beaucoup de gens sont effrayés, c'est donc une idée avec laquelle nous essayons de les familiariser. »

« Nous essayons d'attirer des gens de toutes les communautés - spécialement les communautés sous représentées -pour servir en tant qu'officier de police ou personnel de support en civil; des femmes et des hommes qui non seulement parlent des langues différentes, mais aussi comprennent les problèmes culturels et religieux, les problèmes se produisant dans les pays d'origine, parce que ce qui se passe là-bas a toujours un impact sur leurs vies ici. »

« Nous faisons ce que nous appelons Recrutement avec une vue à long terme. Beaucoup des jeunes gens que nous recrutons parlent cantonais, Mandarin, Urdu ou Farsi mais ne l'écrivent pas ni le lisent. Il est parfois difficile pour un fils ou une fille ou un petit enfant d'obtenir le soutien de sa famille afin de rentrer dans la profession. Ce que nous essayons de faire est d'obtenir ce soutien familial grâce aux annonces que nous passons dans les journaux et magazines ethniques, dans les programmes à la radio et la télévision. Nous avons connu un certain succès. Nous avons augmenté notre taux de diversité dans les effectifs et sommes passés de 6 % a 13 % au cours des quatre dernières années. La plupart du temps cela est dû au bouche à oreille. Nos recrues peuvent avoir des frères et sœurs ou des amis qui feraient de bons officiers de police et ainsi ils deviennent aussi nos agents de recrutement. Cependant il y a toujours des zones dans lesquelles nous avons des difficultés. Nous avons besoin d'officiers qui parlent russe ou originaires des anciennes républiques du bloc communiste. »

Actuellement, le salaire d'un officier de première classe est de 71 400 $. Les citoyens canadiens, immigrants acceptés ou résidents permanents peuvent joindre les forces de police. Une des étapes qu'ils doivent franchir est d'obtenir une accréditation OACP. Ce sont des examens écrits. La première partie évalue les capacités d'analyse (à quel point vous comprenez les choses) et la deuxième partie évalue les capacités de communication écrites. La troisième partie concerne les tests aptitude physique. La quatrième partie est une simulation vidéo. Cette partie pourrait représenter un défi pour vous si l'anglais n'est pas votre langue maternelle. Les femmes peuvent trouver la partie des tests physiques plus exigeante en raison de la force nécessaire dans le haut du corps pour passer les étapes. Cependant si vous vous sentez prêt - Paul Chiang explique que l'on peut y arriver en un mois. Une fois que vous passez ces étapes, tout ce dont vous avez besoin est votre brevet de secouriste, de réanimation (CPR), et des documents scolaires certifiant que vous avez atteint au moins le 12eme niveau .

Si vous n'avez pas confiance en vous ou que vous avez du mal avec la langue - Il y a un programme de tutorat. Ils sont susceptibles de vous engager en tant que personnel de support en civil pour travailler dans leur bureau légal ou un autre département de l'organisation jusqu'à ce qu'ils estiment que vous êtes prêt pour essayer à nouveau et devenir un officier de police.

La Barge ne parle par seulement de diversité, il met en action ses propos, en allant lui même au contact des membres de communautés ethniques au sein de la région de York. Il a même jeûné durant le ramadan.

La Barge explique, « Nous vivons dans une des communautés les plus diversifiées du Canada, et si nous voulons être la représentation d'un bon service de police, il y a des choses que nous devons faire. »

La région de York S'étend de Peel à la région de Durham, au nord de l'avenue Steeles. Avec une population de presque un million d'habitants et 9 municipalités, la partie de la région est très variée. La diversité de la région dans le dernier recensement était à peu près de 35 %, cependant la ville de Markham est une des villes les plus diversifiée de tout le Canada. 56 % des résidents de Markham ne sont pas nés au Canada.

CNM

 

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