| La naissance d’une nation |
|
|
|
|
Par David Hyatt Le 1er juillet, les Canadiens célébreront une date historique qui a été aussi importante pour le développement du Canada que la découverte de l’Amérique il y a bien longtemps. En ce jour où nous admirons les feux d’artifices, sortons avec des amis ou regardons les émissions spéciales sur la fête du Canada à la télévision, il est important pour tous les Canadiens de se remémorer ce qui s’est passé en 1867. Nous passons tellement de temps à discuter du présent et à nous tracasser à propos de l’avenir que nous prenons rarement le temps de nous pencher sur notre passé pour comprendre la valeur de l’engagement et des efforts qui ont mené à la naissance du Canada. Dans l’Amérique du Nord britannique des années 1860, on retrouvait un petit groupe de cinq colonies dont la population atteignait presque quatre millions de personnes, et la plupart d’entre elles étaient d’origine britannique, française ou irlandaise. Les colonies avaient une économie forte, car la Grande-Bretagne encourageait le commerce au sein de son empire. Leur économie était aussi favorisée par l’accord de libre-échange (Traité de réciprocité) avec les États-Unis. Sur le plan politique, les colonies n’avaient aucune relation entre elles sauf par l’intermédiaire de la Grande-Bretagne. Bien que l’ancien système colonial ait connu ses heures de gloire dans le passé, il devenait désuet et source de nombreux problèmes. Le monde évoluait, et les idées politiques et économiques de l’Amérique du Nord britannique devaient aussi évoluer. Dans la province du Canada, qui à l’époque était l’union du Haut-Canada et du Bas-Canada (l’Ontario et le Québec), il n’y avait qu’une assemblée législative au sein de laquelle chaque région (province) disposait du même nombre de sièges. Bien sûr, les deux régions avaient des objectifs et des besoins très différents, et ces différences ont créé une situation dans laquelle aucun parti de la Chambre des communes ne pouvait obtenir une majorité de sièges et former un gouvernement. Le Traité de réciprocité avec les États-Unis était sur le point d’être aboli, et les colonies maritimes s’inquiétaient des répercussions que cela allait avoir sur leur économie. De plus, il y avait la menace de la guerre civile américaine qui faisait rage depuis plus de trois ans. Les gens craignaient qu’une fois la guerre terminée, le gouvernement américain enverrait ses armées massives au nord comme il l’avait fait dans le passé (la guerre de 1812-1814). Les dirigeants coloniaux de l’Amérique du Nord britannique savaient qu’il fallait trouver des solutions à tous ces problèmes. Le 24 juin 1864, George Brown, membre du Parlement du Haut-Canada, a accepté de déserter son parti à la Chambre des communes pour joindre les rangs de ses rivaux, John A. Macdonald et le Parti conservateur, ce qui permit aux conservateurs de prendre le pouvoir. Ce sont trois promesses faites à Brown qui l’ont poussé à prendre cette décision. L’une de ces promesses consistait en ce que le nouveau gouvernement engage des pourparlers avec les colonies maritimes dans le but de créer une « confédération » ou une union des colonies britanniques en Amérique du Nord. Comme promis, le nouveau gouvernement a invité les colonies maritimes à participer à une conférence commerciale qui aurait lieu le mois de septembre suivant à Charlottetown, à l’Île-du-Prince-Édouard. Bien que seules les provinces maritimes devaient participer à cette conférence, John A. Macdonald et son groupe de Canadiens ont pu y assister à titre d’observateurs. Toutefois, ils ont essayé d’intéresser les habitants des provinces maritimes à l’idée d’une confédération. Le champagne de France et le charme canadien aidant, les habitants des provinces maritimes ont accepté de se rendre au Canada pour participer à une autre conférence portant sur l’union des colonies de l’Amérique de Nord britannique. Seulement un mois plus tard, en octobre, ils se sont tous réunis de nouveau à Québec, où ils ont réussi à s’entendre sur l’adoption de 72 résolutions, qui ont ensuite permis la création de la nouvelle nation. Cependant, dans cette société qui était déjà démocratique à cette époque, il n’était pas assuré que les électeurs allaient accepter cette nouvelle orientation. Dans chacune des colonies, la confédération est vite devenue un enjeu électoral controversé. De 1864 à 1866, le débat a animé l’ensemble de l’Amérique du Nord britannique, alors que les colons essayaient de surmonter les difficultés auxquelles ils faisaient face. C’était un processus laborieux et parfois, les choses s’envenimaient. Mais en 1866, un an après la fin de la guerre civile, une organisation internationale d’Irlandais appelée la Fenian Brotherhood a planifié plusieurs petites attaques dans le Sud de l’Ontario et au Québec depuis les États-Unis. Leurs attaques ont été stoppées (en Ontario par un groupe de cadets du Upper Canada College). Toutefois, pour de nombreux colons, on ne pouvait ignorer la menace d’une invasion américaine. Il semblait nécessaire d’unir les colonies afin qu’elles puissent mieux se défendre si cela se reproduisait. L’opinion dans les colonies avait changé, et les colonies de l’Amérique du Nord étaient maintenant prêtes à négocier avec Londres. John A. MacDonald et ses collègues sont arrivés dans la capitale impériale en décembre 1866 et ont passé l’hiver à discuter avec les Britanniques du cadre législatif qu’ils devaient mettre en place. Au printemps 1867, ils avaient rédigé un projet de loi qui fut adopté à la majorité au Parlement britannique, et le 29 mars, la reine Victoria signait le document, donnant sa sanction royale et accordant l’indépendance à son dominion nord-américain. Le 1er juillet 1867, c’est avec beaucoup d’enthousiasme et de joie que l’Acte de l'Amérique du Nord britannique est passé en loi et qu’est né le Dominion du Canada. Bien que la nouvelle nation ne jouisse pas encore d’une pleine indépendance, c’était le début d’un temps nouveau pour tous les Canadiens. Et le 1er juillet, lorsque nous célébrons notre prospérité et notre fierté d’être Canadiens, nous célébrons aussi le rêve et le dur travail de nos ancêtres qui se sont battus pour leurs idées et qui ont réussi à obtenir l’approbation d’un peuple et la signature d’une Reine CNM
|





