| Mal-bouffe ou choix santé : votre régime alimentaire est-il sain? |
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Par Sabine Ehgoetz Sabine Ehgoetz vit actuellement à Toronto où elle travaille en tant que journaliste pigiste, correspondante à l'étranger et traductrice. En décembre 2005, elle a célébré son premier anniversaire en tant que résidente canadienne. Les habitudes alimentaires de l'Amérique du Nord sont réputées pour être malsaines, engraissantes et peu raffinées. Les personnes qui ont connu l'incroyable diversité culturelle et, dans la plupart des cas, l'excellente qualité de la cuisine des restaurants de Toronto risquent d'être en désaccord. Néanmoins, les sorties dans les restaurants indiens, italiens, ou éthiopiens ne sont pas ce que la plupart d'entre nous faisons quotidiennement. Mais à quoi ressemblent les habitudes alimentaires habituelles au cours d'une journée de travail normale au centre-ville de
Toronto ? Étant donné que les journées s'amorcent tôt et en raison du grand nombre de cafés-restaurants situés presque à tous les coins de rues, il n'est pas nécessaire de déjeuner à la maison. Un beignet glacé (320 calories) et un double-double de Tim Hortons (150 calories) semblent bien faire l'affaire. Heureusement, le dépanneur de mon immeuble à bureaux vend plusieurs collations qui m'aideront à patienter jusqu'à l'heure du dîner. Je peux y choisir des amandes dispendieuses (qui seraient saines pour le cerveau et la ligne, à ce qu'il paraît) ou un sac de croustilles moins dispendieux. Ceux-ci sont disponibles en plusieurs saveurs moins ennuyantes que les bonnes vieilles noix; ainsi, j'ai opté pour un petit sac de chips (270 calories). Il ne devrait pas être trop dommageable pour ma santé parce qu'il est écrit en grosses lettres sur l'emballage qu'il ne contient aucun gras trans
nuisible ! Je n'ai en fait aucune idée de ce que cela signifie, mais ce doit être bon d'une certaine façon puisqu'on le répète sans cesse dans les messages publicitaires à la télévision. Le nombre important de comptoirs de restauration qui s'y trouvent m'assure que je ne m'ennuierai pas, même si c'est 10e jour consécutif où j'y prends un repas rapide. Hier, j'ai pris un hamburger chez Harvey's, pourquoi donc ne pas prendre une petite pizza au pepperoni (200 calories) ou un délicieux poulet popcorn (380 calories) chez PFK aujourd'hui ? Comme j'ai appris que le poulet en général présente une meilleure valeur nutritive que la pizza, j'opte pour le poulet. Sachant que la friture n'est pas très saine, j'opte pour une salade césar (680 calories) comme accompagnement et un coke diète (0 calorie) au lieu d'un coke régulier. Je pourrai toujours compenser l'excédent de calories en réduisant la portion au souper. Avant d'arriver à la maison, je suis de nouveau tenaillée par la faim. Je n'ai pas beaucoup mangé l'après-midi, je n'ai bu qu'une seule canette de racinette (100 calories) et un frappuccino au thé vert (420 calories) que l'on peut à peine considérer comme un aliment. Étant donné que ma journée de travail était longue et épuisante, j'ai besoin de relaxer et je n'ai pas réellement envie de cuisiner. Heureusement, le congélateur est rempli de repas qui seront prêts en dix minutes dans le four à micro-ondes. La lasagne est alléchante, particulièrement parce que celle que j'ai choisie ne contient que 340 calories et moins de gras qu'une lasagne traditionnelle. Le fabricant y a même apposé une étiquette bleue pour indiquer qu'il s'agit d'un choix particulièrement santé. Malheureusement, elle est un peu fade et peu rassasiante, mais ça va. Je prévois écouter un film et rien n'accompagne mieux cette activité qu'un sac de maïs soufflé à saveur de beurre. On offre même des versions « légères » (360 calories); je peux donc être certaine que je ne perdrai pas ma ligne. Le matin suivant, je me sens un peu confuse et apathique quand je retourne sur la balance. Pourquoi ai-je encore pris quelques livres de nouveau, alors que je me suis contrainte à bien manger et à faire mes exercices ? Mon métabolisme doit être très lent ou peut-être est-ce que tous les renseignements figurant sur les emballages et les menus sont faux ? Je devrais peut-être m'arrêter à la pharmacie aujourd'hui pour me procurer une bouteille de ces pilules miraculeuses qui devraient en principe éliminer le gras et empêcher la digestion des glucides. Au moins cela semble beaucoup plus facile et aisé que d'essayer de comprendre que j'ai consommé près de 3 050 calories la veille, dont la majorité provenait de gras saturés et de glucides raffinés. Il s'agit d'un apport alimentaire adéquat pour un gorille adulte, mais beaucoup trop pour un humain à moins qu'il ne soit un coureur de marathon. J'ose avancer que ce régime alimentaire ne représente que trop bien la réalité chez plusieurs gens d'affaires de Toronto. En réalité, j'amène habituellement de la nourriture de la maison quand je me rends au travail et je passe l'heure du déjeuner dans une classe de yoga plutôt que dans une aire de restauration. Le Canada est rempli d'aliments rapides. Rappelez-vous que les choix les plus faciles ne sont pas souvent les plus sains. Il est important de faire attention aux pièges que nous tendent les produits prêts-à-manger afin de prendre les meilleures décisions qui soient pour vos besoins et votre mode de vie. CNM
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